Bonjour, nous sommes le 23/08/2019 et il est 07 h 05.

III.3. Notions générales sur les masques pende

       

Les masques dans la communauté Pende ont une importance        capitale,    car    ils     servent     comme     moyen      de communication. On recourt aux masques pour transmettre un message ou pour éduquer la masse.

Il existe deux types de masques, à savoir : le masque Mbuya et le masque minganji.

Les Mbuya n’apparaissent que pour la danse ayant pour

but d’apporter la joie à la population.

 

Les masques Minganji sont destinés à éduquer la masse ou

punir ceux qui transgressent la loi ou encore pour annoncer le décès du chef, d’un initiateur.

 

Tous les deux types de masques son l’expression

symbolique de la vie au sein de la société Pende car ils représentent le visage des personnes ayant marquées l’histoire de la communauté.

Les masques Pende incarnent certaines personnalités 

marquantes : le chef, le notable, le colonisateur, etc. Pour montrer comment était un chef remarquable, le masque apparaît habillé comme un chef, avec une chasse mouche, l’on choisit un homme imposant pour jouer ce rôle.

 

Les Pende conservent l’histoire d’une personne en sculptant un masque à l’image de celle-ci. Tous ces masques incarnent une habitude pour montrer aux générations à venir l’histoire du village.

III.3.1. Constitution des masques

 

Le masque est constitué de deux parties :

La tête formant un masque sculpté en bois et une combinaison tricotée avec les fibres de raphia.

 

 

 

A. Les moyens  ou instruments de communication Pende accompagnant l’usage des masques.

 

Les africains exploitent les ressources naturelles, de la

faune ou de la flore, pour fabriquer leurs instruments de musique, et par conséquent de communication. Ainsi peut-on rencontrer des instruments à base de tronc d’arbre, de branche, de graine, de corne d’animaux, etc.

 

Dans la tradition Pende, il existe encore de nos jours des instruments servant de support à la transmission des messages. Parmi ces instruments, nous citerons les plus connus et les plus utilisées qui s’accompagnent du port des masques : le mondo « grand gong », le mukhokho « le petit gong », ngoma « tam-tam, le « mwangala et le giphranana ».

 

1.  Le grand gong « mondo ».

 

Le Mondo est un grand tronc d’arbre séché troué au milieu. Cet instrument est utilisé jusqu’à nos jours à l’occasion des événements de très haute importance, à savoir : prévenir un danger, annoncer le décès du chef, son déplacement, son arrivée, son investiture, sa réunion avec les notables. Tous ces événements sont annoncés à l’aide du Mondo. 

 

Le Mondo est aussi utilisé pour prévenir les villageois et le

village voisin qu’on brûlera la brousse afin d’éviter tout accident. 

 

 

2.  Le petit gong « mukhokho »

 

On joue le Mukhokho pour annoncer les événements de réjouissance tel « le Ulumbu » (danse). Cet instrument est également utilisé pour mobiliser la population. C’est le texte et le rythme du petit gong qui déterminera le genre de manifestation.

 

3.  Le tam-tam « ngoma »

Le son du tam-tam a plusieurs significations : annoncer la danse dit Mungonge ou du Mukanda, annoncer qu’il aura initiation des filles « Giwila » pendant la nuit, aider à retrouver un habitant égaré dans la forêt.

 

4.  Le Mwangala et le giphanana

 

Ce sont des instruments en forme de corne perforée, ces instruments sont joués rien que pour les événements concernant le « ufumu » (le pouvoir). Le pouvoir est constitué de deux statuettes sculptées en terre cuite. Quand ces instruments résonnent, c’est pour annoncer le déplacement du pouvoir d’un lieu à un autre. Cela ne se fait que le soir, car nulle n’est censée vivre cet instant, celle qui voit cela est châtiée.

 

Quand souffle le grand vent, l’on ne peut pas ouvrir la porte de la hutte où est gardée le « Ufumu », car il entraînera des conséquences graves. Ces instruments sont joués par l’esclave de la reine « Mwata Mwadi ».

