Bonsoir, nous sommes le 21/11/2018 et il est 18 h 06.

Situation géographique

La Province du Kasaï Occidental est située au centre sud de la République Démocratique du Congo entre les méridiens 20°31’ et 23°45’ longitude Est et les parallèles 2°15’ et 7°59’latitude Sud.

Elle est limitée par :
- la Province de l’Equateur au Nord ;
- la Province du Kasaï Oriental à l’Est ;
- la Province de Bandundu à l’Ouest et ;
- la Province du Katanga et la République d’Angola au Sud.

Sa superficie est de 154.741 Km² soit 6,6 % de celle du pays qui mesure 2.345.000 Km². Kananga, sa capitale, se trouve à environ une heure de vol d’avion respectivement de Kinshasa et de chacune d’autres provinces de la République Démocratique du Congo, excepté la Ville de Mbuji-Mayi qui est à15 minutes de vol, soit une distance de plus ou moins 200km.

Relief

Du point de vue du relief, la province est constituée de deux grands ensembles : D’une part, la partie nord de la Province, située au Nord du 4ème parallèle où dominent les faibles altitudes inférieures à 500 m faisant partie des collines du Sud de la cuvette centrale ; Et d’autre part, la partie située au Sud du 4ème parallèle sud aux altitudes moyennes de 500 à 1000 m appartenant au plateau du Kasaï qui occupe près de la 3/4 de la Province. Ces plateaux sont drainés par la rivière Kasaï et ses affluents qui coulent parallèlement du sud vers le nord.

Selon la classification de KOPPEN, le Kasaï Occidental jouit d’un climat de type équatorial dans le Nord et de type soudanais dans le Sud. Le premier type, qui est le prolongement de l’influence climatique de la province voisine de l’Equateur, se distingue par l’absence de saison sèche qu’on observe dans l’extrême nord de la province. Il se combine avec un climat de transition au sud de Demba et dans tout le centre du territoire de Dekese.

Le second type est caractérisé par un climat chaud et humide caractérisé par une saison sèche de plus en plus longue au fur et à mesure que l’on descend vers le sud. Le Kasaï.

Ces types de climat présentent le profi suivant :
1) Climat Af équatorial qui s’observe dans l’extrême nord de la Province notamment à Bongita et à Dumba dans le Territoire de Dekese est caractérisé par l’absence de la saison sèche de 2 mois ;
2) Climat Am qui se rencontre au Sud de Dumba et au Centre de ce Territoire de Dekese et se définit comme climat de transition entre les climats Af et Aw ;
3) Climat Aw, type chaud et humide que l’on rencontre au Sud du Territoire de Dekese ainsi que dans la partie centrale de la Province. Il est caractérisé par une saison sèche de plus en plus longue au fur et à mesure que l’on descend vers le Sud :

Au Sud du Territoire, elle dure 2 mois, de même qu’au Nord des Territoires d’Ilebo, Mweka et au Nord-Est du Territoire de Luebo. Elle est de 3 mois dans la Ville de Kananga, dans les Territoires de Dibaya, Kazumba, Dimbelenge et Demba, au Nord des Territoires de Tshikapa, Luiza et au Sud du Territoire de Luebo. Enfin elle est de 4 mois au Sud des Territoires de Luiza et de Tshikapa

- La longue saison des pluies appelée saison A de 5 mois débute vers mi-août et s’achève vers fin janvier au fléchissement des précipitations ;
- La seconde, appelée saison B de 4 mois, commence au mi-février et se termine au début de la saison sèche soit ver le 15 mai.
De ces considérations il ressort que la Province connaît deux saisons sèches : la grande de 3 mois qui va du 15 mai au 15 août et la petite de plus ou moins d’un mois qui se situe du 15 janvier au 15 février de chaque année. La saison B, bien que courte par rapport à la saison A, permet de réaliser le meilleur rendement des cultures si ces dernières sont semées tôt. C’est le cas du maïs dans les Territoires de Mweka et d’Ilebo ; de l’arachide dans les Territoires de Kazumba et Luiza, du Soja et du Niébé dans les Territoires de Dibaya, de Dimbelenge et de Demba.

Le Kasaï-Occidental présente une amplitude thermique annuelle de 10,74° C en moyenne. La moyenne provinciale se situe autour de 24,18° C avec des pointes de 31,4°C en mai à Kananga et 32,4° C en juin à Tshikapa. Le point le plus bas 15,7° C est atteint en juillet à Tshikapa. Les hauteurs annuelles de pluie exprimées en millimètres varient de plus de 1.900 mm à 1.400 mm. Les hauteurs pluviométriques moyennes annuelles supérieures sont constatées dans le Nord de la Province : 2.000 m (Climat Af). Elles décroissent progressivement jusqu’à 1 400 mm à l’extrême Sud de la Province (Climat Aw). Le nombre de jours de pluie oscille entre 130 et 110 à Luiza.

HYDROGRAPHIE

Le Kasaï Occidental dispose d’un réseau hydrographique qui baigne toute la Province. Le principal cours d’eau est la rivière Kasaï qui est alimentée par les affluents suivants : Lulua, Lukenie, Sankuru et Loange. Ses principaux lacs sont Mukamba et Fwa à Dibelenge et Tosambe à Dekese.

La plupart de ces rivières et lacs sont peu riches en poissons mais disposent des potentialités hydroélectriques. Les algues qui y poussent constituent des aliments riches en protéines végétales. Ces rivières forment un réseau navigable, favorable pour le transport des marchandises et des personnes. Ilebo sur la rivière Kasaï constitue le principal port de la Province et fait la jonction de la voie ferrée et la voie fluviale, du Katanga à Kinshasa et vice-versa.

