« DEGRADATION DES
FORETS CAUSE DE LA PAUVRETE PAYSANNE DANS LE TERRITOIRE DE MWEKA :
GROUPEMENT DES BANSUEBA. »
ETIENNE
MAKASHI PONGO
Assistant / ISDR-MISUMBA
ARTICLE
DE PUBLICATION
RESUME
La forêt regorge essentiellement des valeurs nutritives, récréatives, combustibles, etc. Mais sa dégradation est une cause principale de la pauvreté paysanne, dans la mesure où bon nombre des paysans en tirent leurs ressources pour leur survie, ce qui constitue pour eux une réserve riche en agriculture et autres activités connexes.
Le Groupement de Bansueba vit de l’agriculture traditionnelle sur brulis et jachère qui convient aux zones, aux forêts denses dont le rythme de repousse est rapide.
D’où, nous recommandons à la population Bansueba en particulier et en général celle du Kasaï Occidental démembré de pratiquer la rotation technique permettant de ne pas exploiter unilatéralement les différents horizons du sol ainsi que ceux des feux précoces au carly firing consistant à bruler à contrevent, au début à la saison des pluies ou la fin de celle-ci. En fin d’après-midi ceci leur permettra d’éviter l’exploitation abusive de nos forêts et d’économiser celle-ci.
Mots clés :
déforestation, Mweka/Bansueba, forêt, jachère, végétation, reboisement.
INTRODUCTION
La dégradation des forets prend aujourd’hui une dimension inquiétante, et cela à une grave incidence sur le modus vivendi de la population, car des ressources nécessaires pour la survie, qui desservent l’économie du monde rural, sont quasi épuisées à cause de l’exploitation incontrôlée des forêts, facteur majeur causant la pauvreté paysanne. Il est anormal de constater aujourd’hui que des millions des petits agriculteurs des régions tropicales pratiquent une agriculture pluviale dépendante de facteurs environnementaux et autres (Reijntjes, C., et al. 1995 : 9). Or la forêt contribue à la lutte contre les effets déserts et la régénération de l’oxygène (Naku, 1987).
En plus, elle constitue la source des produits ligneux et non ligneux nécessaires à la population rurale (MAMBA, 2015).
Aussi, les forêts contribuent-elles à la régulation des régions hydriques par le phénomène d’évapotranspiration (LUMPUNGU, K, 1985).
Le phénomène tel que vécu en région tropicale de la RD Congo en général est constaté avec acuité dans le territoire de Mweka et plus particulièrement dans le groupement des Bansueba, raison pour laquelle nos enquêtes qui ont été menées pour chercher les voies et moyens en fin d’y remédier de façon à contribuer tant soit peu au bienêtre de ce cher groupement en étude.
Ce constat de tirer suffisamment des nourritures de la terre, a toujours été guidé par une logique simple et évidente : cultiver le maximum des terrains, intensifier le travail, raffiner les techniques et les réserves des nourritures augmenteront proportionnellement (ECKHOLM, 1977 : 21).
Toutefois, cette logique, est celle de l’homme, pas celle de la nature, et aujourd’hui, beaucoup d’auteurs nous révèlent de plus en plus fréquemment une histoire différente et beaucoup plus complexe. Des millions d’individus de par le monde doivent se rendre à l’évidence que le surcroit d’exploitation ne provoque pas obligatoirement un surcroit de nourriture ; c’est même parfois tout le contraire. (ECKHOLM, 1977 : 28).
Ainsi donc, l’évolution accélérée des conditions économiques, technologiques et démographiques, exigeant une adaptation encore plus rapide des systèmes de production des petites exploitations. Les nouveaux débouchés, les contraintes financières et économiques peuvent conduire ou contraindre les paysans (agriculteurs) à rechercher des profits à court termes au détriment d’un équilibre entre leur activité agricole et leurs environnements (Réijntjes, C. et al. 1995 : 9).
