Par Maguy Ngabu

Du fait donc que la communication de l’organe chargé d’organiser les élections au Congo n’a été abordée que par un travail, l’option de l’exploration se justifie pour le nôtre. De la sorte, en prenant en compte toute la communication de la CENI, nous pouvons organiser notre travail autour de la question de recherche générale de la sorte: pour quelles raisons en dépit de la communication développée en vue d’obtenir des élections libres, transparentes, crédibles et apaisées, les résultats ont été sujets à controverses ?

L’histoire électorale du Congo remonte à l’époque coloniale, précisément en 1957. Les élections dont il sera question à cette époque ne concernent pas l’ensemble du pays mais juste les communes de grandes agglomérations : Léopoldville, Elisabethville et Jadothville. « Le décret du 26 mars 1957 portant organisation des villes a été complété par deux ordonnances qui précisent les mesures d’exécution. Il s’agit de l’ordonnance n° 12/295 et n° 12/296 du 29 septembre 1957 portant mesures d’exécution et les modalités de consultations des habitants, des associations et organismes autorisés à présenter des candidats en vue de la constitution des conseils communaux.

Cette première expérience électorale souffrira du trop grand poids du facteur ethnique et tribal. Ceci a amené les autorités coloniales à interdire toute activité de parti politique jusqu’à la veille de l’organisation de ces municipales. Jean-Pierre Mbwebwa observe qu’à Léopoldville (actuel Kinshasa), les élections ont été largement remportées par les originaires du Bas-Congo, soutenus en cela par les Bayaka avec lesquels ils ont quelques familiarités linguistiques. Tandis qu’au Katanga, la donne ne fut pas la même : le facteur ethnique quoique dominant, a joué en défaveur des autochtones. Aussi, note-t-il « A Lubumbashi : ce sont les originaires du groupe ethnique luba du Kasaï qui gagnèrent et placèrent des bourgmestres dans les communes de Kenya et de Katuba tandis qu’un Songye du Kasaï fut désigné dans la commune de Ruashi grâce à ses mérites personnels, notamment la défense des intérêts de l’élite au niveau syndical. A Likasi : c’est un originaire du groupe Tetela, Victor Lundula, qui fut désigné bourgmestre de l’unique commune de Kikula. »

Télécharger l'extrait