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Avant la colonisation du Congo

Le territoire actuel de la République démocratique du Congo n'est pas défini avant la conférence de Berlin de 1885. Cet espace reste toutefois occupé par les autochtones qui sont organisés en royaumes et en empires. L'activité économique de ceux-ci (cueillette, pêche,chasse, etc.) diffère considérablement de celle du monde moderne. La base matérielle est fortement dépendante de la nature. Le système socio-économique protocongolais revêt alors plusieurs formes selon les régions. L'économie des différents royaumes était florissante, et s'est effondrée conjointement avec le déclin des organisations politiques sous les effets de la colonisation, qui aboutit à la fondation de l'Etat indépendant du Congo

Léopold II de Belgique règne sur l'Etat indépendant du Congo comme s'il s'agissait de sa propriété privée. De 1885 à 1891, le libéralisme économique bat son plein. Le commerce privé est encouragé et entièrement libre, car l'État n'y voit aucun inconvénient. Vu la nécessité dans laquelle se trouve la jeune colonie en termes financiers, notamment afin de mettre en valeur le territoire, une rupture en faveur de l'interventionnisme s'annonce en 1892. Mais le Congo reste un terrain de jeu où les idéologies économiques changent fréquemment. De 1908 à 1914, le libéralisme revient en force. C'est la fin de l'exploitation en régie des terres domaniales et le remplacement des prestations en nature par l'impôt de capitation. Réaction à enregistrer à l'actif des critiques fulgurantes de l'abus des modes d'exploitation directe et le recours au travail forcé par l'État indépendant4.

Par ailleurs, la RDC se révèle déjà comme une machine consommatrice des investissements, en représentant 6,5 % du total des sommes investies en Afrique noire de 1870 à 1913, soit 610 millions de livres

Le taux annuel de croissance exponentiel de 1920-1959, à prix constant est élevé: 4,8 % au total et 5,9 % pour l'économie moderne, à l'exclusion de secteur de subsistance. Un rythme rapide, soutenu par une période aussi longue, apparaît réellement exceptionnel pour leséconomistes6. Il ne faut toutefois pas négliger des fluctuations importantes de nature conjoncturelle pendant l'entre-deux-guerres.

La première vague de prospérité de l'économie congolaise (1920-1929) est marquée par de nombreux investissement directs étrangers : 35 milliards de francs (1959) de 1921 à 1931, soit 1/3 de capitaux totaux enregistrés en 74 ans, de 1887 à 1959 .En forte augmentation, les exportations concernent principalement l'or, les diamants, le cuivre, l'ivoire, le copal, et l'huile de palmier8.

En 1924, le Congo est frappé par la première crise, partiellement compensée par l'industrie du cuivre. Cinq ans après, il est touché par la Grande dépression. Le PIB recule au niveau de 1925 [réf. nécessaire]. Les dépenses publiques restent relativement élevées grâce notamment à une fortetrésorerie (excédent budgétaire antérieur) et au crédit exceptionnel du budget extraordinaire qui permettent d'achever le plan de grands travaux.

Des années 40 jusqu'à la veille de l'indépendance, l'industrie se développe fortement, en particulier pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Europe ne pouvant plus approvisionner le Congo. Une deuxième vague de prospérité touche alors le pays. Les exportations doublent et les importations quintuplent

Après l'indépendance, les quotas à l'importation renforcent l'industrie nationale. Entre 1960 et 1970, l'histoire économique est marquée par des problèmes politiques (éclatement des structures politique et effondrement administratif) et les problèmes de cours des matières premières. Si la colonisation a légué au nouvel État une économie productive et équipée, la croissance ne suit pas. Elle s'était arrêté dès la fin de 1957, provoquée surtout par des récessions conjoncturelles, une baisse des investissements privés et la fuite massive des capitaux. Le Congo commence son cycle de problèmes économiques et géopolitiques

Les années Mobutu

À cause de l'important potentiel du pays, la corruption s'est très tôt installée, sous le régime de Mobutu Sese Seko (1965-1997), avec une mainmise du pouvoir sur l'économie pour en détourner les profits dans le cadre d'un enrichissement personnel10. La désorganisation du pays était telle qu'au début des années 1990, l'économie souterraine du Zaïre était estimée à trois fois le montant officiel du PIB

