Bonjour, nous sommes le 02/02/2026 et il est 01 h 34.





INTRODUCTION GENERALE

 

 

1. PROBLEMATIQUE 

 

Actuellement, la société internationale est caractérisée par une

série des crises, conflits et tensions dont la plus en vue est celle du terrorisme international, mais par-delà les causes et fondements dudit terrorisme (dit international) se cache une crise multiforme née après l’implosion du communisme international dont ; l’instabilité des régimes politiques ayant résisté au pouvoir grâce à l’appuie de l’une ou l’autre bloc.

 

La perestroïka est venue réveiller un concept vieux de plus de

2000 ans à savoir : « la démocratie ». Si cette dernière évoque depuis la Grèce antique les règles pour une bonne gestion de la « res publica » et dicte les voies à suivre pour l’organisation du pouvoir politique, elle fut appliquée et suivie par les autres Etats et nations.[1]   

 

Ainsi un des grands problèmes qui se pose est ; d’une élite ou

civilisation à savoir occidentale à vouloir faire de la démocratie comme une valeur supranationale modelée par elle,   devant être appliquée et observée par tout les autres Etats, allant jusqu’à conditionner la coopération et l’aide internationale.

 

Si cette imposition a semblé réussir dans l’ensemble, il n’en est

pas ainsi dans la civilisation Arabo-musulmane ! Pourquoi ?

 

L’imposition de la démocratie dans le monde arabe pose aujourd’hui un grand dilemme à savoir : le monde Arabo-musulman est d’abord dirigé non,  pas par la raison et les valeurs  philosophiques (comme) comme en Europe, mais selon les normes et valeurs religieuses  tirées de l’Islam. IBN KHALDOUN disait : « L’Islam est une religion qui comporte à la fois un appel adressé à tous les hommes, une législation et un principe de réalisation de cette législation. Le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel y sont réunis, ce qui distingue la religion musulmane de tous les autres ».[2]

 

Cette incompatibilité entre l’Islam et la Démocratie apparut historiquement en Iran au cours du mouvement constitutionnel de 19051911, quand le CHEIK FADLALAH NOURI a prétendu que « l’égalité de toutes les citoyennes clefs de voûte de l’idée démocratique était impossible en Islam car disait-il « d’inévitables et d’insurmontables inégalités existent ». 

 

Ainsi après des siècles de califat, suivis de décennies de colonialisme puis de régimes oppressifs, l’espace musulman semble incapable d’intégrer la culture démocratique. Plusieurs pays du MoyenOrient ont tenté l’expérience depuis leur indépendance.     

 

Le succès n’a pas toujours été au rendez-vous. Une fois mis en

place, le système démocratique s’effrite, est récupéré par des groupes peu soucieux des valeurs égalitaires, ou encore néglige les minorités. L’Islam offre-il, à l’instar du christianisme en Europe, un terreau fertile à la transition vers la démocratie ?[3] 

 

Toutefois la société musulmane n’est pas aussi moins

démocratisée que les autres, le grand problème est qu’il existe des Etats musulmans démocratiques, cependant cette démocratie est contrôlée d’une certaine manière souvent par l’armée au profit des puissances occidentales et des clans dirigeants (les pays).

 

Cette démocratie contrôlée tient à ce que ; une démocratie

appliquée sans restriction, verrait l’émergence des parties Islamiques au pouvoir !

 

L’inconnu serait de ce que pourrait faire un tel parti une fois

arrivé au pouvoir ? Est-ce de perpétuer la démocratie qui leur a permis d’arriver au pouvoir ou bien de profiter de cette ouverture pour imposer la Charia à la grande dame de puissance occidentale ? Le cas du Hamas est édifiant.

 

Il se dégage de cela deux réalités à savoir : d’une force

profonde qui voit en la démocratie comme un danger pour la culture Arabomusulmane et de l’autre ; des puissances occidentales qui soutiennent des régimes totalitaires arabes avec une démocratie contrôlée craignant la prise du pouvoir par les Islamistes Intégristes. Toute en prônant au même moment la démocratie des régimes ou Etats peu coopérants avec eux !

 

Tel est le cas de l’Arabie Saoudite, un pays qui se trouve entre

ces deux réalités à savoir d’une longue tradition dans l’islam de surcroît dirigé par une monarchie et de l’autre, de l’aide et entretien des puissances occidentales dont les Etats-Unis au régime en place assurant ainsi sa stabilité.

 

L’Arabie Saoudite qui passe pour être le berceau de la tradition

et en étant à la fois son lieu de pèlerinage est contrariée entre le risque d’une démocratisation à l’occidentale et de l’autre la pérennisation  des règles et lois islamiques avec la Charia.

 

En effet, si on a condamné le régime de taliban à cause de ses

exactions motivées par la Charia, L’Arabie Saoudite ne fait pas exception à la règle, dans ce pays la démocratie à l’occidentale a du mal à s’instaurer, justifiant et privilégiant les facteurs religieuses qui doivent l’emporter sur les règles démocratiques. Ce pays est même à l’origine d’une nouvelle vague du terrorisme international avec BEN-LADEN et son Al Qaïda comme vecteur de cette nouvelle vague. 

 

Alors pourquoi démocratiser un pays ou royaume qui est à tout moment guetté par les forces islamiques fondamentalistes et violents, quand on connaît les risques d’une démocratie,  et surtout que le royaume occupe une position géostratégique importante dans la région du MoyenOrient.

 

Faut-il à tout prix démocrater à l’occidentale un pays qui passe

pour être le berceau de l’Islam. D’où viendrait le blocage ; du régime ou de la population quand on sait que la seule présence des troupes armées non Arabes dans le sol Saoudien est considérée comme un sacrilège. Est-ce la population qui s’accommode du système politique, où c’est le régime qui grâce à l’appui dont il bénéficie maintient cet état de lieu ? 

 

La problématique se tourne autour de ces questionnements à

savoir : 

 

-     Pourquoi est-ce que le processus de la démocratisation

occidentale échoue-t-elle dans le monde Arabo-musulman ?

-     Que veut la civilisation occidentale, en voulant imposer sa

démocratie dans la civilisation Arabo-musulmane ?

-     L’islam est-elle incompatible avec la démocratie ?

-     Faut-il démocratiser à tout prix l’Arabie Saoudite ? D’où

viendrait le blocage ?

 

2. HYPOTHESE

 

La civilisation occidentale étant de toutes les autres

supérieures sur le plan financiér, économique et militaire, ainsi poussée par ses valeurs capitalistes et hégémoniques voie en la démocratie, un moyen de réaliser ses ambitions capitalistes ; dont la quête des intérêts et des richesses en se servant de la démocratie comme d’un instrument déstabilisateur de l’Unité culturelle et des divisions.

 

La démocratie occidentale cherche dans la démocratie comme

ce fut le cas avec le colonialisme, à créer une société presque identique à la leur. Cela au non de la liberté et du droit de l’homme.

 

Car la où règne encore des restrictions, la coopération et

l’exploitation passe difficilement, cela vu en terme  de la corruption, des pressions exercées sur des gouvernements par les Lobbys internationaux. Or dans une société fermée, où les dirigeants coopèrent mal, cela passe mal. Dans une telle société, c’est l’arme de la démocratie qui sera brandie ; et pour les dirigeant qui coopèrent mieux ;  c’est la protection qui leur sera octroyée.

 

Nonobstant ce fait, il existe des variables qui font que dans

cette civilisation « Arabo-musulmane) la démocratie, la vraie a du mal à s’instaurer.[4] Deux raisons majeures pourront l’expliquer à savoir : La volonté des peuples à vouloir préserver leur exception religieuse et culturelle, refusant les valeurs d’ailleurs.

 

Tel est le cas de l’Arabie Saoudite, une nation qui est à la fois

berceau, symbole et incarnation de l’Islam voit en la démocratie un danger, et une incompatibilité pour sa religion et sa culture. Fait qui parait évident avec les manifestations, protestations des fondamentalistes radicaux de la mouvance islamique ; par la seule présence des troupes américaines en Arabie Saoudite ; dont OUSSAMA BEN LADEN.

 

De l’autre coté la peur de l’occident qui voit en la démocratie comme un danger pouvant permettre aux Islamistes de se hisser au sommet de l’Etat  et imposer  par là, la Charia.

 

Il parait clair que la démocratie ne peut pas être appliquée

partout de la même manière.5Et que chaque Etat se choisit ou essaye de l’appliquer selon les réalités sur terrain. Il sied cependant de préciser qu’il est question ici de la démocratie occidentale qui englobe en son sein :

valeurs,  civilisation et religion identifiant la société occidentale.

 

3. CHOIX ET INTERET DU SUJET

 

L’étude de ce sujet, se justifie du fait qu’actuellement on parle

de plus en plus « d’un choc de civilisation », du terrorisme international,  de la coopération  et de l’aide internationale.

 

Ainsi nous avons cherché à connaître les raisons de cela,

aboutissant à ce concept qui est « la démocratie occidentale », car a elle seule, elle est capable d’expliquer bien des maux, de l’échange et rapports entre les peuples.

 

Aussi il y a un fait étonnant à savoir que l’Arabie Saoudite n’est pas exempte ou différente par l’application des normes démocratiques comme c’est le cas en Iran ou avec les talibans, mais pourquoi est-ce que les puissances occidentales ferment-elles leurs yeux. 

 

4. DELIMITATIONS DU SUJET

 

La délimitation temporelle parait difficile du fait qu’on ne peut

parler de la démocratie sans rentrer à ses sources, or ses origines date de plus de 2000ans au moins. Ainsi nous avons choisi le grand moment de l’évolution de la démocratie dans le monde, de ses origines à nos jours. 

 

S’agissant de la limitation spatiale, nous avons optée pour le

monde Arabo-musulman limité à l’Arabie Saoudite. 

 

5. CHOIX DES METHODES ET TECHNIQUES 

 

Du point de vue méthodologie, nous avons optée pour deux méthodes à savoir la méthode systémique, permettant de voir le monde avec ses ou sa configuration actuelle et l’approche Béhaviorisme afin d’étudier le comportement entre différents peuples et civilisations.

 

Pour la technique, nous avons opté pour la technique

documentaire et audio-visuelle.

 

6. DIFFICULTEES RENCONTREES

 

                                Les     difficultés      rencontrées          sont     d’abord      d’ordre

documentaires, car la démocratie est un vieux concept où se documenter à sembler difficile, et rendant par là limitation temporelle difficile.

 

Ainsi, c’est un sujet d’actualité qui nécessite à ce qu’on puisse le

traité sans partie prise et en dehors de toute tendance épidermique. Un autre problème est relatif au choix spécifique de l’Arabie Saoudite, choix qui parait difficile pour la simple raison que l’Arabie Saoudite ne peut pas à lui seul résumer l’ensemble des problèmes liés à la démocratisation du monde Arabo-musulman. Cependant son choix nous parait évident car il constitue le berceau de l’Islam et, le point de départ d’un nouvel élan du terrorisme international issu du 11 septembre 2001.

 

7. PLAN SOMMAIRE

 

Outre l’introduction et la conclusion générale, ce travail

comprend 4 chapitre, dont le premier traite sur : « la démocratie et ses valeurs » ; le second chapitre parle la problématique de l’instauration de la démocratie occidentale dans la civilisation de la démocratie occidentale dans la civilisation Arabo-musulmane ?

 

Le troisième chapitre parle sur Le Dilemme D’une Vraie Démocratie Dans Le Monde Arabo-musulman, et enfin le dernier chapitre traite du cas spécifique de l’Arabie Saoudite.

 

 

CHAPITRE I : LA DEMOCRATIE ET SES VALEURS

 

 

La démocratie, dont le principe fondateur « gouvernement du

peuple, par le peuple et pour le peuple » se retrouve par exemple dans la Constitution française, est dite directe, lorsque le peuple est investi d’une responsabilité effective sur l’ensemble des décisions ayant trait à la collectivité, ou représentative, lorsque le peuple délègue librement le pouvoir de gouverner à des mandants. À la fois conçue comme une valeur, constitutive d’un objectif à atteindre (la liberté pour tous réalisée dans l’organisation collective), et comme une technique de gouvernement, la démocratie s’est incarnée dans de nombreux modèles et selon des formes différentes.[5]

 

 

SECTION1 : ORIGINE DE LA DEMOCRATIE

 

Démocratie (du grec dêmokratia, dêmos, « peuple » ; kratein, «

gouverner »), système politique dans lequel la souveraineté procède de l’ensemble des citoyens. Tire son origine de la Grèce Antique, particulièrement d’Athènes vers les années -400 av-Jc avec l’idée d’une participation de l’ensemble de la   population dans la chose publique.

 

§1 : Evolution de la démocratie

 

1. La démocratie dans l'Antiquité 

 

Pour les cités-États de la Grèce classique, comme Athènes, la

démocratie directe, modèle opposé à la tyrannie et à l’oligarchie, paraît le mode de gouvernement le plus adapté à de petites entités, soucieuses d’autonomie et dotées d’une forte homogénéité sociale. Tous les citoyens peuvent effectivement prendre la parole et voter à l’Agora, l’assemblée de la cité, à l’exception notable des femmes, des esclaves et des « métèques » (non autochtones) qui, exclus de la citoyenneté, n’ont aucun droit politique. La démocratie romaine ressemble à celle des Grecs, bien que Rome ait parfois accordé la citoyenneté à des hommes nés hors de la cité.

 

2. L’émergence de l’individualisme à la Renaissance 

 

À partir du Moyen Âge, l’idée démocratique s’efface devant la

montée du modèle théocratique, qui fait de la religion, inséparable d’une vision hiérarchique de la société, la base de la légitimité du pouvoir et celle de l’organisation sociale dans son ensemble. La prééminence peu à peu acquise par la monarchie aux dépens de la papauté ne remet pas en question, bien au contraire, l’idée selon laquelle l’individu n’existe au sein de la société qu’en fonction de la place qui lui a été assignée par sa naissance, système qui veut que le pouvoir soit exercé par ceux-là seuls qui, par nature, en ont reçu la capacité.

 

Toutefois, certaines conceptions issues du christianisme, comme l’affirmation selon laquelle les hommes sont égaux devant Dieu, contribuent à une nouvelle formulation de l’idée démocratique dès la fin du Moyen Âge, en liaison avec le déclin du féodalisme, l’émergence des premières formes du capitalisme, et la constitution d’une bourgeoisie urbaine désireuse de participer aux affaires publiques. S’inscrivant dans le cadre d’une affirmation progressive de l’individualisme, la Renaissance consacre l’idée d’une autonomie de l’homme, qui doit s’entendre comme autonomie et liberté de la conscience (manifestée par l’humanisme dans le domaine intellectuel), mais également comme une autonomie vis-à-vis d’un pouvoir en voie de sécularisation, dont la légitimité fait l’objet d’une interrogation majeure.

 

3. La naissance de la démocratie moderne 

 

Si le souverain n’est plus incontestable, soit parce qu’on

considère que sa qualité de représentant de Dieu ne lui confère pas une légitimité absolue, soit, dans une optique plus concrète prenant en compte la finalité du pouvoir, parce qu’on estime que la monarchie telle qu’elle existe ne garantit pas à chacun le bonheur auquel il aurait droit, la question consiste à définir le « bon » modèle de gouvernement. La démocratie, qui associe au pouvoir l’ensemble de la collectivité, apparaît dès lors comme l’horizon de toute réforme politique d’envergure.

