Outre les difficultés financières, c’est une réforme qui nécessite la révision constitutionnelle et la modification de la loi électorale, sans compter l’exigence de Lamuka, qui tient aux discussions politiques!

Le débat sur un éventuel retour des élections présidentielles à deux tours est de plus en plus soulevé dans de différents états-majors des partis politiques de la majorité au pouvoir et de l’opposition politique en RD Congo. Il se pose cependant un risque de voir ces présidentielles à deux tours retarder le rendez-vous électoral de 2023.

Outre les difficultés financières dont fait face actuellement l’Etat congolais, le retour aux présidentielles à deux tours nécessite la révision constitutionnelle et la modification de la loi électorale, sans compter l’exigence de la plateforme politique de l’opposition Lamuka qui ne cesse d’exiger la tenue des discussions politiques notamment sur les prochaines élections.
Face à ces problèmes soulevés, le timing imparti de 24 mois ne va pas tenir.

Le temps pour la CENI (Commission électorale nationale indépendante), par le biais du ministère de l’Intérieur, proposer le projet de loi électorale et être examiné et adopté au niveau du Parlement, avant sa promulgation par le Président de la République. Une situation qui risque d’être compliquée davantage, si on jamais acceptait de s’engager dans des discussions politiques comme l’exige Lamuka, qui va profiter pour insérer d’autres points pendant la rencontre.

Pour l’heure, il est difficile de lever l’option pour les présidentielles à deux tours en 2023. Surtout que le pays a plusieurs défis à relever d’organiser le recensement général, qui va être lancé d’ici le mois de février, dans lequel “le fichier électoral va être extirpé” pour ces élections de 2023, et autres opérations à réaliser. C’est pour quoi, il n’est pas exclu que la réforme sur le retour aux présidentielles à deux tours, selon certains observateurs avertis, puisse être renvoyée aux échéances de 2028.

Divergence entre la majorité et l’opposition

Si une partie de majorité et de l’opposition politique sont d’accord sur le retour des présidentielles à deux tours, la divergence se pose sur la structure qui doit mener cette réforme. Pour un ténor de Lamuka se confiant à une radio émettant à partir de Kinshasa, le retour aux présidentielles à deux tours est une réforme importante, mais doit être amorcée dans le cadre général des réformes électorales que cette coalition a toujours exigé. “Elle ne doit pas être une proposition venant d’un individu”, a-t-il martelé.

Du côté de la majorité, un cadre du MLC a soutenu, par le même canal, qu’outre le retour aux présidentielles à deux tours constitue une voie salvatrice en donnant aux Congolais de pouvoir élire sans contestation, et celui qui sera le mieux voté à ces élections va aussi tondre le cou à la problématique des contestations postélectorales, et va également renforcer la légitimité du Président qui sera élu.

Ce cadre du MLC a cependant souligné que “le pouvoir du Parlement est une compétence non transférable par principe”. Il a insisté que s’il y a modification constitutionnelle, elle doit se faire à l’intérieur du Parlement.
En prenant en compte ces deux points de vue, le problème n’est pas si facile à trancher. Surtout que certains acteurs politiques misent seulement sur leurs propres intérêts.

CNTV

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