C’est le cas de la pratique de l’incinération des champs forestiers, technique utilisée par les paysans de notre milieu d’étude. Or celle-ci détruit l’humus, abaisse la nappe phréatique et est cause de changement climatique (Naku, 1986 :48) ainsi que la destruction de la flore microbienne favorisant les érosions pluviales et éoliennes épanouissent rapidement le sol. (Gilain. J, 1953 :38).
Cependant, cette pratique est reconnue favorable aux cultures annuelles dont les besoins en minéraux notamment NPK contenus dans les cendres sont indispensables pour leurs croissances, développement et capacité productive (Lumpungu, K, 1986 :38).
Les principales victimes de ce désastre sont bien sûr les pauvres qui, dans leur recherche des nourritures et combustibles sont souvent forcés par les circonstances comme par les institutions qui les contrôlent à devenir les agents de leur propre perte. Quoi que dans l’esprit des gens, la pauvreté soit souvent associée à un environnement naturel et que la richesse soit, elle, reliée à la surexploitation, on peut affirmer que les pauvres dégradent plus sérieusement leur environnement que les riches.
L’intérêt et le but de ce sujet ont été motivés par le fait de la déforestation abusive de nos forêts sans songer aux générations futures.
L’espérance de vie, devenue fragile à Bansueba, avec une période de friche de plus en plus courte, a conduit à considérer ce peuple comme mangeur des forêts.
D’où notre problématique s’articule autour des questions ci-dessous :
- Le boom démographique peut-il causer la déforestation de nos milieux ruraux tels que celui de Bansueba de suite de l’exploitation abusive des produits ligneux ainsi que l’agriculture traditionnelle sur brulis ?
- Le Groupement de Bansueba pratique-t-il le reboisement ?
- Quelle tranche d’âge pratique l’agriculture, le sciage et la fabrication des braises ?
- Quel type de végétation y rencontre-t-on actuellement ?
Eu égard à cette problématique, nous osons affirmer que :
- Le boom démographique serait la principale cause déforestation car la vie paysanne dépend de l’agriculture traditionnelle et le Groupement de Bansueba ignorant-il la pratique de reboisement ou d’agroforesterie ?
- Toutes les tranches d’âges pratiqueraient-elles l’agriculture traditionnelle de subsistance, le surplus étant vendu pour les besoins sociaux ?
- Les forêts se seraient-elles transformées en savanes ou galeries forestières ?
Au fur et à mesure que la population augmentait, le cycle de culture sur brulis a dû être intensifié, provenant des périodes de friche plus courte et donc un rendement en diminution (MARVIN HARRIS, cité par MAKASHI PONGO E. 2019 : 5)
Cette étude vise comme objectif global de lutter contre l’exploitation abusive des forêts en vue de l’utilisation optimale dans la perspective des objectifs du développement durable (ODD). Voici en outre les facteurs et stratégies de l’éradication de la pauvreté :
Þ décrire l’état initial des forêts par rapport à l’état jugé anormal ;
Þ faire l’état de lieux des forêts à Bansueba ;
Þ évaluer le niveau de dommages causés sur les ressources forestières par des usagers (paysans et autres) ;
Þ identifier des causes de dégradation (directes, indirectes et structurelles) des forêts dans le groupement des Bansueba ;
Þ analyser le contexte de la pauvreté paysanne et des enjeux y afférents ;
Þ proposer des remèdes visant à réduire l’impact de la dégradation des forêts sur la vie socio-économique du groupement des Bansueba ; en vue de la réduction de la pauvreté paysanne sous toutes ses formes.
I. MILIEU D’ETUDE, MATERIEL ET METHODES.
1. MILIEU D’ETUDE
Notre étude a été menée dans la province du Kasaï Occidental démembré, Dans le Territoire de MWEKA, dans le Groupement / Chefferie des Bansueba s’étendant sur une superficie de 33Km² avec une population d’environ 30 000 habitants (Anonyme, 2015).