 

4. La « révolution » anglaise (1642-1649) 

 

La révolution anglaise constitue l’une des premières tentatives

de remise en cause de la monarchie absolue. La guerre civile qui se déroule en Angleterre de 1642 à 1644 voit l’affrontement de la petite noblesse et de la bourgeoisie puritaine avec le roi Charles Ier, dont l’autoritarisme finit par provoquer sa destitution, et son exécution en 1649. Cependant, la République instituée par Cromwell, qui se maintient au pouvoir de 1649 à 1658, est à peu près dépourvue de caractère démocratique, et après le retour de la monarchie avec Charles II (1660-1685), il faut attendre la « glorieuse révolution » de 1688, marquée par la formulation de la Déclaration des droits, pour que la limitation effective apportée aux pouvoirs du souverain et la garantie des libertés individuelles accordée aux citoyens préfigure la démocratie moderne. L’Angleterre s’emploiera progressivement à en élaborer l’un des principaux modèles, celui de la démocratie libérale et représentative, au cours des XVIIIe et XIXe siècles.

 

5. L'apport du siècle des Lumières 

 

                                Le     siècle    des    Lumières     marque    un     approfondissement

considérable de la réflexion sur la démocratie. Mettant l’accent sur la valeur absolue de la liberté individuelle, le philosophe anglais John Locke, auteur du Traité sur le gouvernement civil (1690), se prononce en faveur d’une monarchie constitutionnelle, où le souverain, tenant son pouvoir du pacte social et non plus du droit divin, peut être renversé par l’insurrection s’il outrepasse ses prérogatives. Poursuivant cette réflexion qui, sans remettre en cause le principe monarchique, s’interroge sur la forme que doit revêtir le pouvoir pour qu’il soit considéré comme légitime, Montesquieu fait franchir un pas décisif à la pensée politique en formulant la théorie de la séparation des pouvoirs, en vertu de laquelle une limitation réciproque des prérogatives de l’exécutif, du législatif et du judiciaire évite toute dérive vers l’absolutisme.

 

Rompant avec cette optique qui, si elle définit un nouveau mode

d’exercice du pouvoir, mettant l’accent sur la protection de l’individu dans la perspective du libéralisme, refuse de s’interroger sur l’origine du pouvoir, et refuse par exemple toute perspective de démocratie directe, Jean-Jacques Rousseau fait de toute forme de collectivité politique la résultante d’un contrat social, par lequel chaque citoyen, se soumettant à la volonté générale incarnée par le corps social dans son ensemble, est plus libre que s’il était isolé face au pouvoir d’un seul, et plus heureux puisque la collectivité favorise nécessairement le bonheur du plus grand nombre.

 

Cette conception, qui fait primer le collectif sur l’individuel, est

l’une des sources de la conception moderne de la démocratie, mais elle est entrée fréquemment en conflit avec le modèle de la démocratie représentative et libérale tel qu’il a été défini par les révolutions américaine et française.

 

6. La guerre de l’Indépendance américaine 

 

Née de la volonté des colonies américaines de s’affranchir de la domination britannique, la guerre de l’Indépendance américaine est à l’origine de la création des États-Unis d’Amérique. S’appuyant sur la déclaration d’Indépendance de 1776, rédigée par Thomas Jefferson, la Constitution de 1787, conciliant avec souplesse désir d’autonomie des États et nécessité d’un certain centralisme fédérateur, définit les contours d’une démocratie représentative soucieuse de la garantie des libertés individuelles.

 

7. La Révolution française 

 

C’est sans doute la Révolution française qui, en raison de son

caractère radical et de son retentissement en Europe, a exercé l’influence la plus déterminante sur la formation de l’idée démocratique moderne. En effet, l’importance de la Révolution française ne réside pas tant dans un changement brutal de régime, puisque la France connaîtra de nouveau des formes plus ou moins autoritaires de régime monarchique au XIXe siècle, mais dans l’affirmation d’un certain nombre de principes qui acquièrent peu à peu une portée universelle. Découlant de la Déclaration des droits de l’homme adoptée en 1789, la consécration des principales libertés publiques (sécurité et sûreté individuelles, liberté d’opinion, d’expression, de circulation) a dessiné d’une manière définitive l’idéal d’une société démocratique, quel que soit le type de régime politique dans lequel elle s’incarne.

 

8. L'extension du modèle démocratique 

 

L’idée démocratique connaît une diffusion remarquable dans les

sociétés occidentales du XIXe siècle, en proie à de profonds changements économiques et sociaux (extension de la révolution industrielle, consolidation du capitalisme, naissance de la classe ouvrière). Avant la fin du XIXe siècle, toutes les grandes monarchies d’Europe occidentale ont adopté une constitution qui limite ou encadre le pouvoir de la Couronne et accorde une part plus ou moins importante du pouvoir politique à des représentants élus, sur le modèle de la Grande-Bretagne, berceau du régime parlementaire. Dans le cadre de ce mouvement, le droit de vote connaît des extensions successives, jusqu’à devenir universel dans la plupart des sociétés démocratiques occidentales.[6]

 

§2 : La Démocratie après 1990

 

Avec l’avènement de la perestroïka et la chute du communisme

internationale, il eût un nouveau vague de la démocratisation. Désormais la démocratie devenait une obligation pour les Etats qui s’appuyaient  sur l’une ou l’autre bloque justifiant ainsi sa non démocratisation ou une farce de démocratie sur le conflit est-ouest de la guerre froide. Ainsi les pays du bloc américain ou occidental ou encore capitaliste passaient pour être démocratique par rapport aux Etats du bloc soviétique ou socialiste. Or la réalité était tout autre à savoir tous ces Etats étaient peu démocratique ou pas du tout et qu’ils maintenaient un statu quo politique cela à cause de la guerre idéologique issue de la guerre froide. Dont la démocratie pouvait faire basculer un pays du bloc est vers le bloc ouest ou vice-versa.

 

La fin de la guerre froide, la chute du mur de Berlin, et la

dislocation de l’ex-URSS, avec l’avènement de la perestroïka  viendront réveiller  ce concept de plus de 2000ans ; du coup, les Etats pour la plupart de tiers-monde se devaient démocratiser leurs institutions. Phénomène qui va non pas apporter la paix mais de troubles d’ordres ; internes qu’externes.

 

§3 : La démocratie Occidentale

 

Par la démocratie occidentale nous comprenons, la conception de

l’Europe occidentale, Les USA ou encore de l’Union européenne de ce que devait être et appliquée la démocratie par les Etats tiers. Cette vue et conception démocratique et faite des mélanges de vraies valeurs démocratiques avec les réalités culturelles et civilisationnelles  de la société euro-américaine qui est en grande partie « Judéo-chrétienne ». Véhiculant et reflétant  par là la culture idéologique de l’occidental. (EUUSA). Fait qui à longue créerai une identité culturelle dans le monde.  

 

SECTION 2 : LES VALEURS DEMOCRATIQUES

 

Si la démocratie est difficilement quantifiable il y a au moins de

signes universels  qui font voir que tel pays est démocratique ou plus ou encore moins démocratique ou pas du tout par rapport à l’autre, parmi ces signes ou symboles nous avons :

 

§1 : La Liberté

 

Définition : état dans lequel un sujet peut agir sans contrainte

ni obstacle, et qui lui permet de déterminer en toute autonomie les fins de son action ainsi que les moyens d’y parvenir.

 

 On peut distinguer deux principaux types de liberté, comme l’affirme Montesquieu dans De l’esprit des lois (1748) : la « liberté philosophique », qui consiste dans l’exercice de la volonté, et la « liberté politique », qui désigne les droits des citoyens au sein d’une société.

 

  

§2 : Les Elections

 

 Le Suffrage, acte par lequel le citoyen exprime sa volonté lors

d’une élection.

 

    Les modalités d’organisation du suffrage sont définies par la Constitution. On distingue, pour ce qui concerne la composition du corps électoral, les différents types de suffrage restreint du suffrage universel et, pour ce qui concerne le mode d’exercice du vote, le suffrage direct du suffrage indirect.

 

 

SUFFRAGE DIRECT ET INDIRECT 

 

Le suffrage est dit direct lorsque les électeurs choisissent euxmêmes leurs représentants, indirect lorsqu’ils désignent des grands électeurs chargés à leur tour d’élire leurs représentants. Les membres du Sénat en France sont ainsi désignés par un collège électoral composé de députés, de conseillers régionaux, de conseillers généraux et de délégués des conseils municipaux.

 

§3 : La Tolérance

 

La tolérance est cette culture démocratique qui veut que l’on

soit tolérant et laisser libre cours des opinions politique ou autre d’un citoyen de la société considérée comme un adversaire. Qu’il ne lui soit rien fait en terme de contrainte ou force physique afin d’étouffer sa voix ou son opinion. 

 

 

§4 : L’alternance

 

C’est un des aspects de la culture politique, qui veut que la population électeur se puisse choisir une autre équipe dirigeante en renouvelant en grande partie les autorités politique du pays, par le jeu démocratique réfléchi  comme l’alter ego. Evitant la présence d’une même équipe dirigeante qui du reste vieillissant qui dirige le pays.   

 

SECTION3 : LA SOCIETE OCCIDENTALE ET LA DEMOCRATIE

 

Aujourd’hui la société occidentale passe pour la seule et le donneur de leçon en matière de démocratie, elle a réussi à imposer sa vision et sa manière de diriger la chose publique aux autres Etats et civilisations de la planète. C’est la démocratie à l’occidentale, allant jusqu’à conditionner l’aide et la coopération internationale par les respects des normes démocratiques dictés par eux. Elle est devenue « l’alma mater » en matière de démocratie.

 

 

§1 : La Démocratie, Est-ce Une Exclusivité Européenne ?

 

 

La Démocratie n'a pas besoin d'être exportée, puisqu'elle

existe déjà partout.

"L'arbre à palabres" en Afrique sub-saharienne, où se réunissent les anciens, le conseil des sages (ou des ulémas) en terre musulmane, les "chefferies de village" en Orient, sont des institutions démocratiques réelles s'appuyant sur le consensus ou en cas extrême l'arbitrage.

 

La différence tient dans le mot "civilisation" pris non pas dans le

sens erroné de "culture", mais d'organisation politique ayant pour base la Cité (en moyenne plus de 20 000 âmes). La civilisation, pour être fonctionnelle, requiert des arbitrages constants; lorsque l'arbitrage ne nous plaît pas, nous le stigmatisons "d'arbitraire".    L'application de ces arbitrages successifs requiert la coercition: le "bras armé" (d'armes et. /Ou de lois) de l'Etat. La "supériorité" toute matérielle de la civilisation sur la culture réside simplement dans le fait que la civilisation a en général de "gros canons" et que la culture n'en a pas.

   

De plus, il convient de le rappeler sans cesse : "l'esprit souffle

où il veut, quand il veut". Le "paysan du Danube" (ou de la Haute Volta), celui que l'on aura tendance à mépriser vu les différences de conditions matérielles peut être doté d'une intelligence analogue à celle d'un Nobel. Seules les circonstances font qu'il n'en aura pas l'utilité immédiate.

 

Tout être humain, maintenu dans son contexte (géographique, familial) est spontanément "démocrate dans l'âme". Il ne "perd" ses réflexes démocratiques que lorsqu'il s'estime déraciner.

 Tous les peuples pratiquent la démocratie locale, sous une

forme ou sous une autre.  

Comme on peut le voir, la démocratie n’est pas une exclusivité

européenne mais est que chaque civilisation ou Etat essaye d’adapter leur mode de gestion à l’occidentale, c’est-à-dire à une forme de gestion identique à celle pratiquée en Europe. Influencer en cela par leurs médias et leurs gouvernements, et vu les lobbys et la puissance de ce continent. D’où la démocratie occidentale.  

 

§2 : Les Diktats De La Société Occidentale En La Démocratie

 

La société occidentale ou Européenne profite de la démocratie

ou voie en la démocratie comme un moyen  sûr de s’infiltrer au sein des mécanismes organisant une société donnée et par là maintenir leurs influences sur ces Etats. 

 

Ainsi depuis les années 1990, la démocratie était devenue une

condition préalable pour amorcer ou  entamer la coopération entre les pays Européens et Les USA tel est le sens du vent démocratique ayant déferlé sur le monde dont en Afrique, Europe l’est, le Balkan, l’Asie du sud-est, et le proche et le moyen orient.

 

Ainsi pour la plupart des pays arabes ce fut la conférence de Barcelone qui va jeter les bases d’une coopération entre l’Europe et les pays méditerranéens (Arabo-musulman).

 

De même les instituions de Brettons Woods vont conditionner

l’aide et l’appui des économies des pays tiers par une démocratisation de l’espace politique.

 

Conséquences,  les pays Européens ou occidentales comme étant

le maître donneur de leçon auront  le monopole ou le droit de dire du bon déroulement des élections conformes ou pas selon leurs intérêts avoués ou cachés.       

 

§3 : La Conférence de Barcelone de 1995

 

Déclaration de Barcelone et partenariat euro méditerranéen

 

La déclaration vise à établir un partenariat global euro

méditerranéen afin de faire de la Méditerranée un espace commun de paix, de stabilité et de prospérité au moyen d'un renforcement du dialogue politique et de sécurité, d'un partenariat économique et financier et d'un partenariat social, culturel et humain.

 

L’ACTE

 

La déclaration finale de la Conférence ministérielle euro méditerranéenne de Barcelone du 27 et 28 novembre 1995 et son programme de travail.

 

SYNTHÈSE

 

Faisant suite aux orientations déjà définies par les Conseils

européens de Lisbonne (juin 1992), Corfou (juin 1994) et Essen (décembre 1994) et aux propositions de la Commission, l'Union européenne (UE) a décidé d'établir un nouveau cadre de ses relations avec les pays du bassin méditerranéen dans la perspective d'un projet de partenariat. Ce projet s'est concrétisé lors de la Conférence de Barcelone qui a réuni, les 27 et 28 novembre 1995, les quinze ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE et des douze pays tiers méditerranéens (PTM) suivants : Algérie, Chypre, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie et Autorité palestinienne. La Ligue des États arabes et l'Union du Maghreb arabe (UMA) ont été invitées ainsi que la Mauritanie (en sa qualité de membre de l'UMA). 

 

 

Cette conférence a posé les fondements d'un processus devant conduire à l'édification d'un cadre multilatéral de dialogue et de coopération entre l'UE et les pays tiers méditerranéens. À l'occasion de cette rencontre, une déclaration et un programme de travail ont été adoptés à l'unanimité par les vingt-sept pays participants. Cette déclaration euro méditerranéenne établit, en effet, un cadre multilatéral associant étroitement les aspects économiques et de sécurité, et comprend en outre une dimension sociale, humaine et culturelle.

 

Dès le préambule, les participants affirment leur volonté de

dépasser le bilatéralisme classique qui a longtemps marqué les relations euro méditerranéennes. Il s'agit désormais de donner à ces relations une dimension nouvelle, fondée sur une coopération globale et solidaire. Ce cadre multilatéral et durable est fondé sur un esprit de partenariat dans le respect des spécificités propres à chacun des participants. Ce nouveau cadre multilatéral est, par ailleurs, complémentaire d'un renforcement des relations bilatérales.