L’histoire économique récente de la RDC est jalonnée de plusieurs tentatives d’assainissement et de redressement de l’économie. Confronté aux déséquilibres financiers, à la montée de l’endettement et à la stagnation de la production, le pays a été contraint, dans les années 1970 et 1980, à adopter les politiques de stabilisation et d’ajustement structurel recommandées par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale(1)

Malgré la succession de plans économiques financés par les institutions internationales depuis l'accession à l'indépendance, qui soutiennent le régime Mobutu, « allié de l'Occident » 3, l'inflation, le déficit budgétaire et la dette du pays10, qualifiée par la suite de « dette odieuse » 3, n'ont fait que croître sous le régime de Mobutu. Au début des années 1990, face à la corruption endémique, la Banque mondiale et le FMI en vinrent à suspendre leur aide, et la plupart des interventions bilatérales furent arrêtées. La RDC fut incapable de faire face aux échéances de paiement de la dette et les lignes de crédit du FMI furent arrêtées en février 1992, celles de la Banque mondiale en juillet 1993. Malgré l'introduction d'une nouvelle monnaie, le nouveau zaïre (NZ), la gestion des devises resta anarchique, et l'inflationatteint 9 800 % en 1994, les prix en magasins changeant plusieurs fois par jour(2).

Après Mobutu

En mai 1997, l'AFDL, dirigée par Laurent-Désiré Kabila, prit le pouvoir et évinça le régime de Mobutu à l'issue de la Première guerre du Congo. Sous Kabila, le gouvernement et les entreprises publiques entamèrent un programme de reconstruction et tentèrent d'assainir la situation3, alors que la RDC devait au Club de Paris 7 milliards d'euros3. Le gouvernement commença par réformer le système d'imposition corrompu, les forces de police, et initia la remise en état du réseau routier laissé à l'abandon. Le franc congolais fut réintroduit(3).

En août 1998, la guerre éclata en RDC à la suite de désaccords entre Laurent-Désiré Kabila et ses anciens alliés du Rwanda et de l'Ouganda. À cette époque, quelques progrès avaient été réalisés pour le rétablissement de l'économie du pays, mais les problèmes majeurs d'infrastructures de transport, de douane et d'imposition restaient cependant. Les finances publiques de l'État n'avaient pas été assainies et les relations avec le FMI et la Banque mondiale restaient conflictuelles. De nombreuses rentrées gouvernementales n'étaient toujours pas comptabilisées et non incluses dans les statistiques officielles. Les relations avec la Banque mondiale furent suspendues à la suite de l'impossibilité de finaliser un accord avec le Fonds d'investissement de la Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) pour la République démocratique du Congo. Le début de la deuxième guerre du Congo en août 1998 fut à l'origine du déclin de l'économie qui s'est poursuivi jusqu'au milieu des années 2000. Le territoire se retrouva divisé entre une zone gouvernementale et des zones rebelles, ce qui mit fin au commerce entre ces zones. Dans leur ensemble, les relations commerciales entre les différentes régions du pays restent faibles encore aujourd'hui.

Après une reprise de l'inflation en août 1998, le gouvernement commença à essayer de réguler les prix par des lois. Il reprit également le contrôle des exportations. Ensemble, ces mesures affectèrent grandement la continuation des activités liées au commerce extérieur. De plus, les succès restreints de la lutte contre l'inflation et la dépréciation de la monnaie furent anéantis dès le début de l'offensive rebelle dans l'est du pays. La guerre réduisit drastiquement les revenus du gouvernement et accrut la dette extérieure. Les acteurs du commerce extérieur se firent moins présents, cela étant lié aux incertitudes sur l'issue du conflit et à l'augmentation du contrôle et de la pression fiscale du gouvernement. L'écart important entre le taux officiel et celui pratiqué en rue pour la vente de francs congolais contre des dollars US força les commerçants à évaluer leurs biens importés au taux officiel pour acheter des devises locales.

Les ressources de l'est du pays furent désormais exploitées par les forces rebelles ou les occupants étrangers. Le Rwanda devint par exemple exportateur de diamants et de coltan, bien que n'en disposant pas sur son territoire national.

Les infrastructures défaillantes, un cadre légal incertain, la corruption, un manque d'ouverture économique et financière de la part du gouvernement, restent des freins à l'investissement et à la croissance économique. Le FMI et la Banque mondiale13 multiplient les collaborations avec le nouveau gouvernement en vue de restaurer des plans économiques cohérents, mais les réformes institutionnelles peinent à suivre. Face à la dépréciation de la monnaie, le gouvernement a pris des mesures drastiques en janvier 1999 : le dollar US fut banni des transactions commerciales courantes, position qui fut revue plus tard. Le gouvernement peine toujours à promouvoir les exportations, bien que l'impression de nouveaux billets ait repris. La croissance économique fut fortement négative en 2000 de par la difficulté de satisfaire les conditions fixées par les donateurs institutionnels, les faibles exportations et l'instabilité régnante.