Les principaux cours d’eau par Territoire sont les suivants :
1. District de la Lulua
Demba : Lulua, Mwanza-Ngoma et Lubudi
Dibaya : Lulua, Lukula, Luekeshi Moyo, Lubi, Tshimayi et Mofwayi
Dimbelenge : Lubudi, Muanza-Ngoma, Sankuru, Lubuishi, Kunduye, Lubi,
Kazumba : Lulua, Miao, Kasaï, Lutshatshia, Kaluebo, Lueta, Kashinde
Luiza : Kasaï, Lulua, Lueta, Kabelekes, Lusanza, Luambo, Wizel, Kajikulu, Mulavudi

2. District du Kasaï
Dekese : Sankuru, Lukenie, Bomboyo Ilebo: Kasaï, Sankuru, Lutshadi, Luanji, Lubudi, Lumbudi, Lubao, Ntumine
Luebo : Kasaï, Lulua, Minshangi, Luebo, Wedi, Lubi, Maudi, Lutshuadi
Mweka : Kasaï, Sankuru, Lulua, Lubudi, Lukibu, Luange, Lutshuadi, Lodi
Tshikapa : Kasaï, Lumbembe, Lovua, Luanga Tshimu, Tshikapa, Longe, Kabambayi, Lubilu, Tobi, Tshilumbu, Luanji, Lunyeka.

SOLS, GEOLOGIE ET VEGETATION

La Province du Kasaï-Occidental comprend, eu égard au degré d’altération atteint, les sols sableux du Kalahari, de Salonga et de recouvrement des plateaux qui appartiennent à l’ordre des Kaolisols.

Du point de vue de la pédologie ces sols se présentent comme suit :
a) Zone forestière dense au nord du Territoire de Dekese, le long de la rivière Lukenie avec des sols de bonne structure, sablo-argileux, réserve en humus appréciable tandis que réserve minérale faible, valeur agronomique moyenne. Elle constitue la zone de grandes cultures pérennes : caféier, elæis, hévéa ainsi que cacaoyer. Ces terrains présentent une bonne économie en eau. Ceci s’explique par l’absence de ruissellement, la structure favorable du terrain et la présence d’une couverture morte importante. Les cultures annuelles donnent un meilleur rendement.

b) Zone forestière subéquatoriale (de transition) avec des sols sablonneux à faible teneur en éléments fins et faible réserve en humus, avec fertilité moyenne sous-forêt et très faible en savane. Pour cette zone et tant que l’agriculture se pratiquera sans restitution des éléments nutritifs exportés par les cultures, on est en clin à penser que les cultures annuelles sont mieux que les cultures pérennes pour la seule raison que la longue jachère que les premières cultures impliquent permet au sol de se régénérer en vue d’un nouveau cycle d’exploitation.

Par contre, les cultures pérennes présentent son bon départ des plants les premières années de culture puis suit une période des biens de production et enfin une chute de productivité qui perdure. Après 5 ans de production, un caféier se met en vieille plantation, par exemple. Les savanes qui entrecoupent ces massifs forestiers répondent mieux aux spéculations d’élevage qu’aux cultures. Cette zone couvre les Territoires de Luebo, d’Ilebo, le nord de Demba, de Dimbelenge, de Mweka et de Tshikapa ainsi que le Sud de Dekese.

c) Zone de savane
1° Sols sablonneux
Ces sols se forment au sud des Territoires d’Ilebo, Dimbelenge, Demba, Luebo, Tshikapa, les Territoires de Dibaya, Kazumba et dans l’hinterland de Kananga. Ils sont entrecoupés de galeries forestières. Leur valeur agricole est faible en raison de leur pauvreté en minéraux altérables et en argile (8 à 15 % d’argile).

Après défrichement et exploitation par des cultures, ces sols, s’épuisent très vite en quelques saisons. Pour les améliorer, il faudrait augmenter à la fois la capacité et le degré de saturation du complexe absorbant. Ceci en augmentant la quantité des matières organiques et l’apport de fumure animale. Ce qui améliorerait la productivité de ces sols. Comme on peut le constater, la médiocrité de ces sols pèse de tout son poids sur la mise en valeur agricole. Elle obligera l’agriculteur à aménager et exploiter l’espace agricole de façon à perdre le moins d’énergie qu’il y consacre.

2° Sols argilo-sableux
Ils se trouvent dans le Sud de Territoire de Luiza, Leur structure est souvent bonne et leur économie en eau élevée de leur réserve minérale plus élevée. Ces sols ont une valeur agricole bonne et permettent un cycle des cultures de 4 à 5 années répétées toutes les saisons culturales. De vocation principalement vivrière, ce sont les meilleurs sols du Kasaï Occidental.

Il est à noter cependant que le Kasaï Occidental, par manque de politique de développement agricole, perd chaque année les superficies occupées par ses forêts subéquatoriales (forêts tropicales humides) et des forêts galeries, suite à leur exploitation essentiellement aux cultures vivrières.

Géologie

A cause d’une couverture assez bien développée dans la Province du KasaiOccidental, le soubassement est constitué du groupe de la Lulua (Kibara), et des formations anté-Lulua n’y affleurent que dans les vallées. La formation Kalundue, anté-Lulua, essentiellement magmatique, apparaît dans le confluent Kasai-Lulua, avec une texture principalement chlorito-schiste, amphiboloschiste, gneissique et quartzitique.