 

B. Les occasions ou cadre d’usage des masques dans la tribu Pende

 

Tous les événements heureux ou malheureux sont pour les Pende une occasion de déploiement des masques comme instrument de la communication. Il s’agit notamment de : mariage, les cérémonies funéraires, l’investiture du chef, la naissance des jumeaux, etc. Ces circonstances  commandent l’effectuation des actes de communication formelle à travers des masques.  

 

 

C. Les cérémonies traditionnelles dans lesquelles on exploite le masque

Les circonstances pouvant initier la communication à travers les masques chez le peuple Pende sont nombreuses. Cependant, pour des raisons de commodité, nous allons nous limiter à quelques  événements jugés important par la communauté Pende et pouvant être honorés soit par une danse, soit par un chant, la palabre, le deuil, le mariage, la naissance des jumeaux, la

circoncision, l’investiture d’un chef coutumier…

 

C.1. La Palabre « milonga »

 

La palabre Pende est conçue comme un échange des propos, opinions, un tribunal où les juges sont les notables. Cette assemblée coutumière a pour but de trancher des sujets concernant la communauté. Cela peut être de nature conflictuelle entre deux parties. Cette réunion peut également débattre de la succession cheffale.

 

C.2. L’initiation

 

La tradition Pende exige que tous les jeunes garçons et

filles puissent passer par l’initiation. Cette dernière est une école qui les prépare à la vie adulte. Le recours au masque s’impose.

 

L’initiation se déroule en 3 phases pour les garçons qui

sont :

      Le Mukanda : initiation à la circoncision ;

      Le Mungonge : Initiation à la société secrète Pende ;

      Le kela : Initiation à la sagesse.

 

C.2.1. Initiation à la circoncision « Mukanda »

 

Le Mukanda est la première phase des différentes

initiations Pende. La circoncision quant à elle est la première étape du Mukanda. Cette circoncision est d’une grande importance. C’est pourquoi cet acte est agrémenté de cérémonie et de danse rituelle impliquant une forte communication.

 

Le premier acte de communication chez les pende a lieu au moment de l’annonce du jour de l’initiation. L’initiation s’effectue pendant la saison sèche, en pleine brousse sur une vaste étendue prévue pour le Mukanda qu’on nomme « Mukubu ».  

 

Le deuxième acte de communication a lieu quand les candidats à l’initiation qu’on appelle « Tundanda » se rendent en brousse sous le rythme du mukhokho (le petit gong). Pendant des mois, les enfants d’une même génération sont tenus à deux semaines. Après que les blessures de la circoncision soient cicatrisées, les circoncis sont soumis à une deuxième étape qui est la causerie avec les formateurs. Pendant ce temps les initiateurs font aux jeunes des révélations concernant les masques. Ils apprennent également à travers cela le savoir vivre en société ainsi que d’autres vertus : la bravoure, l’obéissance aux aînés, la soumission aux chefs, le respect des ancêtres, le sens de responsabilité, le langage secret des initiés, les invocations, les prières, les différentes techniques pour la construction des cases, pour la pêche et la chasse à l’arc, au fusil, à poudre ; enfin les techniques pour le tissage de pagne en raphia.

 

Les candidats à l’initiation reçoivent aussi la visite des

masques. Aux termes de l’initiation, l’échassier sort en premier lieu de la brousse, suivit des initiateurs et des circoncis qu’on dénomme maintenant « Mukwa Mukanda » ou initiés. Ils sont revêtus d’un pagne de raphia. Toutefois, s’il est arrivé un malheur pendant qu’ils étaient en brousse, un des initiateurs va annoncer la nouvelle pendant que les autres dansent. Il le fait de manière symbolique.

 

Il prendra une calebasse remplie d’eau et la brisera devant

la case de la mère dont le fils est mort.

 

 

C.2.2. Initiation des filles « le giwila »

 

La jeune fille Pende est aussi appelée à subir une initiation, la préparant à la vie de future épouse et de future mère.  Contrairement au Mukanda qui se déroule en brousse pendant un long temps, le Giwila se fait au village et en une seule nuit. Cette tâche d’éduquer ou de préparer la jeune fille est assumée par les grands-mères et femmes initiées.[1]    

 

Pendant cette nuit résonnera le son du tam-tam et du Mukhokho joués par les femmes.