 

D'un autre côté, le partenariat euro méditerranéen n'a pas

vocation à se substituer aux autres actions et initiatives entreprises en faveur de la paix, de la stabilité et du développement de la région. Les participants appuient la réalisation d'un règlement de paix juste, global et durable au Moyen-Orient, basé sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies et les principes mentionnés dans la lettre d'invitation à la Conférence de Madrid sur la paix au Moyen-Orient, y compris le principe « des territoires contre la paix ».

 

 

 

Ce nouveau partenariat global euro méditerranéen s'articule

autour de trois volets essentiels :

Le volet politique et sécurité a pour objectif la définition d'un

espace commun de paix et de stabilité ; 

Le volet économique et financier doit permettre la construction

d'une zone de prospérité partagée ; 

Le volet social, culturel et humain vise à développer les

ressources humaines, favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles. 

Le partenariat politique et de sécurité

 

Les participants à la Conférence de Barcelone ont décidé de

mettre en place un dialogue politique global et régulier complétant le dialogue bilatéral prévu dans les accords d'association. En outre, la déclaration définit quelques objectifs communs en matière de stabilité interne et externe. Les parties s'engagent à agir conformément à la charte des Nations unies et à la déclaration universelle des droits de l'homme ainsi qu'aux autres obligations résultant du droit international, notamment celles qui découlent des instruments régionaux et multilatéraux. Le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales (y compris les libertés d'expression, d'association, de pensée, de conscience et de religion) est réaffirmé à plusieurs reprises. La déclaration précise qu'il faut considérer favorablement à travers le dialogue entre les parties, les échanges d'information sur les questions relatives aux droits de l'homme, aux libertés fondamentales, au racisme et à la xénophobie.

 

Les parties s'engagent à développer l'État de droit et la démocratie dans leur système politique tout en reconnaissant dans ce cadre le droit de chacun d'entre eux de choisir et de développer librement son système politique, socioculturel, économique et judiciaire.

 

Les signataires se sont également engagés à respecter l'égalité

souveraine, l'égalité de droits des peuples et leur droit à disposer d'euxmêmes. Le respect de l'intégrité territoriale, les principes de nonintervention dans les affaires intérieures et le règlement pacifique des différends ont été également affirmés comme devant régir les relations entre les participants à la conférence.[7]

 

 

DEUXIEME CHAPITRE : LA PROBLEMATIQUE DE L’INSTAURATION DE LA DEMOCRATIE OCCIDENTALE DANS LA CIVILISATION DES ETATS ARABOMUSULMANS ?

 

L’islam et la démocratie sont-ils incompatibles ? En un sens,  que veut-on savoir exactement ? Si l’on peut être démocrate lorsqu’on est musulman ? Si le Coran est antidémocratique ? Il serait peut-être plus intéressant de se demander si l’islam politique est compatible avec la démocratie. La démocratie occidentale doit-elle nouer le dialogue avec l’islam politique ? Un islam qui revendique l’instauration d’un Etat islamique est-il incompatible avec la démocratie, même lorsqu’il vise à créer cet Etat par les urnes ?[8] 

Que dire de la civilisation occidentale quand on sait que la civilisation a elle seule évoque l’ensemble  des phénomènes sociaux, religieux, intellectuels, artistiques, scientifique et technique propres à un peuple et transmise par l’éducation.10 

 

 

SECTION1 : LE PARTICULARISME OU LE REFUS DU MONDE

ARABO-MUSULMAN

 

De l’Amérique Latine à l’Asie du sud Est en passant par l’Afrique,

tous les peuples, sauf les arabes, ont touché une partie du dividende de la fin de la guerre froide et de la chute du mur de Berlin. Nulle part ailleurs, les libertés fondamentales ne sont si gravement ignorées.

 

A l’exception de l’expérience électorale récente du Maroc, et

celle du Liban, et peut être de l’un ou l’autre cas dans la région, toutes les élections générales sont régulièrement entachées de toutes sortes de manipulations et des fraudes. Quant aux élections présidentielles, à l’exception des élections en Algérie, c’est toujours le candidat unique qui se présente devant les citoyens pour gagner, face à lui-même, avec des scores de 99% et plus dans le cas de certains référendums.[9] 

 

Peut-on organiser une société démocratique musulmane ? L’expérience historique rend sceptique. Les avancées les plus significatives sont celles de la Turquie, peut-être du Pakistan, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne sont pas définitivement convaincantes. Il semble bien que pour longtemps encore, il faille se contenter de despotes éclairés, comme le furent Kemal Atatürk ou Habib Bourguiba, comme aujourd’hui (1994) Moubarak en Egypte ou Hassan II au Maroc, réprimant de façon musclée les mouvements islamistes mais se rendant régulièrement à la prière et laissant une certaine liberté d’expression canaliser l’opposition modérée. On ne sache pas qu’aucun d’entre eux fut désigné par un vote démocratique, dans laquelle le perdant envoie ses félicitations à l’élu du peuple et se met à sa disposition.

 

A tout moment il y a un pays musulman qui semble proche de la

démocratie Occidentale. L’avant-dernier fut l’Algérie. Le dernier est la Palestine. Quand il fait arrêter des militants du Hamas suspects d’attentats, M. Abbas agit-il en futur démocrate, soucieux d’établir le règne de la loi et des tribunaux, ou en simple despote arabe, réprimant, comme les responsables égyptien et marocain, les menaces des mouvements islamiques armés ?[10]

 

§1 : La Civilisation Arabo-musulman est-elle Spécifique ?

 

La culture arabo-islamique présente deux caractéristiques

majeures. Il y a d’abord l’invariabilité des sources absolues de cette culture, avec l’ensemble des croyances, des lois, des valeurs et des morales de conduite qui en sont l’émanation. Face à cette constance transhistorique s’affirme l’autre dimension de la culture arabo-islamique qui en fait une culture ouverte au changement. Cette valeur se manifeste à travers la richesse et la diversité de l’activité jurisprudentielle de la communauté musulmane. Une telle pluralité tolérait en son sein aussi bien les interprétations justes que les cogitations erronées. Aussi, l’expression de l’avis différent était-elle dans l’ordre naturel des choses chez tous les musulmans.

 

Du fait de sa composante irréductible, la culture arabo-

islamique s’apparente à ce qui fait l’essence de l’Islam en tant qu’il est la Religion et le Mode de vie à suivre. Il s’agit de six attributs essentiels, à savoir l’universalité, la complétude, l’idéal du juste milieu, le réalisme, l’objectivité et la diversité dans l’unité.[11]

 

Il ressort de ce qui précède que la culture arabo-islamique diffère nettement des autres modèles culturels, ses traits étant exclusifs. Si ses représentations se cristallisent autour des valeurs de l’Islam, qu’elles découlent du Saint Coran, de la langue arabe ou de l’oeuvre jurisprudentielle des oulémas, la culture occidentale puise, généralement, ses fondements de la pensée grecque, de la loi romaine, du latin et du credo chrétien 

 

Un des traits frappants de la culture arabo-islamique a été de

trouver un moyen terme entre le Rationnel et le Spirituel. Ni l’approche purement rationaliste des Mutazilites, ni le mysticisme outrancier des Soufis n’ont connu de succès parmi les autres représentations de la culture arabo-islamique.

 

En dérivant de la conscience islamique, la culture arabo-

islamique s’érige comme la culture de la conscience humaine. La culture arabe est l’apanage de la Oumma arabe qui doit à l’islam sa constitution en entité à part entière dépositaire de particularités qui sont intrinsèquement siennes. Avant l’avènement de l’islam, elle était scindée en plusieurs tribus qui étaient loin de partager une croyance commune. Il a fallu attendre l’arrivée de l’envoyé de Dieu, le prophète Mohammed comme apôtre de l’Islam. Cette ultime révélation restera à tout jamais la religion des Arabes. Quoique d’essence islamique, à son tour d’origine céleste, la culture arabo-islamique a intégré les différents modèles culturels des peuples musulmans. Elle est, à la fois, culture des Arabes musulmans, des Arabes chrétiens et des Arabes juifs. 

 

Toutes ces communautés religieuses se sont greffées sans

difficulté sur le corps de l’Oumma arabo-islamique qui les a assimilées depuis bien des siècles. La culture arabo-islamique porte, au plus profond d’elle même, l’essence du message tolérant de l’Islam. De portée universelle, elle est ouverte sur les cultures des autres peuples avec lesquelles elle entretient des échanges féconds.

Cette caractéristique est exclusivement arabo-islamique.[12]

 

Le penseur Malek Ibn Nabi a donné à la culture Arabo-islamique quatre piliers : a) le code moral.

b)  l’esthétique

c)   le pragmatisme.

d)  la technicité

 

 

§2 : L’opposition Entre L’islam Et La Démocratie

 

L'analyse de l'articulation entre islam et démocratie permet de vérifier si l'islam constitue (ou non) un obstacle sur la voie de la démocratisation.

 

Le monde musulman, exposé plus que jamais à des changements sociaux intensifiés par le processus de mondialisation, est devenu un terrain d'observation et d'analyse privilégié. Les chercheurs se penchent plus particulièrement sur les rapports entre tradition et modernité politique, entre islam et démocratie ; tandis que pour les acteurs locaux, la situation est un terreau d'expériences sociales et politiques inédites. Le débat sur l'islam et la démocratie est, depuis la montée des mouvements islamistes, au centre des analyses des chercheurs et observateurs qui se demandent si l'islam peut s'approprier, accepter ou tolérer, la démocratie dans sa version occidentale ou encore s'il peut inventer son propre modèle, un modèle issu de son évolution politique et sociale. Ce débat très chargé et qui représente des enjeux cruciaux dans les sociétés musulmanes ne date pas de la montée de l'islamisme et fait incontestablement partie de leur histoire politique au XXème siècle Il sied de préciser les avis diverses quant cette opposition fondée ou pas rendant l’application de la démocratie difficile dans le monde Arabo-musulman.

 

Le concept de démocratie, partie intégrante de la modernité, a été introduit dans le monde musulman à la fin du XIXème siècle, par l'intermédiaire de l'élite moderniste en contact avec la culture européenne (France, Angleterre, Russie). En Iran, les revendications de l'Etat de droit, du parlementarisme, de la participation sociale et de la liberté d'opinion se situaient déjà par rapport à l'islam lors de la révolution de 1906-1911 qui a doté le pays d'une constitution, instrument jusqu'alors inexistant dans le monde musulman. 

 

Rien d'étonnant à ce que la question se pose en ces termes dans

le monde musulman. Les acteurs sociaux et politiques qui luttent pour le pouvoir et pour le contrôle de l'orientation culturelle de leur société se positionnent en effet par rapport aux enjeux de ce débat. Les défenseurs de la «compatibilité » aspirent à un système politique démocratique dont la légitimité islamique permettrait de préserver la dimension culturelle et éthique issue de l'islam tout en ayant une base sociale plus large. Leurs adversaires, qui déclarent l'islam incompatible avec la démocratie, cherchent soit à disqualifier la capacité de l'islam à tolérer un système politique assurant les droits fondamentaux des citoyens, soit à rejeter la démocratie comme projet politique, afin de maintenir ou renforcer un pouvoir religieux autoritaire. 

 

Cette même dichotomie divise les intellectuels occidentaux et

parfois les chercheurs qui prennent position dans le débat. Les uns se référent à la démocratie comme emblème et produit de l'Occident, et à l'islam comme une religion figée dans son temporalité et par nature incompatible avec la modernité politique[13] ; les autres considèrent que l'islam est aussi une construction historique et qu'à ce titre il peut légitimer un système démocratique aussi bien qu'un régime despotique[14]

 

 

 

Le discours occidental sur les rapports entre l'islam et la démocratie demande bien évidemment à être clarifié quant à la logique idéologique qui y préside et aux représentations de l'islam et des sociétés musulmanes qui le sous-tendent. Des contributions se multiplient dans ce domaine. 

 

Les problèmes inhérents aux définitions univoques de concepts polysémiques        comme        « démocratie »    et      « pluralisme »      ont    été minutieusement analysés par Jean Leca[15] et bon nombre de précautions à prendre pour traiter de la question de la démocratie dans le monde arabe et musulman ont été exposées par Ghassan Salamé dans son introduction à Démocraties sans démocrates. Enfin, la lecture critique par Jean-Claude Vatin.[16] De ces mêmes travaux, a expliqué l'essentiel de ce que l'on peut dire du parcours des chercheurs et des obstacles qu'ils rencontrent dans leurs tentatives de compréhension du monde musulman. 

 

MICHAEL GOVE dit qu’il n’y a pas de contradiction entre l’islam

et la démocratie si l’on se réfère aux versets du Coran. La démocratie ne réside pas seulement dans la politique. Elle est aussi dans la culture et les comportements. Dans le premier verset du Coran, Allah dit : J’ai créé les humains. Tous les humains, hommes et femmes, ne forment qu’une nation et je les ai créés afin qu’ils puissent se connaître les uns les autres et vivre et travailler ensemble. L’origine de la démocratie est là, dans le respect mutuel. Dans d’autres versets, Allah dit que les musulmans doivent respecter les autres religions. Cela aussi fait partie de la démocratie.

 

Il n’y a que trois versets qui parlent de politique. Le premier dit

qu’Allah est le super dirigeant. Le deuxième dit que pour gouverner, il faut avoir été choisi par le peuple. Et, enfin, Allah a dit que la démocratie, c’est la coexistence entre le dirigeant et le peuple. Il n’y a donc pas de contradiction entre l’islam et la démocratie.

Le Hamas est arrivé au pouvoir à l’issue d’élections démocratiques. Tout le monde occidental est contre le Hamas.[17] 

 

 

SAMIR EL-YOUSSEF dit la même chose que Michael Gove : non,

l’islam n’est pas compatible avec la démocratie. Pourquoi ? Parce que l’islam est une religion monothéiste et que, comme toutes les religions monothéistes, il ne croit qu’en un seul Dieu et en une seule parole, une seule liberté, une seule vérité et une seule justice. Comment peut-on avoir une démocratie dans ces conditions ? C’est aussi simple que cela. Ce n’est pas spécifique à l’islam. Il en va de même du judaïsme et du christianisme.

On ne peut pas avoir de démocratie avec une religion monothéiste.

 

Mais pourquoi devrait-on être démocrate ? En imaginant qu’il y

ait quelque part dans le monde des gens qui sont satisfaits de leur sort et qui ne sont pas des démocrates, en quoi cela nous regarde-t-il ? Pourquoi ne pas les laisser vivre comme ils l’entendent ? Le véritable défi n’est pas de répandre la démocratie dans le monde, surtout pas de la façon dont s’y prend George W. Bush. Le vrai défi, pour les gens qui se disent démocrates ou progressistes, c’est d’accepter la diversité.

 

Par contre un autre courant est d’avis contraire. 

 

Si on lit les journaux ou qu’on écoute les commentateurs au

sujet des affaires internationales, on entend souvent – et on sous-entend plus souvent encore – que ce n’est pas le cas. Dans les années 90, Samuel Huntington a déclenché un tollé en publiant The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order, où il présente ses prévisions pour le monde, avec véhémence. 