Les conditions économiques se sont améliorées depuis fin 2002, avec le retrait de la plupart des troupes d'occupation. Plusieurs missions du FMI et de la Banque mondiale sont intervenues pour mettre en place des plans de développement, et le gouvernement de transition a commencé la mise en œuvre des premières réformes. Une grande part de l'économie du pays reste cependant hors des indicateurs du PIB, l'économie souterraine restant majoritaire. Avec une paix relative dans le pays depuis 2003, la RDC envisage d'augmenter ses exportations d'électricité vers le Zimbabwe et l'Afrique du Sud jusqu'à 500 mégawatts (essentiellement produite à partir du barrage d'Inga). La distribution d'électricité est actuellement confiée à une société zambienne, la CEC.

Ressources naturelles

La production minière, qui a commencé voilà plus d'un siècle, a joué un rôle important de la gestion économique de la République démocratique du Congo durant l’époque coloniale et après l'indépendance jusqu’à la fin des années 1980. En effet, le sous-sol de la RDC compte parmi les plus riches au monde au regard de la géologie et de la minéralogie. Étant donné cet avantage naturel, la défaillance de l'économie de la RDC est généralement attribuée à la « malédiction des ressources naturelles ».

La RDC possède des gisements contenant une cinquantaine de minerais recensés, mais seulement une douzaine de ces derniers est exploitée : le cuivre, le cobalt, l'argent, l'uranium (par Areva), le plomb, le zinc, le cadmium, le diamant, l’or, l’étain, le tungstène, le manganèse et quelques métaux rares comme le coltan. La République démocratique du Congo extrait également de son sous-sol des diamants. Les réserves sont très importantes, ainsi le pays possède la deuxième réserve mondiale en cuivre avec 10 % du total recensé sur la planète et surtout les plus importantes réserves de cobalt (près de 50 %). Les recettes d’exportations atteignaient en 1990 environ un milliard de dollars américains14.

La RDC est le 4e producteur mondial de diamants (un quart des réserves mondiales) durant les années 1980 [réf. nécessaire] et cette activité constitue encore la majorité des exportations (717 millions d'USD, soit 52 % des exportations en 1997 [réf. nécessaire]). Les principales exploitations de cuivre et de cobalt (un tiers des réserves mondiales [réf. nécessaire]) sont régies par une entreprise publique, la Gécamines (ancienne Union minière du Haut Katanga). La production de la Gécamines a continué de baisser au cours des années 2000, en raison de la morosité du marché du cuivre.

Les mesures de restructuration et de libéralisation du secteur minier prises depuis 2004 sur l’ensemble du territoire national n'ont rien donné16, d'autant plus qu'on a assisté à l’expropriation des terres des paysans au profit de nouvelles concessions minières, à la fraude généralisée et aux contrats léonins. Une commission d'experts nationaux à l'initiative du gouvernement, avec l'appui des services internationaux spécialisés a été mise en place afin d'enquêter sur les différents contrats signés avec les multinationales, et aurait conclu que l'État avait été bradé et spolié avec la complicité de plus hautes autorités [réf. nécessaire]. Les contrats miniers ont été révisés, Kinshasa souhaitant en particulier augmenter la participation de l'État au capital de Tenke Fungurume, une firme américaine présente au Katanga.