Le groupe de la Lulua affleure dans les vallées de Lueta, Lulua et leurs affluents au nord et à l’ouest de Luiza, puis au nord-est jusqu’aux rails Katangaa-Ilebo ; et enfin vers la vallée du Kasai dans le Sud Ŕouest jusqu’en Angola où on l’appelle Groupe Kibara. Le sud-est du territoire de Luiza (Masuika) reposerait sur un soubassement lié au système de la Bushimay, postérieur au Groupe de la Lulua, et constitué essentiellement de roches carbonatées, de conglomérats, de schiste, de quartzites et d’arkoses

Du point de vue géologique, le sous-sol du Kasaï Occidental est constitué essentiellement par les roches granitiques dont l’affleurement fait l’objet de deux carrières à Kananga. Il regorge de beaucoup de ressources géologiques notamment le diamant dans les Territoires de Tshikapa, Luebo, Demba, Kazumba, Mweka, Ilebo, Dibaya et Dimbelenge ; l’Or et l’Etain dans les Territoires de Luiza et Kazumba ; le Fer dans les Territoire de Luebo, Tshipapa et Kzumba ; le Nickel, le Chrome et le Cobalt à Kananga et dans le Territoire de Kazumba ainsi que le pétrole dans le Territoire de Dekese.

Végétation

La végétation naturelle du Kasaï Occidental correspond aux différents types climatiques rencontrés dans cet espace territorial. Les formations végétales se présentent sous trois types :la forêt dense humide sempervirente (équatoriale), la forêt dense sémi-décidue (subéquatoriale) et la zone des savanes entrecoupées des galeries forestières

LES VILLES

1) La forêt dense humide (forêt équatoriale) couvre le Nord de la Province, le Parc National de la Salonga et occupe environ la moitié du Territoire de Dekese. Le taux de boisement est estimé à 75 % en massif hétérogène ou homogène. Dans cette partie de la Province, on note des chutes de pluies annuelles variant entre1.700 et 1.900 mm.
2) La forêt dense humide de semi-dessidue (subéquatoriale) alternant avec la zone de savane (pluies de 1.600 mm). Le taux de boisement s’évalue à 60 % et cette zone comprend le Sud du Territoire de Dekese, le Nord des Territoires de Demba, Dimbelenge, Mweka, Luebo, Ilebo et de Tshikapa.
3) La zone de savane : ces vastes étendues de savane entrecoupées de forêtsgaleries couvrent la partie Sud-Ouest et le reste de la Province.
Ces savanes sont de deux types suivant la nature du territoire qui les porte à dominance d’hyperrhénia sur sol sablonneux et d’imperata sur le sol le plus lourd.

Cette zone se décompose en types suivants :
a) Savanes sur terres pauvres
Cette région comprend le sud du Territoire de Luiza, de Demba, Dimbelenge et l’entièreté des Territoires de Dibaya, Kazumba et la Ville de Kananga.

b) Savanes sur terres riches
Cette région comprend le sud du Territoire de Luiza. Ces terrains sont marqués par une consistance appréciable de PH avoisinant 6,8 à 7 et une coloration rouge. La structure de ces terres est bonne surtout en surface et leur économie en eau élevée. Pareilles terres supportent aisément un cycle de culture de successivement de 4 à 5 souvent répétées en saison A et B.
Cette flore est habitée par une faune diversifiée comprenant les animaux herbivores, carnivores, des reptiles et les oiseaux de plusieurs espèces et de toute beauté.

SITUATION ADMINISTRATIVE ET POLITIQUE

Le Kasaï Occidental tire ses origines dans l’histoire politico-administrative de l’ancienne province du Kasaï. Ces origines remontent à partir de la découverte de la rivière Kasaï par les explorateurs allemands POGGE et WISSMAN :

Les dates importantes de son histoire sont :
- Le 10 novembre 1884 : la création d’un campement par les explorateurs précités, dénommé Luluabourg Malandji au village Kalamba, situé sur la rive gauche de la rivière Lulua
- Par des décrets successifs du Roi Souverain, l’Etat Indépendant du Congo avait été divisé successivement en 11 districts en 1888, ensuite en 12districts en 1890 et enfin en 154 districts en 1895. Les Districts de l’Etat Indépendant du Congo ne sont pas à confondre avec les circonscriptions d’aujourd’hui qui constituent les subdivisions territoriales de la Province
- De 1885 à 1908 à l’époque de L’Etat Indépendant du Congo, le Kasaï Occidental faisait partie d’un District du Kasaï.
- Pendant la période du Congo Belge (1908-1960)le Kasaï Occidental n’était pas encore une province à part entière
- Par Arrêté royal du 28 juillet 1914, la Colonie fut divisée en quatre Provinces dont la Province du Congo Kasaï. La Province du Congo Kasaï correspondait à la configuration englobant l’ensemble des Provinces actuelles du Bas-Congo, du Bandundu, du Kasaï Occidental, du Kasaï Oriental et de la Ville de Kinshasa.
- Ensuite, à partir de la réforme de juin 1933 qui avait divisé le Territoire du Congo Belge en 6 provinces, le Kasaï Occidental fera partie de la Province de Lusambo qui deviendra la Province du Kasaï en 1947.avec comme Chef-lieu Lusambo
- A Luluabourg qui devient un important carrefour depuis l’inauguration du chemin de Fer du Bas Congo au Katanga, B.C.K., actuellement SNCC.

- A partir du 14 Août 1962, la Province du Kasaï éclate et donne naissance à 5 autres subdivisions territoriales, dénommées de façon péjorative provincettes :
• Kasaï Central, Chef-lieu Luluabourg ;
• Sud Kasaï, Chef-lieu : Bakwanga (actuellement Mbuji Mayi) ;
• Unité Kasaïenne, Chef-Lieu : Tshikapa ; • Lomami, Chef-lieu : Kabinda ; • Sankuru, Chef-lieu : Lodja.