Notre milieu expérimental est caractérisé par le climat AW3 selon Köppen (social, E, 2003 : 17), les savanes y sont herbeuses à prédominance d’Andropogon ssp (Goffaux, 1991 : 242) et au sol sablo-argileux (Anonyme2, 1974 : 74)
La province du Kasaï Central est située entre 20°-31’ et 23° et 45’ longitude Est et les parallèles 2°15’ et 7° 58’ latitude sud, l’altitude étant 609m (www.memoireonline2018 16h20’)
2. MATERIEL
Pour notre étude, nous avons ciblé quelques paysans au hasard dans le groupement de Bansueba, dans le Territoire de MWEKA auxquels nous avons soumis à un questionnaire d’enquête.
A cet effet, nous avons conçu une fiche d’enquête comprenant les paramètres à tester. Ainsi, nous avons consulté des ouvrages et l’internet pour constituer l’approche théorique et appuyer nos résultats.
3. METHODES
3.1. Récolte des données
Pour la récolte des données relatives à cette étude, nous avons utilisé un questionnaire d’enquête et les renseignements ci-après ont été récoltés auprès des paysans de Bansueba :
Þ Anonyme1 : rapport annuel de la province du Kasaï Occidental 2014 ;
Þ Anonyme2 : Memento d’agronomie, menistue la coopération Paris 1914 ;
Þ Le sexe et l’âge ;
Þ L’état matrimonial ;
Þ Taille de ménages ;
Þ Profession des enquêtés ;
Þ Etat actuel de végétation ;
Þ Causes de la de déforestation ;
Þ Distance séparant les villages des sites des champs ;
Þ Production agricole ;
Þ Régénération des forêts ;
Þ Autres méthodes de régénération à vulgariser.
1.3.2.CONSTITUTION ET STRUCTURE DE L’ECHANTILLON
Pour constituer et structurer notre échantillon, nous avons utilisé la méthode des quotas (parfois appelée sondage pseudo-aléatoire) avec objectif d’avoir l’échantillon ayant les mêmes caractéristiques que la population cible. C’est dans cette optique que nous avons réparti notre échantillon selon les variables ci-dessus, lesquelles nous permettraient de calculer différents paramètres statistiques. (MPUKA. D, 2017 : 64)
1.3.3.CONSTITUTION ET CALCUL DE LA TAILLE D’ECHANTILLON
Notre milieu d’étude, le groupement de
Bansueba, comporte une population adulte de l’ordre de vingt-neuf mille (29000)
habitants selon les statistiques sanitaires de la zone de santé rurale de
Bulape (Enquête Mild, 2018), nous avons retenu comme formule de la taille de
l’échantillon :
ou
A noter que la caractéristique observée chez les paysans(nes), notamment la pauvreté paysanne qui se vit en milieux ruraux où ¾ de la population vit dans une pauvreté indescriptible. Cette pauvreté frappe à 95% la population paysanne qui dépend surtout des activités agricoles liées au capital naturel qui est la forêt.
Ainsi donc, Z=1,96 (écart fixé dans la table de la loi normale centrée réduite) ;
P=0,95 (95%) qui est la proportion des enquêtés frappés par la pauvreté.
Q=1-P=1-0,95=0,05 (proportion contraire)
D=Risque d’erreur=5%=0,05
=
enquêtés
II. PRESENTATIONS ET DISCUSSION DES RESULTATS
1.1. PRESENTATION DES RESULTATS
1.1.1.SEXE DES PAYSANS
Le tableau ci-dessous donne le sexe des paysans enquêtés.
Tableau I : Sexe des paysans enquêtés
|
Variables |
Modalités |
Effectif (ni) |
Pourcentage (%) |
|
Homme Femme |
1 2 |
45 28 |
61,6 38,3 |
|
Total |
|
|
99,9 |
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019.
Il résulte de ce tableau que plus de la moitié de la population enquêtée est masculine, soit 61,6%. Ceci s’explique par le fait que dans ce milieu, la propriété foncière est l’affaire de chefs de ménages. C’est la raison pour laquelle nous sommes poussés à considérer la proportion d’hommes un peu plus supérieure à celle de femmes, qui, elle, est de 38,3% seulement.
