S’adressant à Africa Intelligence, Isabelle Kibassa a déclaré qu’elle estimait que l’arrêté était « authentique« , même si elle a nié en avoir été informée. Les ambitions de plus en plus manifestes d’Isabelle Kibassa, l’épouse de l’un des frères du président Félix Tshisekedi, pour prendre les rênes de cette province minière se confirment.

Présenté sous la forme d’un arrêté signé le 8 août par Guylain Nyembo, chef de cabinet du président Tshisekedi,  annonce la nomination de madame Kibassa au poste de commissaire spécial pour le Lualaba, Masuka Saini étant relégué au rang de commissaire spécial adjoint chargé des questions politiques, juridiques et administratives, en attendant un autre arrêté. Lors de son séjour à Kolwezi en août, Jean-Claude Tshisekedi, l’époux d ‘Isabelle, a rencontré les communautés locales, qui se sont plaintes des saisies immobilières effectuées par les forces de sécurité de la RDC en vue de la construction de la « Fatshi City », un ordre donné par « la gouverneure » par intérim du Lualaba. La visite du fils aîné du défunt Tshisekedi a rassuré les populations de Kamitunga sur les intentions de Fifi Masuka Saini d’agir au nom de la famille présidentielle Tshisekedi .

Isabelle Kibassa Maliba, l’ex – députée PS provinciale du Brabant wallon en Belgique, devenue directrice générale de Best Consulting

Isabelle Kibassa Maliba est l’épouse de Jean-Claude, le grand frère de Félix Tshisekedi. Députée PS provinciale du Brabant wallon, en Belgique – pays dont elle a la nationalité – elle a donné sa démission il y a peu et se consacre à diriger le bureau Best Consulting. Or, selon Espoir Ngalukiye, expert de La Lucha – organisation civique bien connue – qui l’a déclaré devant l’Assemblée congolaise début octobre, c’est Best Consulting qui se cache derrière la société 5C Energy, créée en novembre 2019, qui a signé un contrat avec l’ARPTC et empoche 30% des recettes de la taxe RAM comme prestataire du service.La directrice général de Best Consulting, Isabelle Kibassa a nié toute implication dans le dossier RAM.

Les Masuka reculent face à la poussée du clan Tshisekedi et les Emiratis dans le Lualaba

L’actuelle gouverneure par intérim du Lualaba, Fifi Masuka Saini, se sent menacée à son poste. En cause : les ambitions de plus en plus manifestes d’Isabelle Kibassa, l’épouse de l’un des frères du président Félix Tshisekedi, pour prendre les rênes de cette province minière.

Le rôle en coulisses d’une coopérative sur le site du PE 591 suscite de nombreuses interrogations au sein du microcosme minier du Lualaba. Les creuseurs qui y opèrent affirment travailler pour le compte de la Coopérative minière pour le bien-être des exploitants artisanaux du Katanga (Comibakat). Or cette dernière est connue pour avoir appartenu à Fifi Masuka Saini, l’actuelle gouverneure par intérim du Lualaba. Elle a pris la tête de la province après une grave crise politique avec son prédécesseur, Richard Muyej. Contactée par Africa Intelligence, Fifi Masuka Saini confirme avoir fondé et dirigé la Comibakat, avant de céder ses parts à ses « enfants et cousins » dans la foulée de sa nomination comme commissaire spéciale adjointe en 2015. Précisant n’avoir plus de rôle opérationnel au sein de la structure, elle ajoute ne pas être au courant de sa présence dans la zone de Kalukundi, où « d’autres coopératives sont à l’œuvre ». « Je sais en revanche qu’elle opère sur le site de Tilwezembe« , précise-t-elle.

Le permis PE 591 attire toutes les convoitises. Particulièrement riche en cobalt et en cuivre, il abrite la mine industrielle à ciel ouvert de Kalukundi, à une quarantaine de kilomètres à l’est de la capitale provinciale, Kolwezi.Cette zone est au cœur d’un affrontement dont les intérêts se jouent de Kolwezi à Kinshasa, en passant par Paris et Abu Dhabi. Les Emirats arabes unis ont les premiers fait part de leur intérêt à Kinshasa pour l’obtention de ce permis, qui devait s’inscrire dans le cadre d’un deal minier de vaste ampleur . Le fait qu’ERG soit propriétaire du permis ne devait pas faire obstacle. Les autorités congolaises jugent qu’ERG n’a jamais sérieusement valorisé le site. C’est du moins ce que l’entreprise publique congolaise Gécamines a fait valoir fin 2022 devant le tribunal de commerce de Kolwezi, avant qu’ERG ne contre-attaque en se tournant vers la justice arbitrale à Paris.

Aime Binda avec AI