 

A cette célébration, les actes de communication ont lieu au moment de l’annonce de l’événement et au moment de la causerie entre les femmes initiatrices et les jeunes filles. A cet instant, on apprend à la jeune fille comment tenir un foyer et on l’initie aux travaux champêtres.

 

C.3. Les Célébrations funéraires  

 

Dans la société Pende, le deuil est un événement rituel qui

tient compte du rang et de l’âge du défunt.

Les cérémonies funéraires se déroulent de la manière

suivante :

Ø  L’agonie suivie de la mort ;

Ø  La conduite des affligés et les pleurs en veillée ;

Ø  L’enterrement ; Ø La danse « Ulumbu » Ø Les repas funéraires.

 

 

Partant de ce protocole, les actes de communication qui engagé sont d’une grande importance. La toute première communication relative au deuil se manifeste par des cris « Milolo » scandés par le garde malade quand le mourant rend son dernier soupir. Après ces cris, les femmes se mettent à pleurer, le village accourt et le deuil commence.[2]  

 

 

Dans tous les cas, en dépit de ces cris, le chef du village du défunt doit être officiellement tenu au courant. La famille éprouvée enverra soit une délégation,  soit un messager d’en informer. Le deuxième acte de communication a lieu lors de l’exposition du corps du défunt. Les gens se réunissent en groupe pour débattre sur les causes de la mort et de l’organisation du deuil. Les femmes pleureuses se mettent autour du cadavre tandis que les hommes s’arrangent pour chanter ou danser jusqu’au petit matin.

 

Les pleurs « Madilo » sont une expression consacrée et un langage de communication. Avant la levée du corps, l’on observe le silence dans l’assistance. Seul le chef du clan « Lemba » éprouvé prendra la parole soit pour dire en quelque mot les circonstances dans lesquelles la personne est décédée, soit pour expliquer les efforts consentis pour la sauver. Enfin, il décrète le deuil. C’est aussi un acte de communication.

 

Après l’enterrement, la communication se réalise sous forme de la danse. Cette danse est organisée pour remonter le moral des affligés, les aider à adoucir la tristesse.

 

Disons par ailleurs que, les cérémonies funéraires à la mort du Chef sont complexes. Elles sont surtout secrètes et échappent à l’observation du commun des mortels.[3]  

 

Quand le Chef est gravement malade, sa cour s’arrange pour que sa mort intervienne dans les normes fixées par la coutume.

La tradition Pende veut que le Chef ne puisse pas mourir de maladie. Ainsi lorsque l’état sanitaire du Chef se dégrade, les notables sont informés pour venir constater l’agonie du Chef. Un descendant du clan cheffal est choisi, pour tordre le cou du Chef.

Aussitôt après ce geste les notables se regroupent pour annoncer au village le décès du Chef. Toutefois, l’on prend soin préalablement d’évacuer toutes les bêtes domestiques, à cacher les biens avant que les villageois soient tous informés. Car lorsque le décès du Chef est annoncé à l’aide du « Mondo », les masques font leur apparition et se mettent à dérober tout ce qu’ils trouvent au travers de leur chemin et à frapper les gens qu’ils rencontrent.

 

Il règne ainsi un désordre total dans le village, ce qui

pousse les habitant à s’enfermer chez eux. Le village est tenu par le Minganji. C’est un jour de jouissance pour eux car ils accueillent un nouveau venu dans leur monde. 

 

Le cadavre du chef est gardé dans sa hutte. Les villageois

ne sont pas tous autorisées à voir le cadavre du chef.

Lors de l’enterrement, dans la foret, il se passe des faits peu ordinaire. Les masques dansent, dans des tenues indécentes. Pendant ce temps, le Mondo ne cesse de jouer. Toujours dans la forêt, il y a aussi les candidats décédés lors des différentes épreuves d’initiations « Vumbi Jia Mukanda » qui à leur tour pleurent le Chef. La communication à cet instant s’exprime par les pleurs et la danse masquée.