Par ailleurs, les hommes sont plus impliqués dans la dégradation des forêts que les femmes. En effet, c’est à l’homme que reviennent les travaux de défrichement ou la coupe de sous-bois et de l’abattage de la futaie.
1.1.2.AGES DES PAYSANS ENQUETES
Le tableau II ci-dessous donne les âges des paysans enquêtés
Tableau II : Ages des paysans enquêtés
|
Classes d’âges |
Effectifs (ni) |
Modalités (xi) |
ni*xi |
Fcd |
Pourcentage |
|
] 22-32] |
21 |
27 |
567 |
21 |
28,7 |
|
] 32-42] |
14 |
37 |
518 |
35 |
19,1 |
|
] 42-52] |
15 |
47 |
705 |
50 |
20,5 |
|
] 52-62] |
13 |
57 |
741 |
63 |
17,8 |
|
] 62-72] |
8 |
67 |
536 |
71 |
10,9 |
|
] 72-82] |
2 |
77 |
154 |
73 |
2,7 |
|
|
|
|
|
|
99,7 |
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019
L’âge
moyen (
)=![]()
Au regard de ce tableau, les données quantitatives en âges, sont transformées en données qualitatives, sous formes des classes (intervalles) d’âges dont la sommation de ni et xi nous a permis de calculer l’âge moyen de nos enquêtés, égal à 44 ans. Tandis que l’âge modal appartient à la classe d’âges de]42-52] comportant l’effectif le plus élevé par rapport à d’autres classes, soit un effectif de 15 enquêtés sous une proportion de 20,5%
Ainsi faut-il savoir que l’âge a un impact réel dans la dégradation de forêts. Les jeunes gens dans leur force physique sont capables d’ouvrir des champs de dimensions exagérées jouant ainsi sur les réserves de forêts.
1.1.3.L’ETAT MATRIMONIAL
Le tableau ci-dessous donne l’état matrimonial de notre échantillon.
Tableau III : L’état civil des enquêtés
|
Variables |
Effectifs (ni) |
Fréquence relative (fr) |
Pourcentage (%) |
|
Mariés |
50 |
0,684 |
68,4 |
|
Célibataires |
06 |
0,082 |
8,2 |
|
Divorcé(e) |
01 |
0,013 |
1,3 |
|
Veuf(s) |
05 |
0,068 |
6,8 |
|
Veuve(s) |
11 |
0,15 |
1,5 |
|
Total |
|
0,98+1 |
99,7 |
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019.
Il sied de signaler que la situation matrimoniale de nos enquêtés reste dominée par la catégorie des mariés. Ceci se justifie par la proportion des enquêtés, soit 68,4%, qui est largement supérieure à d’autres catégories dont les proportions restent très faibles par rapport à la moyenne.
Ainsi cette catégorie de personnes est celle qui recherche plus des moyens que les autres pour scolariser les enfants, les nourrir alors qu’un célibataire, ou un divorcé peut se contenter de manger ailleurs et se suffire pour la journée.
1.1.4.LE NIVEAU ATTEINT AVEC LES ETUDES
Les résultats contenant ce paramètre sont consignés dans le tableau ci-dessous.
Tableau IV: Niveau d’instruction
|
Variables |
Effectifs (ni) |
Fréquence relative (fr) |
Pourcentage (%) |
|
O |
0 |
0 |
0 |
|
1 |
02 |
0,02 |
2 |
|
2 |
58 |
0,079 |
79 |
|
3 |
13 |
0,017 |
17 |
|
Total |
|
0,98=1 |
98 |
Légende : 0=sans niveau 1=primaire 2=secondaire 3=supérieur et universitaire
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019.
Ainsi la grande partie de nos enquêtés est de la formation secondaire capable de comprendre le discours qu’on peut tenir sur la dégradation de l’environnement.