- Lors de la réforme de 1966, les provincettes furent supprimées et la République Démocratique du Congo est divisée en 8 provinces.

- Par suite de cette organisation territoriale, l’ancienne circonscription territoriale du grand du Kasaï fut scindée en deux nouvelles provinces distinctes : le Kasaï Occidental et le Kasaï Oriental.
- Le 24 juin 1967, date de promulgation de la nouvelle Constitution, la Province du Kasaï Occidental voit le jour dans sa configuration actuelle.

Depuis lors, et conformément aux lois en vigueur dans notre pays, la Province du Kasaï Occidental est une Entité Administrative Décentralisée, dotée de l’une personnalité juridique distincte de celle de la République Démocratique du Congo qui est un Etat unitaire décentralisé.

Découpage administratif de la Province

La Province se compose ainsi d’une Ville et d’une circonscription territoriale apparentée au statut de ville : Kananga et Tshikapa et de deux Districts : Kasaï et Lulua, composés de 10 Territoires, 50 secteurs et 626 groupements dont 537 reconnus Les subdivisions de ces Entités territoriales sont les suivantes :

Villes et / ou Cité
• Ville de Kananga Ordonnance n°12/357 du 06/09/1958 avec 5 Communes :
- Kananga, Arrêté Ministériel n° 111/220 du 09/11/1969
- Lukonga, Arrêté Ministériel n° 69/0223 du 18/07/1969
- Ndesha, Arrêté Ministériel n° 111/228 du 9/10/1958
- Nganza, Arrêté Ministériel n° 111/228 du 9/10/1958
- Katoka, Arrêté Départemental n° 68 du 04/05/1968
• Ville/Cité de Tshikapa avec 5 Communes ou quartiers
- Dibumba I
- Dibumba II
- Kanzala
- Mabondo
- Mbumba

Districts
- Et les deux Districts, subdivisés chacun en 5 Territoires :
• District du Kasaï, Chef lieu Luebo avec ses cinq Territoires
- DEKESE, Décret Royal, 1905
- ILEBO, Ordonnance n° 21/184 du 28/05/1958
- LUEBO, Ordonnance n° 21/64 du 04/02/1958
- MWEKA, Ordonnance n° 21/184 du 28/05/1950
- TSHIKAPA, Ordonnance n°21/424 du 08/12/1954

• District de la Lulua, Chef-Lieu Tshimbulu comprenant 5 Territoires :
- DEMBA, Ordonnance N° 25/AIMO du 04/02/1945
- DIBAYA, Ordonnance n° 168/2 du 28/11/1913
- DIMBELENGE, Ordonnance n° 103/AIMO du 1er /10/1926
- KAZUMBA, Ordonnance n° 25 DAG du 04/02/1945
- LUIZA, Ordonnance n° 27/AIMO du 04/02/1945

Territoires
Ces Territoires, à leur tour, subdivisés en 50 Secteurs et 3 Chefferies se répartissent à leur tour de la manière suivante :
01. Territoire de Dekese : 2 Chefferies : Yelima et Ndengese
02. Territoire de Demba, 7 Secteurs : Diofa Mamba, Lombelo, Lusonge, Muanza Ngoma, et Tshibungu.
03. Territoire de Dibaya : 5 Secteurs : Dibatayi, Dibanda, Kamuandu, Kasangidi et Tshishilu
04. Territoire de Dimbelenge : 5 Secteurs : Lubi, Lubudi, Lukibu, Kundu, Mashala
05. Territoire d’Ilebo : 4 Secteurs : Basongo, Ilebo, Sud Banga, Mapangu
06. Territoire de Kazumba : 9 Secteurs : Matamba, Miao, Kafuba, Musuasua, Mboyi, Mbulungu, Tshitadi, Kavula, Lubefu
07. Territoire de Luebo : 4 Secteurs : Luebo, Wedi, Luebo Kabambayi, Luebo Lulengele, Ndjoko Punda.
08. Territoire de Luiza : 7 Secteurs : Kalunga, Lueta, Kabelekese, Lusanza, Bambayi, Luatshi, Mbushimai
09. Territoire de Mweka : 1 Chefferie : Bakuba
10. Territoire de Tshikapa : 9 Secteurs : Tshikapa, Kasaï Kabambayi, Kasaï Lunyeka, Bampende, Shambuanda, Muangamba, Kasaï Luangatshimo, Kasadisadi, Bakwa Nyambi.

- 475 Groupements reconnus
La loi définit le Groupement comme étant toute communauté traditionnelle organisée sur base de la coutume et érigée en circonscription administrative sous l’autorité d’un chef coutumier désigné par la coutume et investi par les pouvoirs publics. Le groupement est subdivisé en villages.
Certains Territoires du Kasaï Occidental sont subdivisés, outre les secteurs, en Cités. Les Cités sont des circonscriptions territoriales constituées des agglomérations urbaines non encore érigées en Ville. Le nombre de Cités formellement reconnues au Kasaï Occidental est de sept. Ce nombre est en voie d’augmentation.

Impact de guerres et autres conflits armés

Depuis l’époque coloniale, la province a traversé plusieurs péripéties, drames et conflits ethniques notamment :
- la guerre Lulua et Baluba en 1960 ;
- la sécession katangaise qui a engendrée le refoulement du Kasaïen du Shaba en 1992 ;
- A partir de 1998, comme partout ailleurs en République Démocratique du Congo, la Province du Kasaï Occidental n’a pas été épargnée aux effets pervers de deux guerres : celle dite guerre de libération et celle d’agression Rwando-ougando-burundaise.