 

Dans le domaine politique, il fait observer que, même si la Turquie et le Pakistan peuvent prétendre quelque peu à une légitimité démocratique, tous les autres pays musulmans sont majoritairement non démocratiques : monarchies, systèmes à parti unique, régimes militaires, dictatures personnelles ou une certaine combinaison de tous ces éléments, le tout reposant générale ment sur une base limitée (liens familiaux, de clan ou tribaux). Il fonde son argumentation sur le fait que, non seulement ces gens « ne nous ressemblent pas », mais ils s’opposent même à nos valeurs démocratiques essentielles. Comme d’autres, il constate que le concept de démocratie à l’occidentale suscite une résistance dans d’autres parties du monde et que la confrontation est la plus manifeste dans les régions d’obédience islamique. 

 

On constate la même attitude de l’autre côté de la médaille. Un

érudit religieux iranien, réfléchissant sur une crise constitutionnelle survenue au début du 20ème siècle.[18]

 

Une opinion semblable a été tout récemment exprimée par Ali Belhadj, professeur algérien dans une école secondaire, ainsi que prédicateur et (dans ce contexte) un dirigeant du Front islamique du salut (FIS), lorsqu’il a déclaré que la démocratie n’était pas un concept islamique. L’affirmation qui est peut-être la plus percutante à ce sujet est attribuable à Abou Moussab al-Zarkaoui, chef des insurgés sunnites en Irak qui, devant la possibilité d’une Élection, a dénoncé la démocratie comme étant « un principe du mal ». Toutefois, selon certains érudits musulmans, la démocratie demeure un idéal important de l’islam, sous réserve qu’elle soit toujours assujettie à la loi religieuse. L’insistance sur la prépondérance de la charia figure dans presque tous les commentaires islamiques, modérés ou extrémistes, sur la gouvernance. Il ne faut obéir à un dirigeant, qui reçoit son autorité de Dieu, Tous les autres pays musulmans sont majoritairement non démocratiques : monarchies, systèmes à parti unique, régimes militaires, dictatures personnelles ou une certaine combinaison de tous ces éléments que s’il limite ses actions à la supervision de l’administration de la charia. 

 

S’il agit autrement, il est un non-croyant et les musulmans

convaincus doivent se révolter contre lui. Voilà la justification à l’origine d’une bonne partie de la violence qui afflige le monde musulman et qui s’est manifestée, par exemple, en Algérie pendant les années 90. On s’entend généralement (malgré quelques dissensions) pour considérer qu’un État islamique comprend nécessairement trois volets : la communauté des musulmans, la règle de la loi islamique (charia) et une personne pour diriger la communauté et appliquer la loi, souvent appelée le calife. Mais il y a de profondes différences entre la conception d’un État islamique chez les penseurs islamiques et le concept standard d’un État démocratique en Occident. La souveraineté et l’autorité finales sont ultimement détenues par Dieu, et non par « le peuple » ni « la nation ». Un processus législatif ne fait pas partie du système, car toutes les lois possibles et nécessaires ont déjà été créées par Dieu et transmises à l’homme par le Prophète sous la forme du Coran. Pour être l’âme de la nation, la culture en est incontestablement le trait le plus intime. Elle se trouve au cœur de toute oeuvre de construction et de renouveau. C’est son souffle et son essence qui animent la nation et lui procurent ses marques distinctives. Ainsi, à toute société correspond impérativement une culture particulière qui lui attribue des propriétés propres et exclusives. 

 

Et l’histoire regorge d’exemples illustrant ce postulat. Il suffit

de citer quelques uns des multiples modèles culturels qui se sont succédé à travers les âges, comme la culture grecque, romaine, hellénistique, indienne, pharaonique et perse. Du Septième au Quinzième siècle, les Arabes s’imposèrent dans tous les domaines, qu’il s’agisse de science, de culture ou de toute autre activité de la pensée. Tout au long de ces huit siècles, jamais l’excellence arabe ne souffrit de repli. Le monde entier était témoin de l’âge d’or de la culture arabo-islamique. Mais un retournement de situation fit que les musulmans arabes s’affaiblirent petit à petit, abandonnant du coup les ouvrages de l’esprit qui faisait leur gloire. Ceux-là même qui tinrent, des siècles durant, la bannière du savoir et de la pensée humaine, allaient céder à l’immobilisme et à l’imitation. Dépouillés du leadership qu’ils gardèrent jalousement pendant longtemps, ils achevèrent de fléchir devant la force irrésistible de la culture occidentale qui marqua profondément leur littérature, leurs arts et leurs modes de vie.

 

Quitte aux gouvernements de la région qui gouverne ces Etats, à vouloir démocratiser davantage leur régime tout en conserva ou en y empreignant la loi religieuse ou encore de profiter de cette situation pour radicaliser davantage le régime. Car en tout point politique c’est le type de pouvoir politique qui fait apparaître cette opposition plus radicale ou pas.   

 

 

§3 : L’organisation Du Pouvoir Et Droit Musulman 

 

Le système du droit musulman est de nature essentiellement

religieuse : les deux sont indissociables. Selon Jean-Paul Payre, docteur en droit et diplômé de l’Institut d’études politiques de Grenoble, « Le droit musulman est un système de devoirs comprenant des obligations rituelles, morales et légales, mises sur le même plan, toutes soumises à l’autorité du même impératif religieux ». Le droit est d'ordre divin. En principe, le droit musulman ne s'applique qu'aux musulmans. En terre d'Islam, les autres croyants sont régis par la dhimma (protection tutélaire, voir l'article dhimmi).

La loi est structurée en deux parties :

Al Mu'amalat qui concerne la morale, le droit civil, le droit pénal, 

Al 'Ibadat qui concerne la liturgie, la prière, l'adoration 

 

a. Sources du droit musulman 

 

Bien que connu particulièrement des occidentaux pour son statut personnel et son code pénal, ce droit englobe l'ensemble des activités humaines, incluant aussi des règles de commerce et de gouvernement. Selon les écoles (madhhab), différentes lois charia et donc jurisprudences (fiqh) seront produites. Il s'appuie sur quatre sources principales :

 

Le Coran

 

Le Coran constitue essentiellement le code révélé d’un État supra-national ». Les contenus à caractères légaux du Coran sont insuffisants pour régler l'ensemble des questions de droit. Un tafsir (exégèse musulmane) du Coran est rendu nécessaire de par plusieurs passages peu clairs. Le type et la méthode de tafsir vont créer plusieurs écoles de droit, ou rite. 

 

La sunna 

 

Elle est consignée dans le hadith (dits et faits ainsi que silences) du prophète Muhammad et de ses compagnons relatés par des chaines d'intermédiaires appelés aussi garants (isnad). Le prophète est considéré comme un exemple pour l'ensemble des musulmans. Ces hadiths vont donc servir de matière première lors de l'élaboration des lois : ce qu'a fait le prophète en telle circonstance aura force de loi, en première approximation.

  ijmâ` 

 

Non reconnue par les chiites, elle se fonde sur un hadith : « Ma

communauté ne s’accordera jamais sur une erreur ». Le mot important est

« consensus » 

La méthode de raisonnement par analogie : qiyâs

 qiyas.

 

Si une règle est connue concernant un élément particulier, il est

possible de décliner cette règle sur un élément similaire. Là aussi, les écoles divergent sur cette utilisation. 

 

Sources secondaires

 

À ces quatre sources s'ajoutent plusieurs autres sources

secondaires :

L’opinion personnelle ou istihsân (approbation), l'istislâh, prise

en considération de l'intérêt général 

 

La coutume (Bil Mahrouf ou `âda) 

C'est ainsi que des coutumes pré-islamiques ont pu être

intégrées dans la loi musulmane. 

L’imitation des décisions des anciens (taqlid), par opposition à

l'ijtihad 

l'ijtihad, effort de réflexion personnelle basée sur les principes

généraux de l'islam. Elle est pratiquée par les muftis (juristes) ou les mujtahids (savants). 

 

Pour les problèmes de proximité, les jugements sont rendus par les cadis. Ils ne sont toutefois pas source de droit : pas d'effet de jurisprudence, à la différence du droit américain par exemple.

 

Plusieurs écoles d'interprétation de la foi (Madhhab) sont

apparues selon les conceptions religieuses des penseurs musulmans. Aux premiers temps de l'islam, les plus importantes étaient celles de Kufa, Médine, Bassorah et La Mecque. Par compétition, ces écoles ont peu à peu laissé place à certains courants de pensée inspirés par un grand juriste et son école et ne sont plus cantonnées à un emplacement géographique.

 

On dénombre de nos jours plusieurs courants s'inspirant des

écoles majeures, et autant de déclinaisons de la charia, ou loi musulmane. Il en existe quatre majeures pour le sunnisme et deux pour le chiisme. Un évènement très important eut lieu au Xe siècle (IVe siècle de l'Hégire), un calife abbasside ferme les "portes de l'interprétation" (Bab el ijtihad) et fige les quatre écoles qui se reconnaissent mutuellement. De fait elles rejettent les autres y compris les écoles chiites.

 

L'école hanafite, d'Abu Hanifa Al-Nu'man Ibn Thabit (699 - 760), dite école de la libre opinion car elle fait une grande place à l’interprétation ; on la retrouve aujourd'hui en Turquie, ex-Union soviétique, Égypte, Jordanie, Syrie,… 

 

L'école malekite, de Mâlik ibn Anas (env. 712 - env. 796), est celle qui s'inspire le plus de la sunna ; on retrouve son influence aujourd'hui au Maghreb, au Soudan, en Afrique occidentale l'école shafiite, de Mouhammad abū àbd allah ben idrīs aš-šāfi`ī (767 - 820), tente de trouver un moyen terme entre les deux écoles ci-dessus ; on la retrouve en Palestine, au Pakistan, au Kurdistan, en Asie du sud-est, et en Afrique de l’Est l'école hanbalite, d'Ibn Hanbal (780 - 855), est exclusivement attachée à la sunna ; on la retrouve aujourd'hui en Arabie saoudite et au Qatar. 

 

Il existe par ailleurs deux écoles chiites principales : l'école ja'farite, en Irak et en Iran l'école zaydite, de Dawud ben `Alî alIsfahânî, repris par Ibn Hazm de Cordoue, Andalousie, actuellement rencontrée au Yémen. 

Plusieurs points de divergences séparent ces écoles. Par

exemple, la différence de traitement des versets du Coran abrogeant et abrogés, la pondération relative des diverses sources de savoir,…

 

Bien qu'il ne soit plus appliqué en l'état aujourd'hui, le droit

musulman couvre l'ensemble des domaines du droit.

 

Activités cultuelles 

 

Ce secteur comprend les obligations religieuses proprement

dites, en particulier les règles régissant la prière ou la nourriture.

 

Statut personnel 

 

Secteur le plus connu du droit musulman, le statut personnel musulman est appliqué dans la plupart des pays musulmans. Il régit particulièrement le mariage, la filiation et l'héritage.

 

Il se distingue du droit occidental par l'importance qu'il apporte à la filiation paternelle : un enfant ne peut être privé de filiation paternelle. C'est dans cette optique que l'Islam prohibe l'adoption, a laquelle il substitut la kafala, mesure de recueil légal qui n'altère pas la filiation de l'enfant.

 

Droit commercial et financier

 

Le droit musulman régit les activités commerciales et

financières, de plusieurs manières.

Tout d'abord en interdisant les activités commerciales fondées

sur des activités interdites par d'autres branches du droit musulman :

c'est le cas par exemple de la vente d'alcool.

 

Le droit musulman prohibe aussi le prêt à intérêt, interdisant

aussi bien le fait de prêter que d'obtenir un tel prêt.

 

Les Acteurs du droit

 

Le cadi  

Le cadi est le juge de droit musulman. Un appel contre ses

décisions peut être interjeté auprès du mufti.

 

Le mufti

 

Le mufti, ou mollah pour les chiites, est une personne

connaissant le droit musulman à qui le requérant (personne physique ou morale) demande de rendre un avis sur un problème juridique ou pratique, une demande de conformités aux préceptes du droit musulman. Au terme de cette consultation, le mufti émet une fatwa. Le premier mufti est Dieu, parlant par l'intermédiaire de Mahomet (selon la croyance musulmane). À la disparition de celui-ci, la fonction de mufti est endossée par les califes, puis par des personnes spécialisées (Oulémas) et muftis. Le mufti est donc dans le système de droit musulman un substitut de Dieu, un héritier du prophète. Il est celui qui distingue les actes halal (licites) des actes haram illicites.

 

En l'absence de mufti pour le conseiller, un musulman ne sera en

théorie pas tenu responsable de ses actions s'il commet une erreur, quoi qu'il fasse : il serait considéré comme "ignorant" (jehel). Il est donc parfois considéré nécessaire à toute société musulmane d'avoir un mufti, y compris aujourd'hui. Bien que les états modernes n'aient plus techniquement besoin de lui, par la mise sur papier d'un code, il n'est pas rare que des muftis soient en ligne sur internet ou répondent à des questions à la télévision.

 

L'adel 

 

L'adel (pluriel : adouls) est le notaire de droit musulman. Au Maroc, c'est lui qui a la charge de célébrer les mariages.[19]

 

 

CHAPITRE III : LE DILEMME D’UNE VRAIE DEMOCRATIE DANS LE MONDE ARABO-MUSULMAN ?

 

Si la démocratie est une chose souhaitable dans le monde Arabo-musulman, il sied de constater cependant que cela présente toujours un danger car la civilisation comporte plusieurs facettes. D’où la peur entre sa démocratisation à l’occidentale où le soutien des régimes en place afin de contenir les forces subversives.

 

 

SECTION1 : LE GRAND MOYEN ORIENT ET SON DILEMME

 

A. La doctrine de remodelage du Grand Moyen-Orient

 

« Tant que cette région sera en proie à la tyrannie, au désespoir et à la colère, elle engendrera des hommes et des mouvements qui menacent la sécurité des Américains et de leur alliés. Nous soutenons les progrès démocratiques pour une raison purement pratique : les démocraties ne soutiennent pas les terroristes et ne menacent pas le monde avec des armes de destruction massive. » (Discours de George W. Bush au Congrès, le 4 février 2004).

 

 

Le président Bush a d'abord évoqué la doctrine de remodelage du Grand Moyen-Orient le 26 février 2003 devant une réunion de néo conservateurs de l'American Enterprise Institute (AEI), avant de la développer le 9 mai 2003 dans un discours à l'université de Caroline du sud

22

 

L'initiative vise un vaste ensemble d'États, d'histoire et de

culture, différentes (les 22 pays de la Ligue arabe - c'est-à-dire les sept

                                                 

22 President Discusses the Future of Iraq, Office of the Press Secretary, White House, 26 February 2003 et

Remarks by the President in Commencement Address at the University of South Carolina, Office of the Press Secretary, White House, 9 mai 2003

membres fondateurs suivants : l'Égypte, l’Irak, le Liban, l’Arabie saoudite, la Syrie, la Jordanie, le Yémen nord, ainsi que la Libye, le Soudan, le Maroc, la Tunisie, le Koweït, l’Algérie, le Yémen du Sud (unifié depuis 1991 avec le Yémen du Nord), le Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis, Oman, la Mauritanie, la Somalie, Djibouti, les Comores et l'Organisation de libération de la Palestine ; et 5 États non arabes - la Turquie, Israël, l'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan. L'Initiative de partenariat au MoyenOrient (Middle East Partnership Initiative[20] , a ainsi été approfondie en Initiative de Grand Moyen-Orient (Greater Middle East Initiative, GMEI), et vise à transformer le paysage politique et économique de cet ensemble. Lors de son discours sur l'état de l'Union du 24 janvier 2004, George Bush déclara ainsi : « Tant que le Moyen-Orient restera un lieu de tyrannie, de désespoir et de colère, il continuera de produire des hommes et des mouvements qui menacent la sécurité des États-Unis et de nos amis. Aussi, l’Amérique poursuit-elle une stratégie avancée de liberté dans le Grand Moyen-Orient », jetant ainsi les bases de ce qu'on appelle désormais la doctrine Bush.