1.1.5.LA PROFESSION DES ENQUETE(E)S
Les résultats de ce paramètre sont consignés dans le tableau V ci-dessous
Tableau V: Profession exercée
|
Variables |
Modalités (xi) |
Effectifs (ni) |
Fréquence relative (fr) |
Pourcentage (%) |
Effectifs cumulés |
|
Enseignants(es) Cultivateurs (trices) Pasteurs Infirmiers (res) Débrouillards Autres métiers (professions) |
1 2 3 4 5 6 |
13 33 2 3 18 4 |
0,178 0,452 0,027 0,041 0,246 0,054 |
17,8 45,2 2,7 4,1 24,6 5,4 |
13 46 48 51 69 73 |
|
TOTAL |
|
|
|
99,8
|
|
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019
Il ressort de ce tableau qu’il y a lieu de constater que la colonne de (xi) contient des chiffres de 1 à 6 considérés comme des artifices seulement nous permettant de codifier des variables qualitatives reprenant les catégories socio-professionnelles dont 17,8% représentent les enseignants dans cet échantillon, 45,2% sont des cultivateurs(trices), 2,7% sont constitués des pasteurs enquêtés à cet effet ; 4,1% représentent les infirmiers enquêtés, 24,6% est la proportion des débrouillards et enfin 5,4% proportion des autres métier confondus.
Le pourcentage des cultivateurs se justifie par le fait que ce sont eux qui utilisent beaucoup la forêt pour des fins agricoles et donc ils contribuent plus à la dégradation de la forêt.
1.1.6.PHYSIONOMIE ACTUELLE DE LA VEGETATION A BANSUEBA
Les données concernant cette variable sont consignées dans le tableau VI ci-dessous
Tableau VI Physionomie actuelle des forêts à Bansueba.
|
Variable |
Modalités (xi) |
Effectifs (ni) |
Pourcentage |
|
Comment appréciez-vous l’état actuel de nos forêts et savanes ? |
Savanes= forêts |
40 |
54,7 |
|
savanes>forêts |
20 |
27,3 |
|
|
Je ne sais pas |
13 |
17,8 |
|
|
Total |
|
|
99,8 |
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019
Au regard de ce tableau, il s’avère que plus de la moitié de nos enquêtés, soit 54,7% constatent que les superficies transformées en savanes sont presqu’égales aux superficies de forêts naturelles. Vingt-sept trois dixième pourcent de nos enquêtés précisent quant à eux que les savanes supplantent déjà les forêts à cause de la surexploitation des forêts. Par contre, 17,8% déclarent n’avoir aucune idée quant à ce. Ceci montre en définitive que les forêts sont encore présentes dans la contrée mais déjà entamées par les paysans.
1.1.7.CAUSES DE LA DEFORESTATION
Les raisons qui ont militées en faveur de la déforestation sont reprises dans le tableau VII ci-dessous
Tableau VII : cause de l’exploitation abusive des forêts
|
Variable |
Modalités (xi) |
Effectifs (ni) |
Pourcentage |
|
D’après vous à quoi peut être due la situation de l’égalité et/ou de la supériorité de la superficie de savanes par rapport à celles des forêts ? |
Agriculture itinérante sur brulis |
60 |
82,1 |
|
Sciage de bois |
5 |
6,8 |
|
|
Carbonisation |
6 |
8,2 |
|
|
Récolte des produits non ligneux |
2 |
2,7 |
|
|
Total |
|
99,8 |
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019.
D’après les observations menées sur terrain, nous avons trouvé que plusieurs galeries forestières sont transformées en savanes en raison des actions anthropiques (coupe de bois, construction anarchique,…). Par rapport à la question de savoir les motivations qui ont entrainé cet aspect des choses, nos enquêtés ont répondu suivant les assertions ci-haut évoquées dans le tableau. Il y a lieu de constater que 82,1% de la population enquêtée mettent en évidence l’agriculture itinérante sur brulis, qui reste la plus grande cause de la déforestation dans cette contrée, comme l’indique la proportion. Six huit dixième pourcent des enquêtés accusent le sciage en bois ; 8,2% des enquêtés soutiennent l’action de carbonisation et en fin une faible proportion, soit 2,7% incriminent d’autres usagers de la forêt (artistes, fabricants des braises, la coupe de bois pour la construction des cases, etc.). Etant donné que 80% de constructions sont en pisé, elles consomment chaque année des matières de construction.