Accord de 2007 avec la Chine

Après un voyage à Pékin du ministre des infrastructures Pierre Lumbi à l'été 20073, la Chine a annoncé en septembre 2007 un accord de crédit portant sur 8,8 milliards de dollars [réf. nécessaire], ayant pour objectif premier la réanimation du secteur minier. En contre-partie de l'exploitation des ressources minières (cuivre, cobalt et or3), la Chine s'engage ainsi à construire les infrastructures du pays (routes, liaison optique au West Africa Cable System (en)3, hôpitaux, universités, logements, etc.). La convention de troc prévoit 6,3 milliards d'euros d'investissement3, dont 4,2 destinés au développement des infrastructures et 2,1 à la relance du secteur minier3, la maîtrise d'ouvrage incombant à une société mixte, la Sicomines, dont la RDC détiendra 32 % des parts3. Les chantiers sont confiés à la China Railway Engineering Corporation et à la Sinohydro Corporation3. Le FMI a critiqué l'engagement chinois, y voyant officiellement un alourdissement de la dette publique17. Des pays comme la France ou la Belgique voient d'un mauvais œil la présence de la Chine, craignant que les matières premières ne changent de mains3. Face à ces critiques et suite à la visite du président du FMI, Dominique Strauss-Kahn, en mai 2009 à Kinshasa3, les Chinois ont partiellement reculé (Aéroports de Paris rénovera ainsi l'aéroport de N'Djili qui dessert Kinshasa, tandis qu'Areva se voit confier la prospection et l'exploitation de l'uranium3).

Énergie

La riche hydrographie de la RDC lui confère un potentiel hydroélectrique estimé à 100 000 MW, soit 13 % du potentiel hydroélectriquemondial. La puissance installée totale est évaluée actuellement à 2 516 MW, soit 2,5 % du potentiel total pour une production moyenne possible de 14 500 GWh. La production effective n'est actuellement que de 6 000 à 7 000 GWh. L'hydroélectricité représente 96 % de la production d'électricité, les 4 % restants étant fourni par des centrales thermiques de faible puissance situées, pour la plupart, dans des zones isolées. Les barrages d'Inga, sur le fleuve Congo, sont la principale source de production d’énergie hydroélectrique. Cet ensemble comprend aujourd'hui deux centrales ayant une puissance totale de 1 775 MW : Inga I avec 6 groupes totalisant 351 MW, Inga II avec ses huit groupes totalisant 1 424 MW)18. Dans son état définitif, le complexe d’Inga fournirait plus de 25 % de la production mondiale d’énergie électrique d’origine hydraulique

L'apport potentiel des centrales d'Inga est obéré, leur production ne dépasse pas 40 % de leur capacité. Une bonne partie de cette production est destinée à l'exportation, laissant ainsi la demande locale insatisfaite. Cette situation fait que le taux d'accès des populations à l'électricité est 1 % en milieu rural, 30 % pour les villes et 6 % sur le plan national alors que la moyenne en Afrique subsaharienne est 24,6 %)18. Depuis plusieurs années, le projet d'un Grand Inga a été envisagé, il s'agit d'un barrage qui utiliserait toute la puissance du fleuve Congo. Dans le cadre du Nepad, le site d’Inga a été retenu pour un projet d'interconnexion des réseaux sur toute l'Afrique et même l'Europe a été pensé19. Un autre projet, le Western Power Corridor (WESTCOR) sur le même site, cette fois-ci pour l’intégration sous-régionale de la zone de SADC pour la production et le transport de l’énergie électrique, existe. Ce projet pourrait générer 5 milliards de USD chaque année — une fois complètement outillé — au tarif d’aujourd’hui20.

Outre ses richesses minières, la RDC a beaucoup d'autres avantages à faire valoir. Elle est le premier pays d’Afrique du point de vue de l’étendue de ses forêts (la moitié du territoire national est occupé par de la forêt équatoriale) et le plus important pour la préservation de l’environnement mondial. C’est à partir de 2007, réellement, que le bassin du Congo est de plus en plus le centre du préoccupation du monde entier.

La RDC se classe parmi les 10 pays de la méga biodiversité du monde avec 480 espèces de mammifères, 565 espèces d’oiseaux, 1 000 espèces de poissons, 350 espèces de reptiles, 220 espèces de batraciens et plus de 10 000 angiospermes dont 3 000 seraient endémiques. Elle a une faune naturelle exceptionnelle (on y trouve tous les grands animaux de l’Afrique) et a des espèces rares. Tout ce capital n’a pas été épargné par les divers conflits et leurs effets dévastateurs sur la faune et la flore. Des milliers d’hectares de forêts sont dégradés, entraînant une diminution de la biodiversité. Les aires protégées font l’objet de spoliation, de contrebande et de braconnage14; la pression de la chasse et du braconnage a été très forte sur certaines espèces (comme l'hippopotame, chassé pour l'ivoire de ses défenses suite à l'embargo sur l'ivoire d'éléphant) ces dernières années.