 

Quelle est l’importance géopolitique ou géostratégique de la

formule du « Grand Moyen-Orient » et quelles sont les différentes vues qui peuvent exister au sein des Etats-Unis, l’Union Européenne et des régimes qui se trouvent dans cette large région ?

La formule du « Grand Moyen-Orient » (GMO), tel que défini par Washington, correspond à un découpage régional d’un point de vue stratégique strictement états-unien, sans rapport aucun avec les réalités historiques, culturelles, sociales, politiques ou économiques qui fondent les découpages régionaux en général. C’est d’ailleurs pourquoi cette formule n’a pas convaincu d’autres partenaires que les Etats-Unis eux-mêmes, ainsi que leur allié israélien qui partage en bonne partie leurs soucis stratégiques.

Il n’y a, en effet, aucune raison de définir une région qui va du Maroc à l’Afghanistan, en passant par la Turquie et l’Iran, sans intégrer le Caucase et l’Asie centrale, qui font partie, avec l’Orient arabe et les pays non arabes du soi-disant « GMO », de ce que l’on appelle l’Asie occidentale.

En outre, pourquoi le Pakistan et l’Afghanistan devraient-ils appartenir au « GMO » plutôt qu’à l’Asie du Sud qui les regroupe avec le reste du souscontinent indien, etc. ?

Il est clair que la seule logique du découpage proposé par Washington est de correspondre à la zone d’expansion de l’intégrisme islamique hostile aux Etats-Unis. Cette logique s’inscrit dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » déclarée par l’administration Bush depuis le 11 septembre 2001. Les pays de l’ex-zone soviétique n’ont pas été inclus afin de ne pas froisser Moscou. Le reste du sous-continent indien non plus, afin de ne pas froisser New Delhi...

Le projet a été annoncé au moment où l’administration Bush était fortement embarrassée par le fait d’avoir à reconnaître que les fameuses « armes de destruction massives » n’existaient pas en Irak, malgré ses affirmations contraires pour justifier l’invasion du pays. Elle a alors choisi de mettre l’accent sur un prétexte de substitution : la « démocratie ». Washington a cherché à se justifier au nom d’une nouvelle version de la « mission civilisatrice » de l’époque coloniale.

Pour toutes ces raisons, le projet n’a pas convaincu. Les États concernés ont largement rejeté le découpage proposé, à commencer par les pays arabes. Même les alliés européens de Washington ont montré très peu d’enthousiasme. L’initiative de Washington a subi un véritable fiasco.

 

A.1 Grand Moyen-Orient, ou Lutte pour l’Energie et la Suprématie

 

Quelle est l’importance de la lutte pour le contrôle des

ressources énergétiques parmi les différentes grandes puissances globales et régionales ?

La lutte pour le contrôle des hydrocarbures est l’un des « mobiles » de l’histoire mondiale depuis le début du XXe siècle : elle était déjà un des enjeux majeurs de la Première Guerre mondiale. L’impérialisme allemand a cherché à s’assurer une présence dans ce qui est aujourd’hui l’Irak par accord avec l’Empire ottoman, tandis que les Britanniques et les Français se sont entendus, dès 1916, sur le dépeçage de l’Empire. Avec l’importance croissante de la consommation de pétrole comme source énergétique tout au long du siècle, la lutte pour le contrôle des ressources pétrolifères mondiales a sans cesse gagné en importance stratégique. Les Etats-Unis ont réussi à s’assurer une position prépondérante dans cette lutte en établissant, dès les années 1930, leur protectorat de facto sur le Royaume saoudien qui s’avérera détenir la plus grande part des réserves mondiales de pétrole. Dès la Seconde Guerre mondiale, Washington décidait de construire une base militaire majeure sur le territoire du Royaume, en pleine zone pétrolifère. Cette base dut être évacuée sous la pression du nationalisme arabe nassérien au début des années 1960.

C’est dans ce contexte que les Etats-Unis établirent une alliance

stratégique privilégiée avec l’Etat d’Israël, devenu leur principale force militaire par procuration dans la région depuis les années 1960 jusqu’à la fin des années 1980. En 1990, l’agonie de l’URSS et l’invasion du Koweït par le régime de Saddam Hussein donnèrent à Washington la possibilité de rétablir une présence militaire massive dans la région du Golfe arabopersique, en particulier sur le territoire saoudien.

Ce retour, tant dans ses modalités militaires que dans ses

résultats en termes de contrôle americain sur cette région qui détient les deux tiers des réserves mondiales de pétrole, a joué un rôle décisif dans la définition de l’après-guerre froide : alors que certains ont pu croire que la fin de l’URSS allait dévaluer la tutelle militaire qu’exerce Washington sur ses alliés européens et japonais, la guerre du Golfe de 1991 illustra de manière spectaculaire le caractère « indispensable » des Etats-Unis dans la défense du système de la domination occidentale (au sens politique, Japon inclus) à l’échelle mondiale.

C’était d’autant plus crucial sur le plan stratégique que les ressources pétrolières mondiales sont condamnées inexorablement au tarissement au cours de ce nouveau siècle. Avec le temps, dès la prochaine décennie, sinon dès aujourd’hui selon certains, le marché pétrolier va connaître une tension croissante poussant les prix à la hausse par conjonction d’une forte croissance de la demande et d’une stagnation, puis d’un déclin de l’offre pour des raisons physiques.

 

B. Le dilemme

 

 Derrière l'idéologie du choc des civilisations : la vision réductrice identifiant la guerre contre le terrorisme avec une confrontation entre aires culturelles et religieuses, le Grand MoyenOrient faisant notamment abstraction de la réalité complexe des relations entre l'islam et les autres religions .

 

La simple énumération des différentes régions comprises dans

la formule de « Grand Moyen-Orient » montre qu'il est impossible de les réduire à une seule expression et de les amalgamer ainsi comme s'il s'agissait d'un bloc de civilisation, attisant ainsi l'hypothèse d'un choc des civilisations. En effet, ces différentes régions ne sont unies ni par la religion, ni par l'origine ethnique des populations, ni même par une histoire commune. Si l'islam est majoritaire, il y a dans ces pays d'autres religions présentes, sans parler de l'État d'Israël.

 

L'expression ne recouvre donc pas le monde musulman, celui-ci s'étend en Asie, en particulier avec l'Indonésie. Le « Grand MoyenOrient » ne recouvre pas non plus le monde Arabo-musulman, puisqu'il inclut l'Iran perse, la Turquie, Israël, l'Afghanistan et les populations caucasiennes et d'Asie centrale qui n'ont rien d'arabe. Aussi, la légitimité de cette formule est mise en cause par de nombreux observateurs de ces différentes parties du monde, et semble être davantage le fruit d'une vision géostratégique et idéologique de l'équipe en place à Washington, dénoncée par ses détracteurs comme une nouvelle forme de l'impérialisme, de l'hyper puissance américaine, davantage qu'un outil possédant une quelconque valeur heuristique ou scientifique.

 

Aujourd’hui, Washington se retrouve dans une situation

éminemment difficile en Irak : non seulement en raison de l’extension des actions armées dans les régions arabes sunnites du pays, mais aussi, et surtout, en raison de l’émergence par les urnes d’un gouvernement de légitimité populaire, soutenu par des forces politico-religieuses hostiles au maintien à long terme, si ce n’est à court terme, de la présence des troupes étrangères dans le pays. Un gouvernement qui a plus de sympathies pour Téhéran que pour Washington, au moment où les EtatsUnis, et leur allié israélien, s’opposent frontalement à un « axe du mal » régional qui va du Hezbollah libanais au régime iranien, en passant par le régime syrien et, maintenant, des forces pro-iraniennes prépondérantes dans le nouveau gouvernement irakien.

Pourquoi la dimension religieuse a un rôle croissant dans la

région et quelles sont les possibilités d’évolution des différents courants qui s’expriment ?

Il y a deux réponses possibles à cette question : l’une est de

nature « essentialiste » ou « culturaliste », et postule que la force des courants islamiques, en particulier les courants intégristes islamiques, dans la région est due à la nature même de l’islam en tant que religion. Mais cette réponse ne saurait expliquer pourquoi, s’il en est ainsi, ce ne fut pas toujours le cas. Dans les années 1950 et 1960, les courants intégristes avaient été réduits à un rôle marginal par le nationalisme « socialisant », notamment sa version nassérienne dans le monde arabe. Ce n’est qu’à partir de la fin des années 1970 que les courants intégristes, catalysés par la « révolution islamique » en Iran, se sont imposés comme vecteurs principaux des contestations populaires, en particulier les plus radicales.

L’autre réponse à la même question situe l’explication dans les

facteurs socio-économiques et politiques : l’exacerbation des tensions sociales avec les mesures de libéralisation économiques pratiquées dans la région dès les années 1970, aggravées par l’inflation dérivée de la hausse des revenus pétroliers, a alimenté le ressentiment populaire. Or, celui-ci ne pouvait plus s’exprimer par le canal du nationalisme progressiste frappé de discrédit et agonisant ou dégénéré (comme les régimes baasistes de Damas et Bagdad). Par ailleurs, le mouvement ouvrier autonome est quasiment absent de l’ensemble de la région, et la gauche radicale n’a jamais dépassé un statut très marginal, d’autant que, dès les années 1970, le « communisme » était à son tour de plus en plus discrédité avec la décrépitude de l’URSS, puis l’invasion soviétique de l’Afghanistan.

Dans ces conditions, les courants intégristes se sont imposés comme vecteur de rechange. Ils avaient été promus, dans les années antérieures, par Washington et ses alliés saoudiens comme instrument idéologico-politique de lutte contre le nationalisme de gauche dans les pays musulmans, puis utilisés par les gouvernements locaux, dans les années 1970, pour contrer la poussée de gauche consécutive à la guerre israéloarabe de 1967 et à la montée de la Résistance palestinienne.

Certes, la nature de la religion islamique est un facteur important : elle explique le caractère socialement réactionnaire des contestations intégristes, puisque toute adhésion littéraliste aux corpus théologique classique de l’islam, vieux d’un millénaire, ne peut se traduire autrement que par une attitude éminemment rétrograde face à la société moderne.

A cet égard, la comparaison avec l’Amérique latine est

éclairante : dans cette partie du monde, les idéaux de gauche - comme on s’en aperçoit bien aujourd’hui - ont beaucoup moins été discrédités que dans le monde musulman, notamment en raison de la popularité maintenue du régime cubain. Par ailleurs, dans la religion chrétienne, le retour aux « écritures saintes », lorsqu’il privilégie les Evangiles au détriment de l’Ancien Testament, est beaucoup plus facile à concilier avec une politique de gauche, voire de gauche radicale, que dans l’islam. La raison en est que le corpus fondateur de l’islam contient déjà une codification des rapports sociaux et de certaines formes de pouvoir de son époque, de même que l’Ancien Testament, tandis que le message christique est essentiellement moral et « égalitaire », laissant « à César » le gouvernement des humains. C’est par ces facteurs combinés, entre autres, que s’explique, à mon sens, le rôle fondamental de la théologie de la libération dans la gauche latinoaméricaine.

Maintenant, quelles sont les possibilités d’évolution de la

contestation politico-religieuse islamique ? Pour les raisons déjà indiquées, j’exclus une radicalisation « à gauche » de ces courants, une version musulmane de la théologie de la libération que certains croient possible, et que d’autres ont cru même reconnaître dans les courants intégristes actuels malgré le caractère éminemment réactionnaire de leur programme sur le plan social, en particulier en ce qui concerne les femmes. L’intégrisme musulman, avec toutes ses contradictions et ses aspects réactionnaires, continuera à dominer la scène de la contestation populaire tant que n’émergera pas une alternative progressiste crédible, qui pourrait être issue en partie de ruptures en son sein.

Il faudrait qu’apparaisse et s’impose sur le terrain de la contestation dans le monde musulman un prolongement régional du mouvement alter mondialiste, qui me semble être le principal vecteur d’une nouvelle gauche à l’échelle mondiale. Pour le moment, cette perspective en est encore au stade embryonnaire dans les pays musulmans. Mais si le mouvement mondial continue à prendre de l’ampleur, il ne manquera pas de catalyser puissamment la croissance de ses ramifications dans le monde islamique.[21]

 

§1 : Les Guerres Préventives

 

L'invasion de l'Afghanistan en 2001 puis celle de l’Irak en 2003

ont été les deux premières opérations du projet de remodelage du Grand Moyen-Orient des néoconservateurs américains, réunis derrière le président Bush, le vice-président Dick Cheney et le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, qui visent à étendre l'influence des États-Unis dans ces régions stratégiques du globe. Washington prétend ainsi favoriser le développement démocratique dans l'ensemble de ces pays, aider ces pays à s'insérer dans l'économie mondiale, et soutenir l'émancipation des femmes.

 

En outre, de nombreuses critiques s'élèvent contre la guerre en Irak, affirmant qu'il s'agissait là plutôt d'intérêts particuliers de l'équipe Bush que d'un véritable souci pour un dictateur fatigué, Saddam Hussein, dont Washington savait bien qu'il ne cherchait pas à se doter d'armes de destruction massives (ADM), ce qui ne l'empêcha pas de prôner une guerre préventive avant même de connaître les résultats de l'enquête de l'AIEA.

 

L’objectif de Washington était clairement de parachever sa

mainmise sur la région du Golfe : d’abord en s’emparant de l’Irak, puis en rétablissant sa tutelle sur l’Iran, tombée avec le Chah en 1979. C’est pourquoi l’occupation de l’Irak - que Bush père n’avait pas pu mener jusqu’au bout pour des raisons politiques - est restée une préoccupation stratégique prioritaire de Washington après 1991, avec un embargo aux conséquences génocidaires imposé au pays.

Le 11 septembre 2001 offrit à l’administration de Bush fils, dix

ans plus tard, le prétexte idéologico-politique pour mener à bien cette occupation différée, non sans quelques mensonges à l’appui.

Aujourd’hui, avec le Royaume saoudien, les autres monarchies pétrolières et l’Irak - pourvu, bien sûr, que Washington parvienne à stabiliser son occupation de ce dernier pays - les Etats-Unis contrôlent dans cette seule région près de la moitié des ressources pétrolifères mondiales.

 

§2 : Les Terrorismes Religieux

 

Nouvellement apparu dans l'actualité de cette fin de siècle, le

terrorisme d'inspiration religieuse est en fait l'une des plus anciennes manifestations du terrorisme. Entre 66 et 73 av. J.-C., en Palestine, les Zélotes combattirent l'occupation romaine avec des méthodes relevant du terrorisme en empoisonnant les puits, assassinant et massacrant la population. Le " jusque-boutisme " religieux a touché toutes les religions à une période ou une autre de l'histoire jusqu'à notre époque.

 

Elle apparaît de nos jours comme l’arme qu’ utilisent les islamistes afin de protester soit pour condamner l’ingérence de la puissance occidentale dans leurs affaires intérieures ou encore contre le dérive de leur gouvernement jugé partisans de cette même puissance occidentale. 

Ainsi depuis la fin de la guerre froide, il est devenu le mal à

combattre et à lutter contre.    