Donc, l’agriculture itinérante sur brulis reste la principale cause de déforestation dans la contrée.
1.1.8.TEMPS A PARCOURIR POUR ATTEINDRE LES CHAMPS
Le tableau VIII ci-dessous donne la durée à parcourir les sites des champs.
Tableau VIII : les distances
|
Variable |
Modalités (xi) |
Effectifs (ni) |
Pourcentage |
|
A quelle distance des villages se trouvent les champs les plus proches ?
|
Moins de 2 heures de marche |
8 |
10,9 |
|
Entre 2 à 5 heures de marche |
12 |
16,4 |
|
|
Plus de 5 heures |
53 |
72,6 |
|
|
Total |
73 |
99,9 |
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019
AU regard des résultats de ce tableau, il y a lieu de croire que la forêt se trouve actuellement à des endroits très éloignés des villages par rapport aux temps de marche à consommer et/ou consommés par les cultivateurs. Ceci se justifie par le fait que 72,6% des enquêtés confirment que le temps de marche pour atteindre leurs champs, tandis que 10,9% de nos enquêtés précisent qu’ils parcourent moins de 2 heures.
En effet, au regard de ce qui précède, il sied de signaler que ces données sont un indicateur fiable de la dégradation et de l’épuisement des forêts dans cette contrée, où l’accès à des terres et forêts cultivables sont situées actuellement à plus ou moins 35km à raison de 7km par heure.
Cette situation engendre des conséquences néfastes sur l’apprentissage des enfants à l’âge de scolarisation, qui, doivent garder les plus petits afin que leurs parents travaillent aux champs et donc, il y a forte déperdition scolaire et beaucoup de jeunes qui viennent en 1ère classe ayant dépassé l’âge scolaire.
1.1.9. PREFERENCE OU NON DES CHAMPS ELOIGNES
Le tableau IX ci-après donne la préférence ou non des champs éloignés.
Tableau IX : Préférence ou non des champs éloignés
|
Variable |
Modalités (xi) |
Effectifs (ni) |
Pourcentage |
|
Pourquoi les paysans ne préfèrent-ils pas les champs les plus proches des villages ? |
Faible fertilité à cause de la surexploitation des forêts proches |
37 |
50,6 |
|
Divagation des animaux domestiques qui ravagent des cultures |
15 |
20,5 |
|
|
Vol des produits |
21 |
28,7 |
|
|
Total |
73 |
99,8 |
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019
Il ressort de ce tableau que 50,6% de la population enquêtée soit d’avis que les paysans (cultivateurs) préfèrent les champs les plus éloignés à cause de la dégradation criante des forêts au voisinage des villages due à une surexploitation.
Les 20,5%, soit 15 enquêtés confirment la crainte au ravage des cultures par les animaux domestiques en divagation (vaches, porcs, chèvres). Enfin, 21 enquêtés, soit 28,7% soulignent que les champs les plus proches ne sont pas à l’abri des prédateurs voleurs, qui ont toute facilité pour aller à temps voulu, voire nuitamment voler les produits.
La faible fertilité liée à la réduction du temps de jachère est la grande cause de l’éloignement des champs des villages.
2.1.11. LA PRODUCTION AGRICOLE
Le tableau X ci-dessous donne les appréciations des enquêtés sur leurs production
Tableau X : Estimation de la production agricole
|
Variable |
Modalités (xi) |
Effectifs (ni) |
Pourcentage |
|
Comment trouvez-vous la production agricole dans votre milieu ? |
Assez bonne |
53 |
72,6 |
|
Bonne |
20 |
27,3 |
|
|
Très bonne |
- |
|
|
|
Total |
73 |
99,9 |
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019
Il résulte de cette variable trois modalités sous des proportions telles que : 72,6% de la population déclare que la production est assez bonne contre 27,3% des enquêtés qui trouvent que la production agricole est bonne. Et enfin la modalité « très bonne » reste nulle.