La RDC, bénie par la nature, est aussi une terre de tourisme ; peu d’endroits au monde égalent la beauté des territoires du nord-est de ce pays, ses lacs aux confins du Nil. La moitié du pays est constitué de la savane, un des habitats les plus variés de toute l’Afrique. Mais le tourisme n'y a jamais été mis en valeur, tout le contraire des pays d'Afrique de l'Est et d'Afrique australe. Récemment, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) et le ministère de tutelle ont montré une faible penchant pour relancer ce secteur. Ce dernier est entravé par plusieurs raisons : destruction et insuffisance des infrastructures socioéconomiques, insécurité physique dans certaines parties du pays, absence d'une loi cadre en matière de tourisme24.

Le réseau de transport est constitué de 16 238 km de voies navigables, de 5 033 km de voies ferrées qui datent pour l'essentiel de l'époque coloniale, de 145 000 km de routes nationales et régionales et des pistes secondaires rurales, de 7 400 km d'axes urbains et de 270 aéroports répartis sur l’ensemble du pays, dont 5 aéroports internationaux (à Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Goma et Gbadolite).

La R. D. du Congo est un pays semi-enclavé du fait qu’en plus de la faible densité de ses réseaux de communication (0,074 km de voies de communication au km²), elle ne possède qu’une façade maritime, sur l'océan Atlantique, de 37 km. Pour un pays aussi vaste (2 345 000 km²), les infrastructures jouent un rôle majeur. La situation du système des transports en République démocratique du Congo est désastreuse. La réalité de la situation se traduit par une insuffisance totale de l’offre des services de transports, accentuée par le mauvais état des infrastructures de transports et par une non-satisfaction chronique de la demande.

L’élevage, dont les capacités potentielles varient entre 30 et 40 millions de bovins avec une charge bétail de 1/6 à 1/12 pendant toute l'année, n'est pas encore la priorité du gouvernement18. Il est peu développé en République démocratique du Congo, en partie en raison des conditions naturelles qui ne sont pas favorables à l'élevage du gros bétail, sur une grande partie du territoire. La forêt dense n'a pas de pâturages et la trypanosomiase, véhiculée par la mouche tsé-tsé, sévit à l'état endémique dans la plupart des régions basses du pays. Les régions montagneuses de l'est et du sud-est (Kivu) sont, en revanche, propices à l'élevage. Le bétail y aurait été introduit par des populations tutsies venant des pays voisins. Cet élevage est pratiqué par des populations de pasteurs spécialisées ou par quelques rares ranches modernes. Les techniques d'élevage restent cependant rudimentaires chez les éleveurs traditionnels et les soins vétérinaires sont peu pratiqués.

Les effectifs du cheptel bovin ont été estimés au niveau national à environ 11 277 130 têtes. Ils sont en constante baisse depuis 1990, avec une chute de 11 % en 1993 et 18 % en 1995. Outre ce troupeau, dans presque tous les villages, un petit cheptel de caprins, de porcs, d'animaux de basse-cour (volailles) vit en liberté autour des cases et à la périphérie des villes. D'une manière générale, même si la viande, surtout les morceaux « nobles », est de moins en moins consommée par les couches défavorisées, qui privilégient les bas morceaux (capa), la poule (1 000 t. importées mensuellement) ou le poisson bon marché dans leur alimentation, la production de viande et de volailles demande de recourir aux importations. De même, la production d'œufs et de lait est très insuffisante

Le secteur industriel n'a contribué pour 5,6 % au PIB en 2003. Autrefois important, il est actuellement composé de quelques petites usines dans le textile, l’agroalimentaire, la chimie et le secteur des biens d’équipement. Toutes les branches de production ont souffert de la crise qui frappa le pays. Les industries manufacturières ont été coupées de leurs sources d’approvisionnement en matières premières et de leurs débouchés en produits finis; elles n’utiliseraient qu’entre 15 et 17 % des capacités productives installées27. Le secteur secondaire est très peu développé et caractérisé par une forte présence de l’État, marginalisant ainsi le secteur privé. La plupart des sociétés sont publiques ou à participation mixte, avec souvent une participation majoritaire de l’État. Malgré le processus de privatisation en cours (programme PMPTR), l’État reste le principal opérateur dans la plupart des secteurs économiques comme l’énergie, les mines, les forêts, l’hydraulique, le transport et le bâtiment.