La principale caractéristique du terrorisme religieux est qu'il

s'inscrit dans un référentiel non séculier. Ses objectifs ne se situent pas au niveau de la société, mais des idées, de la morale ou de la " spiritualité ". Le terrorisme politique, lui, cherche à atteindre des objectifs liés à la société temporelle, il doit donc trouver un équilibre délicat entre l'action violente et une mobilisation nécessaire au soutien politique.

Ainsi, l'on constate que le terrorisme politique, même s'il est

meurtrier, fait souvent preuve de " retenue ". Par exemple, fréquemment, les attentats à la bombe sont annoncés à l'avance, ou les bombes explosent à un moment où le nombre de victimes potentielles est plus faible. L'objectif est plus souvent de démontrer la capacité de tuer, une capacité de conserver l'initiative et est ainsi davantage une manifestation de puissance.

Le terrorisme religieux, en revanche, évolue dans un système

complexe de valeurs d'ordre moral ou spirituel, face auquel la vie humaine n'a qu'un poids limité.

Le terrorisme nord irlandais, en dépit de la violence entre les communautés catholique et protestante n'est pas un terrorisme d'inspiration religieuse. Il est le moyen choisi pour changer une situation politique et sociale issue d'une époque où l'appartenance à l'une ou l'autre des communautés avait des conséquences sociales. L'enjeu du terrorisme en Ulster dans ni l'une ni l'autre des deux parties ne se situe au niveau religieux.

De manière analogue, le terrorisme palestinien des années 6080 avait des objectifs politiques et sociaux, et non religieux, même si le gouvernement israélien a souvent expliqué ce terrorisme par l'antagonisme religieux. Il en est cependant tout autre du terrorisme des mouvements palestiniens islamistes. Avec la disparition du soutien idéologique (et logistique) des pays de l'Est, le terrorisme en Palestine a été alimenté par l'islamisme. Ainsi, comme on le constate avec les Frères Musulmans il y a un compromis entre les objectifs politiques et sociaux " traditionnels " du terrorisme palestinien et ceux du terrorisme islamique.

Le cas le plus évident est celui de : OUSAMMA BEN LADEN, MOHAMMED ATTA, SIMON BAR KOKHEBA, l’égyptien   les frères musulmans… Ils agissent ainsi estimant que leurs Etats étant faibles ou complices pour attaquer une puissance occidentale dont seul le terrorisme peut y arriver.

 

§4 : Le choc des civilisations ou des puissances hégémoniques ?

 

 Une civilisation est constituée par le groupement humain le plus

élevé ayant atteint le niveau d’identité culturelle dont les hommes ont besoin pour se distinguer des autres groupes.

La réticence du monde arabo-islamique, ou sa spécificité qui fait

que la démocratie a du mal à s’instaurer, cette situation avec les deux guerres préventives menées respectivement contre l’Afghanistan et l’Irak par les USA, ont fait surgir cet écart d’injustice emprunt d’humiliation des peuples arabes, qui tous unis (peuple ont condamné cet état de chose), ainsi apparaîtra très clairement cette différenciation du point de vue valeurs culturelles.

 

Devons nous dire que nous sommes en entré à  l’heure d’un choc

de civilisation dont parle Samuel Huntington. Assistons-nous à ce choc ou ce choc est encore à devenir ? Si choc il y avait qui en serait les leaders de chacune des parties c’est du monde occidental chrétien et de l’autre, du  monde arabo-islamique.

Nous allons premièrement analyser ce concept de choc de

civilisation, sa probabilité et les critiques en sont envers.

 

A. Samuel Huntington et le choc des Civilisations 

 

     La thèse de l’auteur.

 

Samuel Huntington part du constat que les distinctions

essentielles entre les individus ne sont pas de nature idéologique, politique ou économique mais culturelle, car le monde est en butte à une crise générale d’identité. Lorsque les peuples s’efforcent de répondre à la question : qui sommes nous ? Leur réponse fait référence aux ancêtres, à la religion, à la langue, à l’histoire, aux valeurs, aux coutumes, aux institutions. 

 

Il en déduit que les peuples s’identifient à des groupes culturels

qui reposent sur la religion, disons sur un système de pensée. Pour se déterminer et pour savoir qui il est, l’homme cherche au premier chef à définir qui il n’est pas. La reconnaissance identitaire ne s’effectue pas par une accumulation de traits communs, mais par une opposition aux autres : « Je suis Occidental parce que je ne suis pas musulman, confucéen, hindou, etc. » Les Etats-Nations qui constituent les principaux acteurs de la scène internationale prennent en compte les liens communautaires, c’est-à-dire qui regroupent des individus ayant le sentiment d’appartenir à une même aire culturelle. Ce ne sont pas les blocs enfantés par la guerre froide mais ceux formés par des aires possédant une unité religieuse qui dominent les relations entre les pays et qui constituent les civilisations majeures de notre planète. 

 

Il en résulte que la rivalité entre les différentes puissances a

changé de nature : il ne s’agit plus d’une rivalité idéologique opposant le libéralisme au collectivisme, mais une opposition entre des civilisations, des modes de pensée différents reposant sur le fait religieux. Dans ce monde qui s’élabore, la politique locale est celle de l’ethnicité (ou des particularismes locaux) et la politique globale ou internationale, celle des différences civilisationnelles.[22] 

 

 

Huntington dénombre huit civilisations

  La civilisation chinoise qui repose sur le confucianisme ;

  La civilisation japonaise, dérivée de la culture chinoise, est shintoïste

  La civilisation hindoue avec l’hindouisme ;

  La civilisation musulmane autour de l’islam ;

  La civilisation occidentale ou judéo-chrétienne ;

  La civilisation orientale ou orthodoxe

  La civilisation d’Amérique latine est chrétienne, mais s’éloigne de la   civilisation occidentale devant le renouveau des cultures indigènes ;

  La civilisation africaine à partir de la religion dite « traditionnelle ».

 

Chaque civilisation repose sur un grand ensemble religieux ; « les

grandes religions sont les fondements des grandes civilisations »[23]

 

L’auteur pense que le 21ème siècle sera caractérisé par un heurt entre les civilisations, chacune ayant des aspirations mondiales ou régionales ; elles seront de ce fait aux prises avec d’autres civilisations ayant les mêmes objectifs. Les conflits entre ces civilisations n’élimineront pas les guerres tribales ou les conflits ethniques, mais le potentiel de violence qui opposera les Etats et groupes n’appartenant pas aux mêmes civilisations sera infiniment plus élevé. Les chocs entre civilisations, s’ils sont internes aux pays, transformeront rapidement la nature du conflit en raison de l’implication des Etats frères et les lignes de combat les plus dangereuses sont celles qui coïncident avec les lignes de fractures entre les civilisations. Ceci a pour conséquence que des peuples séparés par l’idéologie, mais de même culture sont réunis (les deux Allemagne) ou le seront (les deux Chine, les deux Corée), alors que les sociétés unies par l’idéologie - ou le gré de l’histoire - mais divisées par la civilisation, sont soumis à l’éclatement (Yougoslavie, Soudan, Sri Lanka, ex-URSS, etc.). Les pays qui partagent des affinités culturelles coopéreront donc économiquement et politiquement ; les organisations internationales dont les Etats membres reposent sur une base culturelle commune auront plus de chance de réussir (Union européenne, Union du Maghreb arabe, etc.) que celles qui tentent de transcender les cultures (ANZUS, ANSEA, etc.). L’auteur développe ensuite sa thèse en se consacrant essentiellement aux rivalités aux quelles l’Occident aura à faire face :

  La menace musulmane qui concerne l’Europe occidentale ; • La menace chinoise, défit crucial lancé à la puissance américaine.

 

La caractéristique de ces deux menaces est qu’elles reposent

sur des bases différentes : la démographie pour la civilisation musulmane, la puissance économique pour la Chine. 

 

 

B. Critiques  sur le Choc des Civilisations

 

Les conflits entre civilisations sont analysés dans la dernière

partie. L’étude est centrée autour des menaces qui pèsent sur l’Occident. L’adversaire principal de l’Occident est constitué par les civilisations islamiques et confucéenne (Chine). Dans cette perspective, le principal problème réside dans le fait que des conflits internes peuvent dégénérer en conflits intercivilisationnels et échapper à tout contrôle à partir du moment où des communautés appartenant à des civilisations différentes font appel à leurs « pays frères ».

 

L’ensemble de l’ouvrage est très bien argumenté et la démonstration faite par Huntington possède une grande logique interne lorsque l’on se place dans une perspective géopolitique. Chaque idée est illustrée par de multiples exemples pris dans l’actualité brûlante, c’est-àdire au travers des tensions qui existent actuellement

 

I.      Les points faibles :

Invention des civilisations souvent pour des raisons politiques :  

       Création d'une civilisation latino américaine pour des raisons de couleur de peau, de pression immigrée. 

       Invention d'une civilisation japonaise pour faire contrepoids à la civilisation chinoise, car on est dans une logique de "containment" de la Chine. 

       Invention d'une civilisation bouddhique. N'a pas de sens si ce n'est pour s'ancrer au Tibet et montrer que l'oppression du Tibet est liée à un choc de civilisation entre Chine et bouddhistes cette invention est donc essentiellement pour justifier la thèse. 

       Existe-t-il une civilisation occidentale, ou des aires culturelles (Europe, Amérique du nord, Australie) ? 

II.  Les points forts :

Y a bien un antagonisme très fort entre les musulmans et les autres. Si on regarde une carte des frontières musulmanes, il y a des conflits plus ou moins amples, en plusieurs points : 

       Inde/Pakistan 

       Turcs/Grecs 

       Comores / Madagascar 

On pourrait donc en traduire qu'il y a Djihad ? Mais en fait, non,

car ces conflits sont plutôt des conflits internes à l'intérieur de l'Islam entre intégristes (salafisme) et les autres. Les conflits frontaliers sont les contre coup de ces chocs.[24]  

La thèse de Huntington est séduisante et très bien reçue par

les médias : elle est simple. N. Copin est émerveillé par la puissance de communication et inquiet face à l'attitude des médias face à cette thèse. 

En fait, le choc est une guerre contre la civilisation. Lorsque Bush reprend le terme de croisade, de bien contre le mal, est une simplification de la thèse déjà simpliste. Avec dans les barbares, des bons barbares, ceux qui s'allient aux EU.

Autres aspects : 

  la lecture sous jacente qui sous entend que les

civilisations sont de aires fermées. 

  une tentative par l’occident de promotion de ses valeurs :

ainsi, les droits de l'homme sont souvent pris pour une imposition de valeurs occidentales par les autres civilisations. 

  l'idée qu'une culture s'oppose aux autres cultures alors

que c'est faux.[25] 

Il est vrai que S. Huntington a fait surgir un point très

important qui était jadis négligé, à savoir l’aspect religieux dans l’analyse géopolitique. Cependant vouloir  réduire les problèmes du monde entier à un choc de civilisation est beaucoup trop simpliste.

Cependant, il sied de constater que l’analyse de S. Huntington a

sa raison d’être au moment où la division entre ces deux civilisations semblent manifeste. Aussi il ne s’agit que d’un choc car une vraie confrontation exigerait que le leader de deux côtés respectifs en vienne à une confrontation directe. Or du côté du monde arabe, il n’existe pas encore un tel leader car pour la plupart des ces Etats sont de par leur gouvernement allié aux USA.         

 

CHAPITRE IV : LE CAS SPECIFIQUE DE L’ARABIE SAOUDITE ?

 

L’état de la démocratie dans  ce royaume n’est pas du tout

meilleur du mode gouvernance tel que pratiqué par les talibans, qu’est-ce qui justifie cependant la constance et assurance du royaume saoudien ?

 

 SECTION1 : PRESENTATION DE L’ARABIE SAOUDITE

Arabie saoudite, officiellement royaume d’Arabie saoudite, pays

du Proche-Orient, occupant la plus grande partie de la péninsule Arabique et entouré au nord par la Jordanie, l’Irak, et le Koweït ; à l’est par le golfe Arabo-Persique et le Qatar ; au sud-est par les Émirats arabes unis et le sultanat d’Oman ; au sud par la république du Yémen et à l’ouest par la mer Rouge et le golfe d’Aqaba. L’Arabie saoudite a une superficie comprise entre 1 750 000 km2 et 2 200 000 km2, selon les estimations. En effet, les frontières du sud-est et du sud ne sont pas délimitées avec précision et font l’objet de contentieux avec les pays concernés. La capitale et la plus grande ville est Riyad.

                                 Relativement peu peuplée,     disposant    de    très     importantes

réserves pétrolières, l’Arabie saoudite est l’un des pays les plus riches du Proche-Orient. Elle est gouvernée depuis près d’un siècle par la dynastie des Saoud qui s’appuie sur une interprétation stricte de l’islam.

Une plaine côtière, large de 70 km, longe la mer Rouge. Elle est bordée par        la       barrière      montagneuse        du      Hedjaz,      que    l’Asir (l’« inaccessible », en arabe) prolonge au sud. Le Hedjaz, d’une altitude moyenne de 1 200 m, culmine à 3 133 m.

Le plateau du Nedjd, d’une altitude moyenne de 1 000 m, occupe

le centre du pays entre les deux déserts du Néfoud et du Ar Rub‘ al Khali, il est recouvert par une steppe pauvre. À l’est, longue de 500 km en bordure du golfe Arabo-Persique, la plaine d’Hassa renferme d’importants gisements pétroliers.

Quelques wadis (cours d’eau) asséchés, excepté pendant la saison des pluies, traversent le plateau central. Les principaux sont le Dawassir au Sud qui relie le pays au Yémen, le Al Runmah et le Hanifa au centre du pays.

§1 : Historique et Evolution

 

L’Arabie est vraisemblablement la patrie des Sémites, qui

s’établissent au début du IVe millénaire av. J.-C. en Mésopotamie et en Palestine et sont plus tard identifiés sous le nom d’Assyro-Babyloniens, de Cananéens et d’Amorites.

 

Au Ier millénaire av. J.-C., le royaume minyen occupe la province

de l’Asir et le sud du Hedjaz en bordure de la mer Rouge. Sa capitale, Saba, se trouve sur le territoire du Yémen actuel. Les Minyens sont des nomades et des bergers qui deviennent finalement d’importants marchands d’encens. Après que les Minyens se sont retirés de leur comptoir commercial à Al-Ula au Ier siècle av. J.-C., les Nabatéens fondent un centre de commerce dans le Nord. Ni Alexandre le Grand, ni les Romains ne peuvent réaliser leur projet de conquête de la péninsule Arabique. Par la suite, les Éthiopiens et les Perses luttent pour établir leur hégémonie sur le pays. Si le sud de la péninsule reste indépendant, le royaume des Nabatéens, dont la capitale est Pétra (en Jordanie actuelle) est conquis par les Romains au début du IIe siècle apr. J.-C. Il est soumis aux influences romaines et chrétiennes. Au IVe siècle, le Hedjaz se décompose en plusieurs villes-États, orientées vers le commerce. La Mecque supplante la ville nabatéenne de Pétra.