Ce tableau traduit donc que la production reçue par les paysans n’est plus bonne.
2.1.12. CAUSES DE LA FAIBLE PRODUCTION
Les causes de la faible production sont consignées dans le tableau ci-dessous :
Tableau XI : Causes du niveau et qualité de production
|
Variable |
Modalités (xi) |
Effectifs (ni) |
Pourcentage |
|
D’après vous à quoi serait due cette situation ? |
Dégradation des forêts qui occasionne la perte de fertilité du sol. |
60 |
82,1 |
|
Manque d’innovations en matière de techniques culturales et des semences améliorées. |
13 |
17,8 |
|
|
Total |
73 |
99,9 |
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019
La majorité de nos enquêtés, soit 82,1% attribue au phénomène dégradation (épuisement de la fertilité) des forêts comme ayant entraîné l’infertilité du sol, facteur qui limite dans la plupart des cas la hausse de la productivité agricole. Tandis que 17,8% soulignent le manque d’innovations dans les techniques culturales ; l’agriculture étant restée toujours à son stade de la production de subsistance.
2.1.13. LA REGENERATION DES FORETS ET AMELIORATION DES SOLS
Le tableau XII donne le mode de la restauration de la fertilité des sols.
Tableau XII : Mesures de restauration de la fertilité des champs.
|
Variable |
Modalités (xi) |
Effectifs (ni) |
Pourcentage |
|
Quelles opérations faites-vous pour restaurer la fertilité de vos champs ?
|
Abandon des champs (mise en jachère) |
30 |
54,7 |
|
Recours à la fertilisation organique |
3 |
4,1 |
|
|
Utilisation de la cendre issue du feu de l’incinération |
30 |
41 |
|
|
Total |
73 |
99,8 |
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019
Plusieurs opérations de restauration de la fertilité du sol existent telles que : l’utilisation de la cendre, vieille comme le monde, confirmée, ici par 41% de nos enquêtés. La mise en jachère est une opération de routine, elle est confirmée par 54,7% de nos enquêtés. Un faible pourcentage, soit 4,1% confirme le recours à la fertilisation organique, mais une pratique rarement faite dans le milieu d’étude. Ainsi donc, certaines autres mesures s’imposent pour restaurer la fertilité des sols (cultures autour des cases, dévalorisation des étendues proches des villages par le recours à l’agroforesterie).
2.1.14. METHODES ACTUELLES DE LA RESTAURATION DE LA FERTILITES DU SOL
Elles sont consignées dans le tableau XIII ci-dessous
Tableau N° 20 : Méthodes de restitution de la fertilité aux champs non reconnues
|
Variable |
Modalités (xi) |
Effectifs (ni) |
Pourcentage |
|
Si oui, lesquelles
|
Agroforesterie |
26 |
43,3 |
|
Reboisement |
34 |
56,6 |
|
|
Utilisation des engrais chimiques |
13 |
17,80 |
|
|
Total |
73 |
100 |
Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019
La technique de reboisement la plus connue théoriquement par la population mais pratiquée par les communautés, est confirmée par 56,6% des enquêtés. L’agroforesterie semble être ignorée, cela nécessite une forte animation suivie d’une action de vulgarisation, se soldant par une solution projet car ayant constaté qu’une minorité seulement identifie cette technique, soit 43,3% de la population enquêtée. Quant à l’usage des engrais chimiques, il reste hypothétique à l’entendement des paysans de cette contrée avec une proportion nulle.
