En effet, il existe en RDC un malaise profond dans la procédure d’expertise. Celle-ci étant considérée comme une opération confiée à des personnes commettantes appelées experts dont la mission consiste à fournir des explications ou des renseignements d’ordre technique que le juge ne peut se procurer lui-même. La désignation des experts au regard des droits de la défense est unilatérale. L’on constate sans nul doute qu’il existe un malaise profond dans la procédure d’expertise. L’origine du mal semble-t-il réside dans l’absence des textes. Aucun projet, aucune réforme ne paraît satisfaisante. La doctrine congolaise a consacré jusqu’à présent peu de place à l’étude des droits de la défense en matière d’expertise générale. Ce nombre relativement réduit des travaux dans ce domaine n’étant avant qu’après l’indépendance en témoigne . Signalons que quand l’expertise s’est développée, elle a suscité en Europe un engouement qu’on a voulu substituer des experts aux magistrats et aux jurés afin que la justice, œuvre exclusive de techniciens devienne pleinement scientifique. Actuellement, l’expertise pénale reste importante dans la recherche de vérité puisqu’elle est employée surtout dans les matières les plus diverses : expertise médicale, mentale, psychologique, etc. En droit congolais, ce sont les articles 5 et 48 du code de procédure pénale qui prévoient l’expertise. Plusieurs autres dispositions font état des droits de la défense. Cependant, l’une des critiques généralement faite au régime d’expertise pénale porte sur l’usage des experts et notamment sur l’abus des expertises qui fait que les magistrats se déchargent d’une bonne partie de leur charge en confiant à des particuliers des opérations qui ne peuvent être légalement accomplies que par des magistrats ou des OPJ désignés par la loi. D’où le risque accru de violation des droits de la défense. Tout homme menacé a le droit de se défendre et rien ne peut être tenu pour vrai ou pour seulement vraisemblable qui n’a pas été soumis au contrôle d’un examen contradictoire. Comment un juge pourrait-il juger sans peser le pour et le contre ? A cette pertinente interrogation, la jurisprudence a décidé qu’en l’absence dans le code de procédure pénale préservant des formalisations en matière pénale d’expertise, les droits de la défense seront assurés en raison du caractère contradictoire des débats. Comment est organisé le droit de la défense en matière d’expertise pénale congolaise ? Voilà la question que l’on tentera de répondre tout au long de cette analyse tout en émettant un essai critique et de propositions d’avenir pour une bonne organisation des droits de la défense en matière d’expertise pénale.