La RDC participe aux efforts de libéralisation au sein de plusieurs organisations économiques régionales auxquelles elle appartient, telles que laCEEAC, le COMESA et la SADC. La RDC fait également partie des pays bénéficiant de tarifs commerciaux préférentiels avec les États-Unis dans le cadre de l’AGOA, et avec l’Union européenne dans le cadre de l’initiative « Tout sauf les armes ». Par ailleurs, les autorités ont initié une réforme de l’office des douanes et mis en place un guichet unique depuis un certain temps, au port de Matadi, pour faciliter les formalités et permettre un meilleur contrôle des recettes fiscales de l’État27.

Les exportations ont chuté d'1,5 milliard de dollars en 1996 à environ 800 millions en 1999. Malgré la progression enregistrée depuis 2000, lesexportations, représentant 1,3 milliard de dollars en 2003, n’ont pas encore retrouvé le niveau des années 1990. Cependant, depuis 2001, la part des exportations dans le PIB s’est accrue, de 13,3 % en 2001 à 27 % en 2004. Parallèlement, la part des importations est en forte hausse (passée de 12 % du PIB en 2001 à 27,4 % en 2004), traduisant la reprise des investissements d’infrastructures et la mise en place du réseauGSM. Cette évolution a entraîné un déficit commercial, qui s’élevait à plus de 0,4 % du PIB en 200427.

L'économie de la RDC souffre de plusieurs problèmes, notamment la corruption. Le rapport de l’ONGTransparency International attribue chaque année des mauvaises notes à la République démocratique du Congo. Pour l'année 2006, elle s'est classée 6e pays le plus corrompu de la planète et 3e de l'Afrique47. Cependant, la situation n’a pas toujours été ainsi. Ce n'est que quelques mois après l’âge d’or du Congo, c’est-à-dire à partir de 1973, quand le pays est touché par une crise économique aiguë, que lacorruption se généralise, principalement à cause de la privatisation par Mobutu de nombreuses entreprises à son nom ou aux noms de ses proches (zaïrianisation) et des politiques de grands travaux (éléphants blancs)38. De manière générale, les nouveaux propriétaires de biens économiques et financiers n'étaient pas suffisamment préparés pour assurer une gestion de moyen et de long terme de l'outil de production. Ceux[réf. nécessaire] qui n’ont pas fait faillite ont placé d’immenses investissements en Occident. Mobutu détourne les devises d’État de telle façon qu'en 1984, il est un des hommes les plus riches de la planète avec 4 milliards de dollars, l’équivalent de la dette extérieure du pays.

Par ce mouvement, la corruption élit domicile dans toutes les structures du pays. À l'arrivée deLaurent-Désiré Kabila, vinrent aussi les politiques impopulaires et une nouvelle impulsion, qui, justement, vont temporiser cette vague. Le gouvernement de transition n'a pas ébauché de projets efficaces pour combattre la corruption. D'ailleurs, avec le « 1+4 », la corruption atteint de nouveaux sommets. En revanche, l'avènement de la Troisième République témoigne de la volonté de tourner la page en changeant l'image du pays. Ainsi, on sent une « ferme volonté » d’éradiquer la corruption. À l'été 2007, le gouvernement congolais s'est lancé dans la campagne de « changement des mentalités ». Une campagne qui a été fortement critiquée en raison de sa courte durée.

Le budget est largement dépendant des ressources extérieures sous forme de dons et de prêts qui, depuis 2003 dépassent les recettes propres de l’État. Pour l’année 2004, l’appui direct au budget s’élève à plus de 240 millions de dollars, provenant de la Banque mondiale et de la BAD (Banque africaine de développement). Les recettes fiscales, qui avaient plafonné à 6,9 % du PIB en 2003 (exerçant de fortes pressions sur le budget de l’État), auraient atteint 7,9 % du PIB en 2004 grâce à un effort ciblé sur les grands contribuables et l’administration des douanes.

La dette extérieure est très élevée (12,6 milliards de dollars ou près de 200 % du PIB à la fin 2004). En ce qui concerne la dette bilatérale, la RDC a signé en septembre 2002 un accord de restructuration avec le Club de Paris et a bénéficié d’un allègement de 67 % du service de la dette. Ensuite, dans le cadre de l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés), l’allègement a été porté à 90 % et représentait 100 millions de dollars en 2003, 200 millions de dollars en 2004 et, à partir de 2005, entre 200 et 400 millions de dollars par an. Plusieurs pays ont indiqué leur volonté d’effacer la dette dès que le pays aura atteint le point d’achèvement, et même dès à présent (pour la Suisse)27. La Belgique donne chaque année 200 millions d'euros à la République démocratique du Congo, une ancienne colonie belge.