Ce tableau montre que les enquêtés connaissent le reboisement et l’agroforesterie et peuvent facilement s’approprier ces méthodes.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Nos observations de longues dates ont permis de fouiller la science et les données de terrain, en termes de dégradation des forêts ayant occasionné la baisse des ressources vitales, dans le cas échéant, la pauvreté tant mentale que matérielle liée à de multiples facteurs (social, économique, environnemental, démographique …)
En effet, ceci corrobore le point de vue d’Erik P. Eckholm, selon lequel l’analyse réfléchie de la nature et des dimensions de la menace qui pèse sur l’approvisionnement futur du monde nous montrent avec quelle urgence la coopération internationale, doit agir. Cette analyse expose avec force la nécessité immédiate d’un programme d’environnement rigoureux, en mettant l’accent sur l’un des problèmes majeurs qui se posent à la communauté humaine : protéger les précieuses ressources de notre « seule et unique terre » et pourvoir aux besoins fondamentaux de tous les hommes (Erik P. Eckholm, 1977 : 13).
Il s’est observé dans le milieu d’étude, une crise rurale multiforme, car, ce qui affecte le capital naturel en milieu rural, a la capacité d’une existence d’appauvrissement caractéristique impactant ainsi différents secteurs de vie (le social, l’économique, l’environnement, etc.).
Nos observations directes et participantes au moyen d’outils d’enquête, nous ont aidés à épier les pratiques sociales courantes négatives qui ont englouti le modus vivendi de la population des Bansueba ces dernières décennies. Nous basant sur l’hypothèse de recherche selon laquelle « la dégradation des forêts et la pauvreté paysanne » forment un cycle infernal dans cette analyse systémique, ainsi donc en passant par l’interview de nos enquêtés, plusieurs proportions de nos enquêtés restent affirmatives quant à ce.
Il sied de signaler que la dégradation des forêts dans le territoire de MWEKA en général et à Bansueba en particulier, reste un désastre écologique et environnemental dont les conséquences pèsent lourdement sur le social des habitants (les ménages ruraux) qui sont en majorité des cultivateurs dépendant à cent pour cent du revenu agricole. Les ruines éparses et les paysages stériles occasionnés par des générations précédentes et actuelles laissent la population du groupement de Bansueba perplexe, à cause tantôt de l’explosion démographique qui fonctionne comme le catalyseur de la détérioration des systèmes de production de nourriture.
Il nous revient alors de planifier le développement, en ce qui concerne la consommation des ressources, raison pour laquelle le projet d’agroforesterie en marge de cet article, est conçu pour répondre à ce désastre, restant dans la communauté, une préoccupation holistique de grande envergure.
BIBLIOGRAPHIE
I. OUVRAGES
1. Dictionnaire de Poche, (2009), éd. Larousse, Paris, France, 1034p.
2. ERIK ECKHOLM, P., (1977), La Terre sans arbres (Traduit de l’Américain par Zeno BIANU), éd. Robert Laffont, Paris. 329P.
3. MAMBA NTAMBUE, (2015), Performance de poussins locaux nourris avec le drèche séché à Kananga, Ed semeur du Kasaï, Kananga.
4. MARVIN HARRIS, (1997), Cannibales et Monarques : Essai sur l’origine des cultures. Traduit de l’Américain par Adèle Kir, éd. Nouveaux Horizons, Paris. 268P.
5. NAKU, (1987),
6. NGALAMULUME TSHIEBUE, G., (2019), Approche systémique des problèmes ruraux du monde en développement, éd. Héros Développement, Kananga.166P
7. REIJNTJES, C., et al. (1995), Une agriculture pour demain : Introduction à une agriculture durable avec peu d’intrants externes, éd. Karthala& CTA, Paris. 465p..
II. COURS
1. MPUKA, D., 2017, Statistique et Biométrie, G3 (Toutes)/ISDR-TSHIBASHI, Cours inédit/Kananga.
III. MEMOIRES
1) MAKASHI PONGO, E., 2019, Dégradation des forêts et la pauvreté paysanne dans le Territoire de MWEKA (Cas de Groupement des Bansueba), mémoire, ISDR-T/Kananga. 115 p.
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