En 1902, le fils d’Abd al-Aziz, Ibn Séoud reprend Riyad et, en 1906, ses forces armées envahissent la région du Nedjd. Il regroupe les convertis au wahhabisme en une milice redoutable, les Ikhwans. Il s’empare de la région du Hassa en 1913, de La Mecque et de Médine en 1924, de Djeddah en 1925 et de la région de l’Asir en 1926. Il fonde les royaumes du Hedjaz (dont il se proclame roi) et du Nedjd en 1926-1927. En 1932, après avoir réalisé l’unification des territoires conquis, il rebaptise son vaste royaume Arabie saoudite.

En 1938, d’importants gisements de pétrole sont découverts. Grâce aux royalties de l’industrie pétrolière, le roi Ibn Séoud peut développer un programme intensif de modernisation, notamment dans les secteurs de l’approvisionnement en eau, l’agriculture, l’industrie de transformation et la santé publique.

Sur le plan international, les relations sont tendues avec les

voisins du Nord, la Jordanie et l’Irak. Ces deux royaumes sont, en effet, dirigés par les fils de Hussein, chérifs de La Mecque qu’Ibn Séoud avait chassés. Ce n’est qu’en 1936 qu’un traité de non-agression est conclu entre l’Irak et l’Arabie saoudite. Par ailleurs, Ibn Séoud adopte une politique amicale envers les États-Unis et la Grande-Bretagne. Du côté des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, il autorise la construction d’une base aérienne américaine à Dharan, mais reste officiellement neutre jusqu’en mars 1945, date à laquelle il déclare la guerre à l’Allemagne et au Japon. En 1945, l’Arabie saoudite devient membre de l’Organisation des Nations unies et de la Ligue arabe. Elle est opposée à la création d’Israël, mais s’implique peu dans la guerre de 1948-1949 contre le nouvel État.

En 1945, l’Arabie cède l’exploitation        de      ses    ressources pétrolières aux États-Unis. À cette occasion est fondée la compagnie pétrolière américano-arabe Aramco. En 1951, il est décidé que 50 p. 100 des bénéfices d’exploitation de la compagnie doivent être versés à l’Arabie saoudite

 

§2 : Institution et Vie Politique en Arabie Saoudite

 

                                 L'Arabie saoudite est     une     monarchie     fondée     sur     une

interprétation stricte de la loi islamique (charia), confiée aux docteurs de la foi (ouléma). Le royaume ne dispose d'une Constitution écrite que depuis mars 1992, date à laquelle une série de décrets royaux ont établi une déclaration des droits, accru les pouvoirs des administrations de province et créé un conseil consultatif (la Choura). Constitué à l'origine de 60 membres, ce conseil ne possède aucun pouvoir législatif. Dans ce régime dénué de toute composante législative ou de parti politique, les lois sont proposées et émises par les ministres et le roi.

Le roi Fahd exerce, depuis juin 1982, les fonctions de chef d’État et de chef du gouvernement. La succession au trône n’est pas héréditaire, et le prince couronné qui succède au roi est choisi dans la famille royale pour ses compétences. La plupart des hauts fonctionnaires sont issus de la famille royale et de quelques autres familles occupant une position importante.

Depuis une dizaine d’années, des mouvements contestataires religieux sont apparus. Le déploiement de troupes « infidèles » (occidentales) sur le sol saoudien lors de la guerre du Golfe a accentué ce phénomène.

La plus grande partie de l’opposition au régime provient

maintenant des cercles fondamentalistes, qui dénoncent le système actuel anti-islamique et craignent que leurs valeurs ne soient remises en question par la culture étrangère occidentale.

Le système judiciaire de l’Arabie saoudite est basé sur la

charia, qui procède du Coran et des Hadiths (recueil des traditions) du prophète Mahomet.

en 1995, le roi Fahd doit confier provisoirement la régence au

prince Abdallah. Le terrorisme islamiste se manifeste à nouveau par un attentat anti-américain contre la base aérienne de Al-Khobar le 21 juin 1996, près de Dharan, qui fait 19 morts. Économiquement, l’Arabie saoudite réussit à éradiquer la dette extérieure (100 milliards de dollars) consécutive à la guerre du Golfe. Sur le plan international, elle cherche à améliorer ses relations avec l’Iran et s’oppose, lors de la crise de mars 1998, à l’éventualité de raids américains sur l’Irak.

Dès le début de sa régence, en 1995, le prince héritier Abdallah

réforme les institutions et la vie politique du pays. À l’extérieur, l’Arabie saoudite prend certaines distances à l'égard des Etats-Unis, refusant de collaborer avec le FBI dans l'enquête sur l'attentat contre une base américaine à Al-Khobar en juin 1996 et de participer à la conférence économique pour le Moyen-Orient en novembre 1997. Elle engage par ailleurs un processus de normalisation de ses relations diplomatiques avec l'Iran et interdit aux États-Unis d'utiliser les bases aériennes saoudiennes dans le cadre d'attaques contre l'Irak en février 1998.

§3 : L’Arabie berceau de l’islam ?

 

La constitution du pays se fonde sur le droit musulman. Aucune

manifestation ou culte d'une autre religion n'est acceptée et ceux qui expriment à ce titre une opinion différente sont déclarés apostats et passibles de la peine de mort.

Mahomet, le prophète de l’islam, naît à La Mecque en 570. Son

enseignement suscite l’opposition des habitants et il doit s’exiler à Médine en 622. En 630, il revient avec ses disciples et conquiert La Mecque. Après sa mort, ses successeurs continuent à conquérir et à convertir le monde arabe et la Perse. Paradoxalement, le califat est d’abord instauré à Damas en 660, puis à Bagdad en 750 : le pays natal de Mahomet devient lui-même moins important au sein de l’Empire musulman. Après 1269, la majeure partie du Hedjaz passe sous la souveraineté nominale des mamelouks d’Égypte. L’Empire ottoman en obtient le contrôle lorsque les Turcs ottomans conquièrent l’Égypte en 1517 ; mais ceux-ci se révèlent incapables d’étendre leur autorité à l’intérieur du pays. Au XVe siècle, la dynastie saoudienne est fondée près de l’actuelle ville de Riyad par Muhammad ibn Séoud.

Au milieu du XVIIIe siècle, le chef religieux Muhammad ibn Abd

al-Wahhab appelle, contre les chiites, à un retour à l’islam originel. Il fonde un mouvement religieux fondamentaliste, le wahhabisme. Une étroite alliance s’établit entre la dynastie des Saoud et les wahhabites, qui fondent un État dans le Nedjd en 1744. Au début du XIXe siècle, ils détruisent la ville sainte chiite de Kerbela, en Irak, s’emparent de La Mecque en 1802 et de Médine en 1804. Muhammad Ali, gouverneur d’Égypte, s’emploie à les en chasser de 1811 à 1818. Cependant, les wahhabites et les Saoudiens ne sont pas vaincus et se retirent à Riyad, dont ils font leur capitale en 1818. Progressivement, les Saoudiens reconquièrent la majeure partie des territoires qu’ils ont perdus. Après 1865, la dynastie sombre dans la guerre civile et le royaume est partagé entre les divers clans et les Ottomans : vaincue, la famille saoudienne s’exile au Koweït.

 

Aujourd’hui l’Arabie Saoudite lieu du départ de l’Islam est

devenue le lieu de pèlerinage de l’Islam, et la Mecque comme le premier lieu saint, c’est la Vatican Islamique, vu comme le dépositaire et gardiens de la foi et règles islamiques. Cela fait que les islamistes puissent voir d’un mauvais œil la présence des troupes étrangères surtout occidentales vues comme des pécheurs afin de préserver leurs exceptions culturelles  

§4 : L’ambiguïté saoudienne 

 

 A. Le Wahhabisme 

 

 

Plus qu'un Etat au sens classique du terme, l'Arabie saoudite est dans une théocratie totalitaire née d'une alliance entre une dynastie bédouine assoiffée de conquête, les Saoud) et une secte ultra fondamentaliste (les Wahhabites), mouvement d'inspiration hanbalite, la plus rigoriste des quatre écoles de l'islam sunnite.

 

Créé au XVIIIème siècle par Muhammad Ibn'Abd El-Wahhab (1703-1787), le Wahhabisme proclame que l'islam est avant tout un rejet du polythéisme (ou « associationnisme », Chirk) et doit retrouver islam des « pieux précurseurs » (El-Salaf El-Salih, ou salafites), El-Wahhab proposait de remplacer les coutumes barbares et « impies » par l'application intégrale de la charià. Les Wahhabites prescrivent la stricte application de la charià dans sa version la plus rigoriste, y compris en matière pénale (lapidation pour l'adultère, ablation du poignet pour les voleurs, coups de bâtons pour les femmes relevant trop leur foulard, etc). 

 

Ils rejettent violemment toute forme de nationalisme

(kawmiyya), invention des « Occidentaux athées », qui risque de réveiller le tribalisme (asabiyya) stigmatisé par le Coran et diviser la Oumma, toute comme la démocratie, autre « innovation occidentale ». S'il n'y a pas, en Islam, d'Eglise universelle hiérarchisée et pyramidale comme le Vatican, il existe bien, en Arabie Saoudite, un véritable pôle doté de moyens financiers sans commune mesure avec ceux, somme toute limités, du SaintSiège. Tout d'abord, les Saoudo-wahhabites contrôlent les lieux saints de l'islam, la Mecque et Médine, lieu du pélérinage (hajj), l'un des cinq piliers de l'islam. Ils gèrent une véritable Eglise universelle de l'islam. Ce « Vatican wahhabite » s'est progressivement étoffé et organisé entre 1932, date de création de l'Etat saoudien, et les années 60-70, période d'envol économique de la Péninsule grâce à l'or noir. Il est constitué en majorité d'oulémas issus du Najd, le fief historique du Wahhabisme, et dirige plus de 25 institutions disposant d'un budget annuel estimé à plus de 12 milliards de dollars. On estime qu'entre le premier choc pétrolier et 1999, l'Arabie Saoudite au sens large - Etat, organisations officielles ou officieuses, donateurs privés - aurait dépensé plus de 35 milliards pour la construction de mosquées, centres culturels, associations islamiques ou autres « ONG d'Allah » dans le monde. Plusieurs organisations placées sous le contrôle direct du “ Vatican wahhabite ” saoudien, dispensent cette considérable manne financière et ont pour mission de remplacer en quelques sortes le Califat aboli par Mustapha Kémal en 1924 et de diffuser partout la conception la plus anti-réformiste et obscurantiste de l'islam: le Congrès du Monde Musulman, créé en 1926 à l'initiative du Pakistan mais financé par Riyad; la Ligue Islamique Mondiale, (Al Rabita al-alam elislami), fondée en 1962 à la Mecque par Fayçal Ibn Abdel Aziz Saoud; l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), sorte de ONU du monde islamique, fondée à Rabat en 1969 et siégeant actuellement à Jeddah ; l'Organisation Internationale d'Aide islamique ; l'Assemblée mondiale de la jeunesse islamique, l'Institut du Roi Fahd ; et une multitude d'autres associations caritatives et religieuses. Grâce au contrôle de ces principaux instruments de propagation de l'islam dans le monde, Riyad est parvenue ces trente dernières années, à favoriser une véritable “ wahhabisation ” du monde musulman, depuis l'Afrique jusqu'au Nord de la Chine, en passant par les Mosquées de France, d'Italie ou des Etats-Unis, jusqu'à la prestigieuse université d'Al Azhar au Caire ou même la Turquie (ex)kémaliste. En Europe, la plupart de ces structures concentrent leurs efforts sur la réalisation des projets de Mosquées et Centres islamiques imposants (Londres, Rome, etc). 

 

A leur tour, ces organisations alimentent les différentes associations        nationales, régionales, culturelles,          humanitaires,       etc, financent des brochures, organisent des colloques, séminaires et conférences, où se côtoient régulièrement professeurs d'universités, responsables d'associations, imams, diplomates et émissaires wahhabites saoudiens        ou      koweïtiens. 

 

Fort présente en Occident avec pour mission d'encadrer les communautés musulmanes immigrées et empêcher leur intégration aux sociétés d'accueil « impies », la Ligue Islamique Mondiale (Rabita) finance les activités des centres islamiques à travers le monde et désigne les membres du Conseil Mondial des Mosquées, chargé de coordonner et financer la construction des lieux de culte. Au niveau transnational européen, la Ligue dispose d'une filiale, le Conseil Islamique d'Europe, dont le siège est à Bruxelles. Dans cette même capitale belge, le “ Vatican wahhabite ” finance depuis 1983 un centre de formation d'imams belges et européens rattaché à la Grande mosquée de Bruxelles. Dans chaque pays, il désigne un Bureau de l'Organisation de la ligue Islamique mondiale (BOLIM), présidé souvent par des convertis : jusqu'à il y a peu, en France, Youssouf Leclerc ou actuellement, en Italie, l'ancien ambassadeur en Arabie saoudite, Mario Scialoja. La Rabita déploie une double stratégie : tout d'abord, instrumentaliser les populations musulmanes immigrées en Europe, la plupart du temps étrangères au wahhabisme, en finançant des projets de construction de mosquées ; ensuite, s'imposer auprès des Etats européens en finançant de luxueux centres islamiques reconnus par les pouvoirs occidentaux ce qui permet au wahhabisme d'acquérir l'aura de l'islam officiel. C'est dans ce contexte géopolitique qu'ont été édifiés les divers Centres islamiques saoudiens de Rome, Vienne, Madrid, Bruxelles,

Londres,                    Sarajévo,                 Lyon                 et                  Genève. 

 

La stratégie d'expansion et de pénétration des Wahhabites consiste à transformer à terme les minorités islamiques en noyaux prosélytes ayant vocation à s'élargir et à rester imperméable aux mœurs occidentales grâce au repli communautaire et aux conversions. Citons par exemple quelques passages de la revue L'Islam aujourd'hui, émanation de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), contrôlée par l'Arabie Saoudite : “ La Oumma islamique, entière, a commencé comme une minorité réduite à une seule personne, le Prophète. Elle s'est ensuite élargie à quelques centaines de personnes. 

 

Le succès d'une minorité musulmane est de devenir un jour  une

majorité. Ce phénomène se fait par un effet d'assimilation réciproque entre la majorité non-islamique et la minorité islamique, la majorité acceptant petit à petit la morale et la religion islamique et finissante par s'identifier à l'islam. Plus ces communautés seront fortes et acceptées dans leur pays, plus elles défendront les intérêts du monde musulman puisque la Oumma est une et indivisible, chaque fraction de cette Oumma est d'une importance primordiale”. Peut-on appeler ce type de discours autrement qu'un plan de conqûete politico-spirituelle du monde ? Mais le nerf de la guerre de conquête islamique étant l'argent, l'activité des milliardaires et banques islamiques saoudiens sont le véritable secret du prosélytisme saoudo-wahhabite dans le monde. 

 

Al Taqwa Bank est également l'un des centres de financement

de l'islamisme international, comme l'ont révélé les différentes enquêtes lancées contre la nébuleuse Al Qaïda en Italie et en Suisse après le drame du 11 septembre. Opérant dans plus de trente pays, dont le Lichtenstein, officiellement basée aux Bahamas, Al Taqwa, qui signifie « crainte de Dieu ou piété », gère essentiellement des fonds en provenance du Koweït, d'Arabie saoudite et des Emirats Arabes Unis destinés à financer les mouvements islamistes en Europe ou même les candidats islamistes aux élections politiques dans différents pays musulmans, notamment en Egypte. Son fondateur et président, le milliardaire égyptien naturalisé italien, Youssef Nada, haut-dignitaire des Frères musulmans au niveau international, dirigent les affaires du groupe depuis Lugano, en Suisse, non loin de sa résidence de Campione d'Italia, en Italie septentrionnale. D'autres membres du conseil d'Administration sont également naturalisés italiens, Ahmed Idris Nasreddin, co-fondateur du groupe et ancien consul du Koweït à Milan, qui sera d'ailleurs interpellé après le 11 septembre en raison de ses liens avec la nébuleuse islamo-terroriste. 