Ces deux guerres ont entraîné mutatis mutandis les mêmes maux, à savoir : les pillages et la destruction des infrastructures publiques, les déplacements des populations, les viols, les vols, les dislocation des mariages, l’émergence du phénomène « enfants de la rue communément appelés « Shégués » et l’abandon du travail champêtre par les paysans entraînant la réduction d’autres activités génératrices des revenus ; la perte des valeurs éthiques et morales par la dépravation des mœurs, l’insécurité alimentaire, l’incidence du VHIH/SIDA ,la dégradation de l’environnement et la rupture de la. Coopération aussi bien bilatérale que multilatérale

Autres conflits : Refoulement du Katanga et de l’Angola
Comme énoncé plus haut, la Province du Kasaï Occidental a subi une forte pression démographique due à l’affluence des refoulés du Katanga (1992-1994) et de l’Angola (2003 et 2004). Ce mouvement a entraîné des conséquences néfastes sur l’environnement humain, entre autres la prolifération des maladies sexuellement transmissibles et d’autres maladies épidémiques et contagieuses, l’augmentation du chômage et l’exploitation des enfants mineurs et le phénomène de sous-emplois.

Dans le même contexte, nous soulignons l’émergence du phénomène « Bayanda ». Il s’agit des jeunes gens âgés de 12 à 20 ans qui transportent des charges invraisemblables allant jusqu’à 200 kilos et parcourent une distance d’environ 400 Km à pied de Kananga à Tshikapa, de Tshikapa à la Frontière de la R.D.C Angola et de là aux mines d’or de Luiza.

DEMOGRAPHIE

La densité provinciale moyenne qui était de 34 habitants au Km2 en1994 est passée en 2004 à 35, supérieure à la densité nationale qui est 13 habitants au Km2. Cette densité n’est pas uniforme. De fortes variations sont observées entre les districts et même à l’intérieur des districts. Au niveau des territoires, les densités sont respectivement de 47 habitants/Km2 à Demba, 46 Dibaya, 48 à Kazumba , 38 à Luiza, 30 à Luebo, 26 à Mweka ,47 à Tshikapa, 24 à Ilebo et 5 à Dekese.

Au cours de 5 dernières années, c’est-à-dire de 2000 à 2004, il se dégage les considérations suivantes :
1) Le Territoire de Tshikapa est le plus peuplé avec 22,5 % pour l’ensemble de la population, suivi de la Ville de Kananga avec une proportion de 13 % et enfin le Territoire de Kazumba qui vient troisième position avec 10,9 %. Par contre le Territoire de Dekese s’avère le moins peuplé avec 2 % d’habitants par rapport à l’ensemble, et pourtant il vient en tête de classification en ce qui concerne sa superficie soit 25 175 Km² soit 16 % par rapport à la superficie totale qui s’élève à 154 741,8 Km². Cette situation est due au fait qu’une grande partie du Territoire est occupée par la forêt équatoriale ;
2) En ce qui concerne la densité les Territoires de Tshikapa et Demba s’arrogent la première place avec 44 habitants au Km², suivis de Kazumba avec 43,6 habitants au Km². Le Territoire de Dekese présente la plus faible densité soit 4,8 habitants au Km² ;
3) La comparaison enregistrée entre la population féminine en rapport avec celle masculine révèle que les femmes sont légèrement majoritaires soit 50,9 % contre 49,1 % pour les hommes. Dans le même ordre d’idée, la structure de la population par groupes et par entités administratives montre que la population active est e 52,7 % de la population par groupes d’âge.

Principaux groupes ethniques

Dans l’étude sur la situation des lois coutumières et des droits des femmes en République Démocratique du Congo, la Province du Kasaï Occidental représente 3 grands groupes ethniques décomposés en plusieurs sous-groupes.

Généralement, on rencontre dans cette partie de la République des groupes ethniques en pleine évolution comme les Lulua, les Luntu et les Luba en coexistence avec d’autres groupes ayant conservé leur mode de vie traditionnelle tels les Kuba, les Leele (Bashilele), les Ndengese et les Salampasu et les Lunda qui sont à cheval aussi bien au Bandundu, au Katanga et en Angola.

Les premiers occupants connus du Kasaï-Occidental sont d’une part les pygmées dénommés « TWA », dont quelques milliers vivent encore parmi les Kuba, les Leele et les Luntu dans les territoires de Mweka, d’Ilebo et de Dimbelenge, et d’autre part les Kete dont plusieurs groupes distincts subsistent dans le territoire de Luiza et dans certains coins des territoires de Dibaya, Mweka, Tshikapa et Luebo ainsi que dans le territoire de Kazumba où les Kete sont mélangés aux Mbangani (Babindi).

Le dénombrement des divers groupes ethniques du Kasaï-Occidental est difficile compte tenu de nombreux courants humains nés des migrations, des conquêtes, de l’industrialisation et des conflits éthnico-politiques. Il est cependant possible de distinguer quelques groupes selon les districts. La Ville de Kananga est principalement habitée par les Lulua. Elle compte également des Luba.

Le district de la Lulua est peuplé des Lulua dans les territoires de Demba, Dibaya et Kazumba, des Kete dans les territoires de Luiza, Dibaya et Kazumba et des Luba dans les territoires de Demba et Dibaya. La Lulua compte également les Luntu (Bena Konji) et des Binji dans les territoires de Dimbelenge et de Demba, des Salampasu, des Lwalwa et des Mbal dans le territoire de Luiza ainsi que des Mbangani dans le territoire de Kazumba.