Après le deuil, le notable le plus âge du clan prend la

parole pour remercier les habitants des villages environnants.

La nourriture est ensuite servie aux notables de différents

villages.

 

 

C.4. Le Mariage « makwela »

 

Pour le Mupende, le mariage est la base de la famille, le fondement, la cellule mère de la société humaine[4]. Le mariage dans la coutume Pende a pour but la procréation.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la tradition, la première personne à qui la jeune élue annonce la nouvelle du mariage est sa mère. Cette dernière informe ensuite à son époux qui communiquera alors les faits au Chef du clan. Après l’annonce sera organisée une palabre dans les familles, afin d’examiner la notoriété de la famille du garçon.

 

Une fois que, tous ces préalables réunis, les deux familles se rencontrent. Pour tout dire, le mariage chez le Pende est générateur d’un processus de communication très ritualisé, qui nécessite l’intervention des personnes initiées à la prise de parole.

 

Voici comment se déroule la cérémonie de rencontre des deux familles. Avant de commencer, les deux familles se saluent « a netu wa banda » (Bonjour nos frères). C’est ensuite l’oncle maternel qui prend la parole pour s’enquérir de l’objet de la visite de ses hôtes. L’objet de la visite sera exposé par une personne influente de la famillle du garçon. Celui-ci répondra « tuza haa mu lupangu yenu mukund nu guta lumone ». Ou encore « kombo yetu ya muluma ya ha moni kombo ya mukaji mulopango lulu tuaza ha gijiya kombo yene ya mukaji » (Si nous sommes ici, c’est par ce que notre bouc a vu votre chèvre. C’est pourquoi nous voulons la voir). Une fois annoncé l’objet de la visite, le débat est ouvert. Il portera en premier lieu sur la présentation des deux familles respectives. Cette conversation se fait avec des tournures rhétoriques requises. C’est pourquoi, il faut choisir une personne a rompu de l’éloquence et capable de convaincre.

 

Arrive ensuite le moment des échanges des biens et cadeaux. La remise de la dot elle-même est occasion d’un processus de communication, particulier avec des paroles pertinentes qui indiquent que ce présent est un signe d’alliance, de confiance et de reconnaissance mutuelle.

 

 

 

 

 

C.5. L’investiture du roi

 

L’investiture du roi constitue une occasion et un moment d’accomplissement d’une multiplicité d’acte de communication dans le village Pende. Hormis l’éventualité du décès, le chef peut être destitué à la suite de certains délits : la trahison, l’adultère, le vol, la transgression de la coutume, la malhonnête, l’ivresse publique, l’oppression des sujets, le mensonge, l’incompétence, la bagarre publique, la gourmandise ou la sorcellerie.

 

L’accession au pouvoir chez les Pende se fait selon deux

modes. Elle peut être soit héréditaires, soit par intronisation.

Lorsque le pouvoir se transmet par hérédité, l’intronisation se fait sans beaucoup de cérémonie. Il suffit de présenter le nouveau chef aux villageois. En revanche, quand le chef est choisi par les nobles, l’intronisation est un événement à grandes pompes.

Les nobles sont les maitres de cérémonie, qui élèvent le remplaçant du chef dans le clan de ce dernier. Le chef doit être un homme généreux, courageux, imposant, sage et intelligent.

 

Une fois que le candidat est choisi, on le pare du Ngola (Argile rouge) et on lui fait porter un pagne tissé en raphia. Il sera alors soumis à une initiation à la vie cheffale pendant une semaine. Il reste dans une case « Kila » (fumu udi kila) avec un formateur. Là-dedans se passe un processus particulier de communication où l’on apprend à l’élu à exercer comme chef.

 

Pendant cette période, personne ne peut le voir et lorsqu’il lui arrive de sortir quelque peu pour des besoins d’aisance, il se couvre de la tête au pied. Il ne se lave pas pendant cette période d’initiation. Tant que le Chef n’est pas encore sorti du maquis, personne ne peut vaquer normalement à ses occupations.

