RDC: L’Hôtel des monnaies va produire les nouveaux passeports biométriques

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 C’est chose faite ! Désormais, c’est l’Hôtel des monnaies de la Banque centrale du Congo qui produira les passeports biométriques congolais. Après donc le retrait de l’entreprise belge Semlex de ce juteux marché, la production de cet imprimé de valeur revient de nouveau en RDC.

Le passeport est l’une des pièces d’identité d’un État souverain, comme la République démocratique du Congo. Mais à Kinshasa, le passeport congolais est reconnu comme le plus cher du continent, voire du monde. Suite à la sous-traitance, ce précieux document était devenu coûteux, non seulement en termes financier, mais aussi en temps.

Tel un trophée, l’acquisition de cette pièce d’identité crée, chaque jour, un attroupement monstre au ministère des Affaires étrangères. Et depuis le régime Kabila, le marché des passeports a toujours été le nerf de la guerre entre la Banque centrale du Congo, le ministère des Affaires étrangères et la famille qui était au pouvoir. C’est pour cette raison que le prix d’un passeport coûte les yeux de la tête et payable rubis sur l’ongle. Aussi le marché d’impression est-il attribué aux imprimeurs étrangers, soit au Français Charles Oberthur, soit au Belge Semlex.

Aujourd’hui, la RDC assurera elle-même l’impression du passeport congolais, dont le marché est revenu à l’Hôtel des monnaies de la Banque centrale du Congo.

Pour produire cet imprimé de valeur, l’Hôtel des monnaies estime que la situation est encore assez délicate. Néanmoins, son cahier des charges techniques et financières serait transmis au ministère des Affaires étrangères et à celui du Budget.

C’est depuis 1990 que l’Hôtel des monnaies produit les derniers passeports congolais, sans sous-traitance quelconque. Il avait déjà prouvé sa capacité de produire le passeport biométrique et on lui avait juste arraché le marché pour le donner aux entreprises étrangères afin de rendre opaque la gestion.

Capable d’imprimer bulletins de vote

Aujourd’hui que l’État congolais décide de lui confier à nouveau le même marché, l’Hôtel des monnaies promet de travailler de sorte qu’il n’y ait pas de rupture de stocks et la pièce sera vendue à un prix beaucoup plus raisonnable par rapport au passeport produit par les firmes étrangères.

On rappelle que c’est depuis 1987 que la Banque centrale du Congo (BCC) est dotée d’une structure spécialisée dénommée « Hôtel des monnaies », à caractère industriel et commercial. Il est investi d’une double vocation qu’elle a pu développer, en plus ou moins 30 ans de son existence, en deux secteurs dans les domaines d’imprimerie des billets de banque et des documents de sécurité.

Son intense activité vise la promotion de l’utilisation des documents protégés contre la falsification et la contrefaçon dans les institutions administratives, financières et commerciales. Il s’en est suivi d’un partenariat renforcé avec de nombreuses institutions répertoriées tant dans le secteur public que privé.

De cette expérience, de nombreux documents de valeur utilisés par les services de l’État sous la marque de fabrique « HDM » ou « HDM-RDC » ne sont plus à démontrer.

Lors du référendum constitutionnel des 18 et 19 décembre 2005 qui a donné naissance à l’actuelle Constitution de la République démocratique du Congo, l’Hôtel des monnaies de la Banque centrale du Congo, avait imprimé les bulletins utilisés pour ce vote et l’opération était bien passée, à la satisfaction de tous les Congolais.


Kinienzi Augustin/Lepotentiel

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