Le district du Kasaï comprend les peuples soumis aux Kuba dans le territoire de Mweka, Lulua et les Bieeng dans les territoires de Luebo et de Tshikapa, les Luba dans les territoires de Mweka, Ilebo, Luebo et Tshikapa, les Kete dans les territoires de Mweka, Tshikapa et Luebo, les Leele dans les territoires d’Ilebo, les Ndenfgese et Yajima (Yaelima) dans le territoire de Dekese, les Pende, Dzing (Dinga), Tshokwe et Lunda dans le territoire de Tshikapa ainsi que les Njembe dans les territoires d’Ilebo et Tshikapa.

Eléments linguistiques

Les principales aires culturelles et linguistiques dénombrées dans l’espace du Kasaï-Occidental sont :
- Culture Kuba ;
- Culture Luba-Kasaï ;
- Culture Bas-Kasaï,
- Culture Mongo sud-ouest,
- Culture Lunda,
- Culture Songye ;
- Culture Pende.

Les Kuba présentent un ensemble spécialement bien conservé de croyances religieuses, de concepts spéciaux et de manifestations artistiques. Le « Lukengo » ou Roi des Kuba dont le royaume correspond au territoire de Mweka, règne en fait sur un ensemble de population dont seuls les Bushoong (ou Mbal), les Bulaang, les Ngeende et les Pjaang sont Kuba. Les Kel établis entre le Kasaï et le chemin de fer sont différents, il en est de même des Ngongo de l’entre Lubudi-Lukibu, des Shoowa (Shobwa) de l’entre Lutshwadi-Sankuru, outre quelques villages Ndengese sur la rive gauche du Sankuru et des immigrants Nkutshu établis entre le Lubudi et le Lukibu. Les Kuba se distinguent de leurs voisins par leurs dons artistiques qui permirent l’ouverture d’ateliers d’art kuba à Mushenge. Fiers de leur histoire et de leur civilisation, les Kuba sont restés fidèles jusqu’à nos jours à leur tradition artistique et à leurs conceptions politiques évoluée et réfractaires à la pénétration de toute culture étrangère.

Les coutumes
Les structures sociales traditionnelles encore en vigueur comprennent plusieurs ensembles de groupes dont les uns peuvent être liés au temps : famille, clan ; et les autres liés à l’espace : village, groupe foncier, groupement. Ces deux ensembles de groupes coïncident assez souvent quant à leur contenu, mais le cas est loin d’être général. Ainsi donc un même individu peut faire partie d’une famille et d’un clan de par son ascendance, d’un village et d’un groupe foncier de par sa résidence, d’un groupement de par son allégeance politique. Des groupes restreints temporaires peuvent de plus être liés en vue de la production tels que les chasseurs ou pour une activité volontaire occasionnelle comme la construction d’une case ou le défrichement d’un champ. De chaque appartenance à un groupe découlent, pour l’individu, des droits et des devoirs spécifiques.

La famille, qui est l’unité sociale de base au Kasaï-Occidental, est caractérisée par une parenté bi-directionnelle pour chaque enfant. En effet, celui-ci se reconnaît à travers les parents, les grands-parents et les arrières-grands-parents de son père et ceux de sa mère. La parenté est comptée jusqu’à plusieurs degrés, généralement de quatre à six. Cette ambivalence implique des conséquences juridiques, morales et affectives, comme l’interdiction de se marier des deux côtés, le mariage étant donc exclusivement exogamique et virilocal; la protection et l’hospitalité au regard du réseau étendu des relations de parentés; la sécurité pendant les déplacements.

Toutefois, les familles sont réparties en clans. Ceux-ci se distinguent par leur ascendance unilinéaire, matrilinéaire ou patrilinéaire. Enfin, les clans sont localisés sur le plan spatial en villages et en groupements plus ou moins homogènes selon les aires culturelles.

Minorités ethniques
Dans la Province du Kasaï occidental, on considère comme minorité ethniques les populations suivantes : Les Tswa, Songye, Ndengese, Yaelima et Lunda. Ces appartenances ne donnent pas lieu à l’exclusion ni à une discrimination juridique entre individus. Elles se manifestent surtout sur le plan des regroupements politiques où l’on observe un certain favoritisme et des inégalités dans l’attribution des postes dans la hiérarchie de l’Etat. Sur le plan social à savoir, l’accès à l’éducation, à l’emploi, à l’exercice du commerce, au mariage, au choix de la résidence ces différences ethniques ne constituent pas un obstacle. La promotion sociale des individus est libre de toutes entraves ethniques.

Régime alimentaire
En général, le régime alimentaire de base, fortement utilisé, est la pâte à base, - soit de la farine de maïs (75 %) et manioc (25 %) ; - soit de la farine du manioc (75 %) et maïs (25 %) - soit encore de la farine du millet (75 %) et manioc (25 %) selon les tribus.

Les habitudes alimentaires observées au Kasai Occidental peuvent être rattachées aux activités économiques des deux grands groupes sociaux qui constituent la population provinciale, à savoir les pygmées et les bantous. Les pygmées vivent de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Le régime alimentaire des populations constituant les bantous est essentiellement végétal, composé de fufu, pâte issue du mélange entre les farines de maïs et de manioc, souvent accompagné de légumes (feuilles de manioc, amarantes, oseilles, etc.).

Cependant, selon les opportunités, un plat de produits de chasse ou de pêche, de la volaille ou d’élevage (viande de chèvre) y est généralement associé. Les peuples Luba, Kuba et autres sont friands de certaines espèces d’insectes comme les « mankenena », sorte de fourmis, les sauterelles, les termites. Souvent, le repas principal est pris une seule fois pendant la journée ; mais entrecoupé de prises de fruits, de boisson (bière locale ou vin) ou d’autres repas occasionnels. Les repas sont servis sur deux ou trois plats et pris en groupe (famille ou amis).