 

Aux termes de cette initiation, le chef prend une douche. Au milieu de la matinée, on le présente à la population, bien habillé, tenant à la main un couteau à double tranchant « Pago ya Kusa » avec derrière lui son formateur.

Ce jour-là il abandonne son ancien nom pour prendre celui d’un ancien chef coutumier de son village. Le chef sort de sa case à pas de danse. A l’occasion, le Mondo et tam-tam seront joués par un vieux notable.

 

Le grand gong résonne très fort aux accents de fête. C’est le chef lui-même qui donne son nom et celui de sa femme à la population. Il va s’asseoir, puis les réjouissances populaires commencent. La danse masquée et populaire interviennent pour agrémenter la fête.

 

La femme que le chef reçoit lors de son investiture s’appelle « mwata » appartenant à une famille d’esclave, elle sera elle-même accompagnée d’une esclave.

 

C.6. La naissance des jumeaux

 

Les enfants jumeaux dans la société Pende sont des personnes de statut spécial. C’est ainsi qu’on leur prête le pouvoir de maudire, de guérir et de bénir.[5]

 

Par conséquent, à leur naissance plusieurs cérémonies sont organisées notamment la danse masquée accompagnée de chansons. Dans la société traditionnelle Pende, les enfants jumeaux ont un nom préétablis pour les garçons : Ngungu et Shimuna et pour les filles Kake et Ganene, garçon et fille Shimune et Kake ou Ngungu et ganene.

 

 

La naissance des enfants jumeaux est annoncée par les sages femmes au moyen d’une sonnette « ndau ». Ces femmes sortent du lieu de naissance habillée en costume traditionnel. Elles chantent proférant des insultes et insanités à l’égard des hommes.

Cela ne gène  cependant personne.  

             

    Comme on le voit, toutes ces cérémonies convoquent l’usage du masque. Nous présentons dans les lignes qui suivent quelques masques convoqués dans les cérémonies traditionnelles Pende.

 

III.4. Les Masques exploités dans les cérémonies traditionnelles Pende

 

a.   Masque Giphogo / Kipoko

 

Connu seulement dans le Kasaï, le Giphogo est un masque heaume représentant le chef couvrant les épaules du masque. Il a une large bande horizontale année de dessins géométriques ; le nez est proéminent et formé un angle droit avec le visage, il tient un éventail dans chaque main et une peau de singe est attachée au sommet de la coiffure. Il fait partie du trésor du chef (Kifumue) son absence entrainait le malheur. Il intervient pour assurer la fertilité du sol et des femmes (nourritures, santé, naissance). Mais aussi pour conjurer les maladies et inaugurer le palais du chef ; il est le symbole du chef nourricier de son peuple. 

 

b.  Phumbu A Ufumu

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Chez les pende lorsqu’on crée un masque ce qui compte avant tout c’est la chanson qui l’accompagne. Le masque sort à l’inauguration des poteaux (mahamba) à l’honneur des ancêtres. Il est également utilisé lors des funérailles du chef ainsi que pour la guérison de certaines maladies. 

Ce masque qui symbolise le pouvoir et la légitimité du chef

est porté seulement par le notable ou le neveu du chef.

 

 

 

c.   Masque Mbangu

 

Ce masque Mbangu, l’ensorcelé, est probablement l’œuvre le plus célèbre de l’art Pende, conservée au Musée de Tervuren. Il fait contraster la déformation faciale sur la forme, sur la couleur. Une partie est noire : stigmates d’une crise d’épilepsie au cours de laquelle la personne serait tombée dans le feu ? Le danseur portait de plus une bosse dans le dos transpercée par une flèche. Ce masque intervient lors de la circoncision.

Masque Pota 

Au visage féminin et au-delà de la sérénité, le masque Pota accuse les marques  de fatigue. C’est celui d’une mère qui n’a eu ses enfants que tardivement. Sa beauté semble passée, le sculpteur a voulu lui rendre hommage. Le masque dégage sagesse et bienveillance. Il apparaît également lors de la cérémonie officielle des circoncis. Il idéalise ou évoque la sagesse et la bienveillance.

