Bonjour, nous sommes le 01/05/2026 et il est 00 h 55.






KANTUNTU MPEYA est un kàsàla (poésie) luba conçu par Roger KABEYA TSHIMBUNDU N’KULU NTITA Tshilumbayi Mulumba nvita mualaba Ngoyi qu’il se propose de rendre dans un dialogue proverbial et philosophique non violent.


A présent, le parler proverbial tend à disparaître pour plusieurs raisons notamment, l’invasion des langues d’importation imposées dans les systèmes éducatifs au détriment des langues locales , l’usage de plus en plus rare des langues maternelles, la disparition progressive des langues locales en tant que support vital de toute la sagesse proverbiale au profit des langues d’importation, le manque d’adaptation et d’intégration des langues locales dans différents supports scientifiques …



Et elles sont rares des personnes qui, à l’instar de Roger KABEYA TSHIMBUNDU N’KULU NTITA dans « KANTUNTU MPEYA », et c’est aussi le côté original de l’œuvre, peuvent engager un dialogue, une discussion, des échanges ou des pourparlers pendant plus d’une heure rien qu’avec des proverbes et des formules locutionnaires de leurs langues respectives sans recourir à une langue étrangère.



Le kasàlà, en tant qu’auto-louange et estime de soi et de l’autre, peut être transformé en un instrument au service de la paix et du développement, un véritable mécanisme africain de résolution des conflits par la puissance de la parole sous l’arbre à palabre en lieu et place des forces de maintien de la paix qui coutent trop cher aux pays africains et à la Communauté Internationale.



Chaque auditeur de Kantuntu Mpeya est fascinné par une présentation susceptible de tenir en alerte un public intérressé pendant plus d’une heure rien qu’avec les proverbes de la sagesse populaire et des formules locutionnelles luba placés chaque fois dans un contexte bien approprié comme sait le faire Roger KABEYA Tshimbundu N’kulu.

La langue Luba constitue le noyau ou mieux l’âme même des langues d’Afrique en ce qu’elle résonne au cœur de la République Démocratique du Congo, et donc au centre du berceau de l’humanité, le continent africain. Lorsque l’Afrique aura tout perdu, et que les langues congolaises auront été sensiblement englouties par les langues d’importation, il restera alors la langue luba qu’il nous incombe d’ennoblir et de développer. Et c’est aussi, j’en suis convaincu le but de « Kantuntu Mpeya ».

KANTUNTU MPEYA! En l’auditionnant, en le visualisant et/ou en le lisant, on baigne dans une panoplie des formules locutionnelles bien rythmées, rendues dans un Parler proverbial bien agencé qui ne va pas sans rappeler la beauté ou mieux la richesse des cultures et le côté caché des langues africaines en général et de la langue congolaise Luba en particulier L’auteur nous exhorte à aimer et à ennoblir notre parler qui est un don incommensurable duquel découlent des obligations et une énorme responsabilité.

Dans sa partie proverbiale et poétique, « KANTUNTU MPEYA » ne se présente du moins en apparence que comme une lecture à faire d’un trait ou comme une œuvre à auditionner ou à visualiser. Cependant, c’est cette partie poétique et proverbiale de « KANTUNTU MPEYA » qui contient la richesse et le sens profond ou mieux le côté caché de la langue luba. Cette partie devrait bien intéresser tout chercheur ou locuteur de cette vivante langue d’Afrique Sub-saharienne qui, d’après des linguistes se trouve apparentée aux langues d’Egypte antique.



KANTUNTU MPEYA est une source à laquelle femmes, hommes, jeunes, adultes, philosophes, pédagogues et autres chercheurs intérressés par les langues africaines en général et la langue luba en particulier, pourraient puiser à profusion une panoplie des thèses, d’anti-thèses et des synthèses, se forgeant un outil permanent de travail, de dialogue et de pensée dans la diversité culturelle d’une Afrique ou mieux d’une humanité à la croisée des chemins entre un passé inquiétant non maitrisé et un avenir ménaçant non assuré. Dans nos sociétés africaines, l’éducation et les conseils donnés aussi bien aux enfants qu’aux adultes étaient basés principalement sur la sagesse véhiculée à travers le parler proverbial, les contes (mianu) et les contes (nsumuinu) et autres formules locutionnelles souvent le soir avant le coucher, lors des règlements des conflits, à l’occasion des mariages, des divorces, des deuils ou lors des rencontres sous l’arbre à palabre.

Ouvrage disponible en appelant le +243 823523888 ou en envoyant un e-mail à kabcy2012@gmail.com

A ceux qui aiment nos langues, faites-vous une petite idée de Kantuntu mpeya à travers ces quelques phrases.
Kantuntu Mpeya 1 :
- Wewa kuditûta pa ciâdi, (Tu t’es tapé sur la poitrine)
Ne utulêja njila ! (que tu peux nous guider)
- Pita kûmpala, (passe devant)
utulêja njila ! (guide-nous)
- Ne : kûmpala kudi lumuma. ( tu dis : devant il y a le brouillard)
- Buêla munkaci , (entre au milieu)
utulêja njila ! (guide-nous)
- Ne : cipuîdiji cia kunshipa.(tu dis : l’étouffement peut me tuer)
- Shâla panyima, (reste derrière)
utulêja njila ! (guide-nous)
- Ne mujanyi wa kuncingisha. (tu dis : le fantôme va m’effrayer)
- Kadi ngenyi wâtulêja njila ? (mais qui va nous guider ?)

Kantuntu Mpeya 2 :
- Mêma kukupêsha biûma, (je t’ai donné de l’argent)
ne unsôngela ngoma ! (pour me tailler un tambour)
- Wewa ekudia biûma, (tu as bouffé l’argent)
ekudia ne ngoma ! (et tu as bouffé le tambour)
- Dikasa dia maja, (le pas de la danse)
dienda dijimina ! (est entrain d’être oublié)
- Baji ba maja, (les danseurs)
Bafua babutuka (meurent et disparaissent)
- Kadi ndîba kâyi (mais à quel moment)
Dituâvua kuja ? (allons-nous danser ?)


Par Roger KABEYA Tshimbundu N’kulu Ntita

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