LES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT ET DE COMMUNICATION

Il comprend les routes nationales et provinciales et son caractérise par son état d’impraticabilité, ponts et bacs hors d’usage ou en dégradation avancée à cause d’absence d’entretien. Toutes les brigades de l’Office de routes et autres structures de maintenance mises en place (Service national de Routes de Desserte agricole, les attributaires, etc ...) ne sont plus opérationnelles suite aux difficultés de gestion et de fonctionnement qu’elles ont connues depuis plusieurs années.

Les principales voies nationales et provinciales sont les suivantes :
1. RN1-Pulu(Bac) Tshikapa-Bulungu-Kananga-Lac Mukamba(517 Km)
2. RN7-Mwamba Mbuyi-Mashala-Lubiku-Limite Kasai-Oriental vers Bena Dibele (230 Km)
3. RN20 Katembo (Bac)-Mapanzu-Ilebo-Mweka-Luebo-Bulungu (427Km)
4. RN39-Muila-Kazumba-Luiza-Moma-Mashika-Bangu-Limite Kananga vers Kapanga (309 Km)
5. RN40-Kananga (Aéroport)-Tshimbulu-Lukeshi-Limite Kasai-Oriental vers Mwene-Ditu (180 Km)
6. RN41-Mweka-Bakwa-NKenge-Demba-Kananga (242 Km)
7. RN42-Lac Mukamba-Dibelenge-Mutombo-Dibwe-Limite Kasai-Oriental vers Lusambo (72 Km)
8. RR701-Domiongo-Lodi-Dekese-Limite Kasai-Or.vers Lomela (327 Km)
9. RR 706-luebo-Ndjoko Punda-Tshikapa-Shashinza-Limite Angola vers Ndundu (331 Km)
10. RR707-Shashinza-Shamupele-tshisenge-vers Ngoma Luiza ( 239 Km)
11. RR708-Kaluata-Tumba-Bac Mualamande-Moma (90 Km)
12. RR709-Matamba-Bilonda-Muana-Nkadi (160 Km)

Sur l’ensemble des voies du Kasai-Occidental, seuls les 25 Km de la route Kananga Lac Mukamba et quelques tronçons de Kananga sont asphaltés. Le reste est en terre dont plus de 80% se trouvent dans un état déplorable; tronçons impraticables, ponts et bacs hors d’usage ou en dégradation avancée.

Les voies fluviales

Cinq principales rivières traversent la Province du Kasai-occidental : Loange à l’extrême ouest, Kasai et Lulua au centre, Sankuru et Lukenie au Nord. La navigalité de ces rivières se présente de la manière suivante :

1. le Sankuru est navigable sur tout le tronçon reliant les 2 extrêmes de la province. C’est un bief d’une longueur de 176 Km, partant d’Ilebo jusqu’à Bena Dibele.
2. La Lukenie est navigable sur tout le tronçon. C’est un bief de 152 Km de longueur.
3. Le haut- Kasai est entrecoupé de 3 biefs qui sont :
• Makumbi-Tshikapa : 80 Km
• Makumbi-Ndjoko-Punda
• Ndjoko-Punda-Ilebo : 184 Km

Le premier et le troisième sont totalement navigables, tandis que le deuxième est impraticable à cause des chutes. Le deuxième tronçon du Kasai est totalement navigable en dehors du bief Ilebo Mpangu sur une longueur de 44 Km.

4. La Lulua comprennant le bief qui Bena-Makina dans les territoires de Mweka et de Luebo couvre une longueur de 50 Km totalement navigables.
5. La Lubi traverse l’extrême ŔEst du territoire de Dibelenge. Elle est navigable de la frontière avec le Kasai-oriental jusqu’à son embouchure dans le Sankuru.
Le port d’Ilebo constitue un important centre de transit pour les transactions commerciales entre Kinshasa, les 2 Kasai et le Katanga et un nœud de jonction entre la voie fluvial partant de Matadi via Kinshasa et le chemin de fer venant de Katanga. Les principales escales sur le Kasai sont : Makaw, Mabenga, Panu, Yuki, Mangaie, Dibaya, Mapangu et Ilebo. Les beaches à partir de Mapangu jusqu’à Makaw, situésdans la région sablonneuse ne sont pas accessible pendant la saison sèche.

Les voies fluviales

La province du Kasai-Occidental est traversée par la voie ferrée venant de l’Afrique du Sud te transite la Zambie, passe par le Katanga jusqu’à Ilebo. Cette voie nationale est d’une importance primordiale vu son apport dans le réseau de transport et de distribution des biens et services entre les points tels que Kinshasa, Matadi, Lubumbashi, etc …

La voie ferrée reliant Ilebo à Lubumbashi traverse la province du Kasai Occidental en diagonale, desservant les centres suivants : Dibaya, Tshimbulu, Kananga, Luebo et Mweka, etc. sur un parcours de 614,76 Km, soit 11,7% du total des voies ferrées qu’exploite la Société Nationale de Chemin de Fer du Congo « SNCC ». La principale contrainte relative à ce réseau se situe au niveau de la vétusté du matériel de voie (rais, traverses) et du matériel roulant ( wagons, voitures, locomotives) occasionnant des fréquents déraillements, en défaveur d’une exploitation rationnelle.