 

d.  Masque Ngobo

Proche du masque POTA et pourtant si différent de par la coiffure, la bouche entrouverte avec une petite moue, moins de rides et de scarifications on retrouve cependant le front proéminent, les arcades sourcilières en forme de W et les yeux mi-clos. Il s’agit du masque de la prostituée. Il dansait lors des rites d’orientations.

 

e.Masque Gabuku

 

Ce masque est un masque féminin[6] porté comme tous les masques par un homme. Elle représenterait la coquette du village. Les rites de circoncision et d’initiation chez les Pende constituent la Mukanda. Celle-ci n’est organisée que tous les 12 à 15 ans. C’est à cette occasion que les masques apparaissent.

 

f.Masque Kambanda ou Galahunge 

 

Ce masque idéalise la plus belle femme du village ou encore la femme coquette, celle qui sait prendre soin des siens (son mari, ses enfants) ; celle qui a également un bon caractère. Ce masque Kambanda apparaît lors de la sortie officielle des initiés

 

 

g.Masque Munyangi

 

Le Masques des Pende orientaux incarnent les forces héréditaires et servent d’intermédiaires avec le Monde des esprits. C’est le cas du MUNYANGI qui représente le Toucan (oiseau) ; c’est le message des ancêtres. Il intervient lors des rites de passage de la vie d’enfance à la vie adulte. Notons que tous ces masques qui apparaissent lors de ces rites ont pour but d’éduquer par la danse les plus jeunes tout en leur montrant comment se tenir dans la société.

Quand munyangi débouche en courant sur l’aire de danse, bondissant immédiatement vers les joueurs de tambour, le spectateur comprend immédiatement que ce masque dispose d’une plus grande liberté que le précédent. Il peut sauter, courir se tortiller et tourner.

Contrairement aux majestueux masques Kipoko qui

effectue la plus grande partie de sa prestation dansée en restant sur place, Munyangi est célébré pour les sauts sur place.

 

Munyangi est aussi célébré pour les sauts et les bonds. Comme le dit un danseur, il saute comme s’il essayait de voler. Si munyangi fait preuve d’une telle souplesse dans les mouvements, c’est parce qu’il porte son masque d’une tout autre façon. C’est-àdire sur coiffe de plumes imitant la huppe prétentieuse du touraco géant connu par nombre d’européens sous le nom de bulikoko ou faisan bleu.

 

Les Pende orientaux appellent la huppe de cet oiseau Kinsunga, terme qui, de manière métonymique, désigne l’entièreté du masque dans la région septentrionale de Nzumba.

 

h.Masque heaume hunga

 

Originaire des pende occidentaux ou Suku, Kandele, Bandundu méridional. Ce masque est récolté par J. Verbist avant 1932 et inscrit au musée en 1948.

Les masques heaume de ce type se retrouvent aussi bien chez les Pende que chez les Suku et les Yaka. Chez les Suku méridionaux et les Yaka de Panzi, il peut porter divers noms : ngulu, mayemba, knagondi, yembe, tsumbu, mina et kelesi.

 

Le terme le plus souvent utilisé par les Suku du Nord comme du Sud est cependant hemba. Lié au rituel de la circoncision, ce masque munit charmes de protection. Il apparaît durant la réclusion des novices Suku au moment où d’autres charmes importants leur sont montrés. Notons que chez les Pende de la rive gauche du Kwilu, ce type de masque porte le nom de Mayombo ou Kinungu, celui que revêt ce masque est le chef de bande.

 

i.Masque Giwoyo

 

Ce masque au visage et à longue barbe est le symbole de l’autorité et de la sagesse des anciens. Son apparition est liée à la chasse, aux cérémonies d’initiation à la circoncision

  



[1] Revue Noir sur Blanc n°3, février 1990, p.81

[2] Cyrille MUBIMBA A. SHIMBA, Les Phendes tels que je les ai connu, presses Universitaires du Congo, 1988,89 pp33-34-37 

[3] Cyrille MUBIMBA op.cit, p.37

[4] Cyrille Mubimba, op.cit., p.26

[5] Cyrille MUBIMBA, op.cit., p.23

[6] National Museum of Africa Art, Smithsonian institution. 

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