 

Parmi les actionnaires et créditeurs du Groupe Al Taqwa, rebaptisé récemment Nada Management, on découvre un assemblage particulièrement détonnant : Huda Mohamed Ben Laden et Iman Ben Laden, deux des frères de l'auteur des attentats de Manhattan ; le Centre culturel islamique milanais de Viale Jenner, directement approvisionné par Al Taqwa via Ahmed Idris Nasreddin et identifiée par le Ministre du Trésor américain comme une « base européenne du réseau d'Oussama Ben Laden » ; le néo-nazi suisse converti à l'islam, Ahmad Huber, membre du Conseil d'Administration mais aussi de la société nazie de Thulé, depuis toujours en lien avec l'islamisme international (khomeinystes et Frères musulmans); ou encore la branche grenobloise de l'Union Islamique des étudiants de France (UISEF), rebaptisée depuis 1996 Etudiants Musulmans         de      France        (EMF). 

 

 

Depuis le 11 septembre, l'ambiguïté de la monarchie wahhabite

en matière de financement de l'islamisme via les différentes donations « caritatives » ou au titre de la « coopération », semble avoir été désoccultée. 

 

Jusqu'à aujourd'hui, le royaume saoudien est le tout premier

mécène des mouvements islamistes, consacrant annuellement dix milliards de dollars pour le financement d'écoles ; mosquées, associations culturelles islamistes, etc. La plus ancienne institution saoudienne en Europe est l'Association culturelle islamique de Genève, crée pour diffuser le Coran et promouvoir la culture musulmane et inaugurée par le roi Fahd en 1978. Elle a des ramifications dans toute l'Europe et au delà.[26] 

 

Ainsi pour un tel pays, il paraît difficile qu’il bascule de sa situation politico religieuse actuelle vers une démocratie  du type  l’occidentale. Aussi longtemps que le peuple saoudien manifeste leur solidarité et confiance au régime en place,  qui est le symbole de la légitimité. Le changement démocratique à l’occidentale parait difficile.

 

 

CONCLUSION GENERALE

 

 

 

La démocratie en soi n’est ni une culture, ni une civilisation ni

encore un mode de vie, elle est plutôt une certaine manière  de gouverner et diriger un Etat à laquelle le peuple par le jeu des élections fait choisir ses représentants et gouvernants.

 

Ayant fait ses débuts depuis la Grèce Antique jusqu’à devenir

universelle elle n’est peut être  appliquée partout de la même manière. D’ailleurs la démocratie qui était appliquée en Grèce était  directe, or des nos jours ce mode de démocratie ne peut pas être appliquée dans la configuration actuelle des Etats. Nous avons par là, toute une différence.

 

Cependant par le jeu des révolutions survenues en Europe, la

démocratie s’est exportée de  l’Athènes vers les Amériques en passant par les pays européens dont la France avec ses siècles de lumières et la G-B. Elle fut jugée comme une alternative à une mode de gestion, alors en cours en Europe  monarchique. Sans oublier aussi que le puissant empire romain avait également eu à pratiquer une démocratie similaire à la Grèce. 

 

Après la vague des révolutions en passant par les siècles de lumières, la démocratie s’est imposée comme une meilleure  forme de gouvernance prônée par les Auteurs, philosophes, écrivains et savants de l’époque. Elle était devenue un patrimoine et une référence universelle.

 

Si la démocratie a avait été adoptée par la majeure partie des

nations européennes, les autres continents et peuples avait aussi leur forme de gestion des affaires publiques, différentes de la démocratie mais approuvée par sa population qui la trouvait légitime. 

 

Le colonialisme viendra tout  briser, la puissance coloniale en

générale européenne viendra briser le mode d’organisation en cours dans ces colonies non pas pour proposer la démocratie qui du reste était encore à ses débuts dans leur continent mais instauré le système coloniale dans lequel le règle ou le mode de gestion des colonies était dicté par eux en fonction de leur intérêt. La première puis la seconde guerre mondiale mettra fin à ce système. C’est l’époque des indépendances en cascade où les colons par précipitations vont essayer de transposer leur mode de gestion de la chose publique aux nouveaux jeunes Etats, la réalité sera que ces peuples ne l’ayant pas assimilée seront confrontées aux problèmes diverses  découlant de cet état de chose. Ainsi de la démocratie instaurée par les colons, sera transformés en la dictature, soit encore du retour à la royauté….

 

Le continent européen par souci de toujours contrôlées ces

anciennes colonies vont faire perdurer cet état de chose. En imposant la démocratie même mal appliquée afin de toujours les contrôlées. Cet état de chose va s’amplifier davantage pendant la guerre froide où ces différents gouvernements se trouveront être soutenus par différentes puissances coloniales.

 

Ainsi, naîtra la démocratie à l’occidentale imprégnée des valeurs

d’ordres morales et religieuses du continent  européen. Une démocratie jugée bien ou mal appliqué par ses tuteurs selon leurs convenances.   

 

Si l’implantation de la démocratie par le jeu de  la colonisation a

semblée réussir partout à ailleurs à briser l’unité culturelle des peuples et civilisations, elle fut butée à d’autres civilisations dont dans la civilisation Arabe ou encore Arabo-musulmane. Cette civilisation malgré sa domination par la civilisation européenne ne s’est jamais défaite totalement de sa culture arabesque. Il apparaît claire que cette civilisation ajoutée à la civilisation chinoise ont essayé de garder tant soit peu leurs identités culturelles.

 

Les attentats du 11 septembre 2003, accompagnés de deux

guerres préventives feront surgir cette différenciation entre l’orient et l’occident.

 

Il apparaît  encore clair que ce peuple par sa spécificité, religion et culture refuse la démocratie à l’occidentale et tient à garder son exception  culturelle. Favorisé et cristallisé par l’islam.

 

La puissance occidentale, aiguillonnée par son envie hégémonique tient aussi  à briser cette exception culturelle, phénomène qui fait apparaître un choc des civilisation ou encore d’un affrontement entre les deux civilisations, choc qui tardera toujours à venir du fait que l’opposition est plus, entre cultures qu’institutions politiques ou Etatiques. Seule structure capable ou habileté à mener cet affrontement.

 

Car comment imposer un mode de fonctionnement du pouvoir

politique dont le peuple n’en veut pas ? 

Comment démocratiser à l’occidentale une nation comme l’Arabie Saoudite quant on sait que ce pays est à la fois Berceau de l’Islam et premier lieu saint de l’Islam ? En plus de cela cet Etat par le canal du Wahhabisme  finance les écoles et mosquées en vue de l’implantation de l’Islam dans le monde, voudra-il se démocratiser quand on connaît les dangers d’une démocratie à l’occidentale. 

 

Tout peuple à la liberté de se choisir la façon dont devait être organisé l’exercice du pouvoir politique quitte à lui de le déclarer conforme, légitime quitte aux autres à l’apprécier comme démocratique ou pas, car c’est à lui que revient la légitimité ou pas du pouvoir politique.     

 

En effet, l’avenir de la démocratie ne se situe pas dans son imposition. Nonobstant  l’exception Arabo-musulmane, la démocratie a toujours eu du mal à être appliquée en Afrique, en Asie, une partie de l’Europe de l’Est, elle est à peine en train d’être assimilée en Amérique latine…

 

La démocratie dans son sens pure ne doit pas être ce qu’a été le

colonialisme, en cherchant à acculturer tout un peuple, mais son avenir se situe dans le sens que chaque peuple l’aura assimilée, l’aura fait sienne et cherchera à l’appliquée selon ses us et coutume.

 

C’est même le sens du développement  car  de même,  qu’on ne

peut édifier quelque chose de nouvelle qu’à partir de sa propre culture    et base, ensuite de chercher les améliorations en l’empruntant  dans les autres cultures ; tel est l’avenir de la démocratie. Car cette dernière ne doit pas venir briser l’unité culturelle et identitaire des peuples. Mais s’adapter au mode de vie de ces peuples.         

                  

BIBLIOGRAPHIE

 

I. Document Officiel

1.    Le Plan global de la culture arabe, publié par l’Organisation de la ligue arabe pour l’Education, la Culture et les Sciences, seconde                   édition, Tunisie, 1996,

 

2.   Middle East Partnership Initiative (MEPI) annoncée par le département d'État le 12 décembre 2002.

3.   President Discusses the Future of Iraq, Office of the Press Secretary, White House, 26 February 2003 et Remarks by the President in Commencement Address at the University of South Carolina, Office of the Press Secretary, White House, 9 mai 2003.

4.   Rapport du PNUD sur l’état de la démocratie et du développement dans le monde Arabo-musulmane 2003.

 

 

II. Ouvrages

 

1.    Abdelwaheb Badrakhan, les obstacles à la démocratie dans le monde arabe,  Al Hayat, Bruxelles 2002. 

2.   Alexandre del Valle  « Totalitarisme à l'assaut des démocraties », Syrtes, 2002.

3.   Alija Izetbegovic, l’Islam entre Orient et Occident, traduit par Mohammed Youssef Adas, Institution de la Science Moderne, Beyrouth,  1994.

4.   Carré O., L'islam laïc, Paris, A. Colin, 1993 et Olivier Roy, L'Echec de l'islam Politique, Paris, Seuil, 1992. 

5.   IBN KHALDOUN cité par Ibn ABDERRAZIQ  l’Islam et les fondements du pouvoir, en 1925 éd. Le Fennec à Casablanca. 

6.   J.-C. Barreau « Les valeurs de modernité : changement, esprit critique et culte de l'individu, sont à l'opposé de celles de l'islam » voir De l'islam en général et du monde moderne en particulier, Paris, Le Pré aux clercs, 1991.

7.   Mohammed Al Kadhafi, tiré in « le livre vert »

8.   SAMI AOUN, « aujourd’hui l’Islam », fractures, intégrismes et modernité, Médias Paul, Montréal, 2007

 

 

III. Notes de cours 

1. LUKIANA MABONDO : Introduction à la science politique ; cours inédit G2.R.I Unikin 2002-2003  

IV. Articles

1.  Bright M. débat sur «  l’islam et la démocratie » tiré in  New Statesman

2.  Dawson: Dynamics of world history - La Salle (Illinois) - Sherwwod Sugden & Co - 1978 - cité par Huntington.

3.  Leca J, « La démocratie à l'épreuve des pluralismes », Revue française de science politique, vol.46, n°2, avril 1996 et «  La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité, et légitimité », dans Démocraties sans démocrates, politiques d'ouverture dans le monde arabe et islamique.

4.  Lévy M.L « l’islam et la démocratie » tiré in journal le monde du 2003

5.  Samuel Huntington, “The clashes of civilisations” in Foreign Affaires 1993

6.  Vatin J-C, «  Démocratie sans démocrates ? Connaître le monde musulman : le parcours et les obstacles », Revue française de science politique, vol.46, n°2, avril 1996

V. Autres Documents

 

1.    Encyclopédie Microsoft ® Encarta ® 2005. © 1993-2004 Microsoft Corporation.

2.   Propos  faites par Gilbert Achcar à des questions de la Revista Internacional de Filosofía Polític, coéditée par l’UNED (Universidad Nacional de Educación a Distancia, Espagne) et l’UNAM (Universidad Autónoma Metropolitana, México) Madrid, n° 25, juillet 2005.

 

  

  

VI. Sites Internet www.wikipedia.fr  

1.    A Noël Copin émission inédite du dessous des cartes Op. Cit

2.   Alexandre ADLER émission inédite du " dessous des cartes. "www.tv5.org



[1] LUKIANA MABONDO : Introduction à la sciences politiques ; cours inédit G2.R.I Unikin 2002-2003  

[2] IBN KHALDOUN cité par Ibn ABDERRAZIQ,  l’Islam et les fondements du pouvoir, en 1925 ed. Le Fennec à Casablanca p.6

[3] SAMI AOUN, « aujourd’hui l’Islam », fractures, intégrismes et modernité, Médias Paul, Montréal, 2007, p.15

[4] Rapport du PNUD sur l’état de la démocratie et du développement dans le monde Arabo-musulmane 2003  5 Mohammed Al Kadhafi, tiré in « le livre vert » p.24.

[5] Encyclopédie Microsoft ® Encarta ® 2005. © 1993-2004 Microsoft Corporation. 

[6] Idem, encarta encyclopédie 2005

[8] Martin Bright débat sur «  l’islam et la démocratie » tiré in  New Statesman 10 Dictionnaire Larousse Illustré 2006.

[9] Abdelwaheb Badrakhan, les obstacles à la démocratie dans le monde arabe,  Al Hayat, Bruxelles 2002 p.15 

[10] Michel Louis Levy « l’islam et la démocratie » tiré in journal le monde du 2003 

[11] Le Plan global de la culture arabe, publié par l’Organisation de la Ligue arabe pour l’Education, la Culture et les Sciences, seconde Édition, Tunisie, 1996, p. 16.

[12] Alija Izetbegovic, l’Islam entre Orient et Occident, p. 96, traduit par Mohammed Youssef Adas, Institution de la Science Moderne,Beyrouth, 1994.

[13] J.-C. Barreau « Les valeurs de modernité : changement, esprit critique et culte de l'individu, sont à l'opposé de celles de l'islam » voir De l'islam en général et du monde moderne en particulier, Paris, Le Pré aux clercs, 1991, p. 53.

[14] Olivier Carré, L'islam laïque, Paris, A. Colin, 1993 et Olivier Roy, L'Echec de l'islam Politique, Paris, Seuil, 1992 

[15] Jean Leca, « La démocratie à l'épreuve des pluralismes », Revue française de science politique, vol.46, n°2, avril 1996, pp. 225-279 et «  La démocratisation dans le monde arabe :

incertitude, vulnérabilité, et légitimité », dans Démocraties sans démocrates, politiques d'ouverture dans le monde arabe et islamique, op.cit. , pp.35-93.

 

[16] Jean-Claude Vatin, «  Démocratie sans démocrates ? Connaître le monde musulman : le parcours et les obstacles », Revue française de science politique, vol.46, n°2, avril 1996.

[17] Michael Gove. Il est l’auteur de Celsius 7/7

[18] Samuel Huntington , The clashes of civilisations in foreign affaires 1993 

[21] Propos  faites par Gilbert Achcar à des questions de la Revista Internacional de Filosofía Polític, coéditée par l’UNED (Universidad Nacional de Educación a Distancia, Espagne) et l’UNAM (Universidad Autónoma Metropolitana, México) Madrid, n° 25, juillet 2005.

 

[22] Samuel Huntington « The clashe of Civilisations, Op. Cit

[23] Dawson: Dynamics of world history - La Salle (Illinois) - Sherwwod Sugden & Co - 1978 - cité par Huntington p.46). 

 

[24] Alexandre ADLER émission inédite du " dessous des cartes. "www.tv5.org 

[25] Noël Copin émission inédite du dessous des cartes Op. Cit

[26] Alexandre del Valle  « Totalitarisme à l'assaut des démocraties », Syrtes, 2002.

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