Après une brève cession de la gestion d’exploitation en 1995 à la société SIZARAIL, laquelle a pu réhabiliter une bonne partie des gares importantes et renouveler le parc en matériel, la SNCC a résilié ce contrat. Des efforts doivent être multipliés dans ce domaine afin d’accroître la fréquence des voyages et la capacité de transport des personnes et des biens. Actuellement, le train venant du Katanga arrive à Kananga le lundi pour repartir le lendemain vers Ilebo et ne revient que deux jours après le mercredi suivant s’il n’y a pas déraillement ou autres empêchements majeurs. Parfois, sur réquisition des hommes d’affaires, on forme des T.O.M.(trains ordinaires des marchandises) ou des trains de ramassage dans un sens comme dans l’autre pour acheminer les hommes et les marchandises jusqu’au Cap Bread en Afrique du Sud.

LES INFRASTRUCTURES DE L’ENERGIE ET DE DESSERTE EN EAU POTABLE

L’électricité est fournie au Kasaï Oriental par la Société Nationale de l’Electricité « SNEL ». Historiquement la production et la distribution d’énergie électrique étaient sous tutelle de la REGIDESO, ce n’est qu’à la fin de 1979 que ces activités ont été cédées à la SNEL qui a le monopole de produire et distribuer l’énergie électrique à la population. La fourniture en énergie électrique par la Société Nationale d’Electricité « SNEL » se fait par intermittence par manque de produits pétroliers et. Quelques initiatives privées, notamment la Conférence pour le Développement du Kasai Occidental, la « CODESKO », avec l’appui financier extérieur, ont le projet de construction d’un barrage hydroélectrique appelé KATENDE I à Kananga.

Pour toute la province du Kassaï Occidental, il n’existe qu’une seule central hydroélectrique opérationnelle. Il s’agit du mini-barrage installé sur la rivière Lubi à ± 15km du centre-ville de Katanga. C’est une propriété privée de l’Institut Médical Chrétien de Tshikaji (IMCT), et n’alimente que ce centre médical. Elle a été construite avec l’aide financière de l’USAID (1987) Sa puissance est de 190KVA x 2 =380 KVA.

En dehors de ce mini-barrage électrique, la province compte pour son développement sur la grande centrale hydroélectrique de la "chute KATENDE" en voie d’exécution par l’Energie. Energie au Kasaï (ENERKA), Société par Actions à Responsabilité Limitée (SARL), constitue pour une durée de 30ans renouvelables. C’est un projet privé communautaire où l’Etat Congolais et la SNEL ont pris aussi des souscriptions. Cette centrale sera érigée sur la rivière Lulua, à 10 km au Sud de la ville de Kananga. On peut y accéder par la route de Tshikaji (20 km). L’Usine comprendra 3 groupes de turbines et alternateurs. Son débit est de 200m cube par seconde et sa puissance garantie est de 6 Mégawatts pour alimenter toute l’étendue de la province.

En attendant, le projet KATENDE I (1ère phase) se limite à une puissance de 3 Mégawatts pour l’électrification de la ville de Kananga ; les 3 Mégawatts supplémentaires sont prévus lors de la 2ème phase du projet. L’objet majeur est de procéder à une augmentation progressive de cette puissance jusqu’à 100 Mw par l’aménagement de KATENDE 2 et 3.

SITUATION ACTUELLE DE LA PRODUCTION

Bien que la province du Kasai Occidental soit réputée pour son diamant de joaillerie qui est concentré en grande partie à Tshikapa où il est exploité artisanalement, elle offre aussi des potentialités agricoles remarquables avec deux grandes zones de végétation dont l’une est dominée par la forêt et l’autre par la savane.

La Province du Kasaï- Occidental compte une superficie cultivable estimée à 13.918.000 ha, soit 38,7% de son étendue. Elle offre également une large étendue des terres irrigables, susceptibles de produire de façon échelonnée sur toute l’année indépendamment des saisons.

Le secteur vivrier traditionnel comprend les cultures suivantes : maïs, manioc, haricot, arachide, riz, patate douce, pomme de terre, igname, tomate, aubergine, banane, ananas, agrumes et autres fruits. Le calendrier agricole de ces cultures, lequel n’est pas toujours respecté par les paysans pour diverses raisons, notamment la négligence, les funérailles, les travaux communautaires et les maladies ne leur permettent pas d’assurer ni l’autosuffisance alimentaire provinciale, ni le stock stratégique.

Dans l’ensemble de la Province, on rencontre principalement 4 cultures industrielles, le coton, le palmier à huile, le café robusta, cultivés respectivement à Tshikapa, Luiza ; Ilebo, Dekese, Dimbelenge, Demba.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUE

1. Monographie du Kasaï-Occidental. Edition d’octobre 1998
2. Carte d’identité du Kasaï-Occidental, 2ème Edition 2004
3. Aperçu sur l’économie agricole de la Province du Kasaï, 1955
4. Manuel pratique de vulgarisation agricole, Vol I, 1992, ED. Maison Neuve
5. Rapports annuels : Division Provinciale de l’Agriculture et du Développement Rural, 2003
6. Agriculture et Economie Rurale aux Etats-Unis d’Amérique, 1958
7. Etude de sol, ses propriétés, ses besoins, Daniel Deruyck, 1987
8. Rapport de mission d’identification des principaux disfonctionnements du processus de planification et de budgétisation dans une perspective de décentralisation, phase I, Kananga, 2002 9. Conditions et Voies de développement intégral du Mgr. BAKOLE WA ILUNGA Zaïre, 2ème Edition Archidiocèse de KANANGA, 1984.
10. Léon de Saint Moulin Condition de la croissance économique au Zaïre.
11. Conférence provinciale socio-économique du Kasaï-Occidental 2003.