Le Chef de l’Etat appelle à la mobilisation générale, » au de-là de tout clivage politique, idéologique, religieux et tribal…
Face à la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, notamment au Nord-Kivu où les terroristes du M23 appuyés par le Rwanda occupent quelques localités en plus de la stratégique cité de Bunagana, les Congolais guettaient la parole du Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Même si le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi ne l’a pas ouvertement prononcé, il apparaît clairement qu’il vient d’opter pour une solution militaire. C’est un discours va-t-en-guerre à l’instar de Laurent Désiré Kabila de 1998, mais qui se diffère de ce dernier par un avertissement à la xénophobie anti Tutsi précédé par sa bonne volonté à vouloir la paix avec ses voisins.
En analysant le discours du Président Tshisekedi Tshilombo, il commence par présenter d’abord la situation générale dans la partie orientale de la RDC, une situation de guerre, insécurité et des déplacés causé par un mouvement armé appuyé par le voisin rwandais, le M23. « … le M23 va refaire surface en prenant notre Armée de court, notamment à Bunagana, cité qu’il occupe depuis le 13 juin 2022. En effet, sous la fallacieuse accusation de soutien des FARDC aux FDLR, le Rwanda a en réalité des velléités expansionnistes… »
L’échec de l’option diplomatique
Le Président Tshisekedi a démontré sa bonne foi à vouloir la paix avec ses voisins, allant jusqu’à la signature d’une coopération économique et la mise en commun des ressources naturelles en vue d’une exploitation commune, malgré cela, le voisin rwandais tien toujours à ses velléités expansionnistes dans la partie Est du pays.
Le président Tshisekedi a cité toutes les périples et rencontres, mais toujours sans suite. « … Emmanuel Macron, et à l’initiative de ce dernier en marge de l’Assemblée Générale de Nations-Unies à New-York. Ici également, pour l’essentiel, il a été acté le principe d’un cessez-le-feu immédiat et du retrait sans condition du M23 des positions qu’il occupe. Toujours sans résultats tangibles sur le terrain… ».
Et de conclure, « … Mes chers compatriotes,
Comme vous pouvez le constater, malgré notre investissement et les efforts fournis dans cette optique, la paix et la sécurité ne sont pas au rendez-vous.
Garant de l’indépendance, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, je réitère mon engagement constitutionnel de défendre la Patrie jusqu’au sacrifice suprême… ». Et c’est la seconde fois que les mots sacrifice suprême revienne est cité.
Mes très chers compatriotes,
Ne doutons jamais, qu’ensemble réfléchis et engagés nous puissions changer le monde.
A vous nos vaillants Soldats,
Vous qui avez pris l’engagement de servir sous le drapeau, je vous invite ici au sens élevé du patriotisme en ce temps particulièrement exceptionnel de notre histoire, de défendre notre pays, de protéger l’intégrité de son territoire et d’assurer la sécurité des congolaises et des congolais contre toute agression ou attaque d’où qu’elle vienne.
« Au de-là de tout clivage politique, idéologique, religieux et tribal, la défense de la Mère- Patrie est le seul objectif qui doit nous unir en ce moment. Le pays nous appelle, la Nation a besoin de l’engagement de toutes ses filles et de tous ses fils ».
« Je vous appelle à ne pas céder aux propos xénophobes et autres discours de haine ou de stigmatisation des communautés rwandophones dont l’asservisseur se sert pour faire du chantage. Tout acte allant de ce sens sera sévèrement puni ».
« En réponse à la forte demande de la jeunesse, j’invite celle-ci à s’organiser en groupe de vigilance, en vue d’appuyer, d’accompagner et de soutenir nos forces de défense et de sécurité dans l’accomplissement de leur noble mission ».
Ainsi, ce discours a trois moments, le premier c’est la présentation générale de la situation du pays, le second moment c’est les différentes étapes diplomatiques entamés par le chef de l’Etat pour ramener et vivre en paix avec ces voisins, mais cela a échoué.
Voilà donc le troisième moment, où le Chef de l’Etat congolais après un constat d’échec diplomatique revêt son manteau du garant de la nation, prêt à mourir. D’où son appel au patriotisme, à l’unité nationale afin de défendre le pays.
Il apparaît évident que le chef de l’Etat prépare sa nation à une guerre longue et populaire en ressuscitant les Forces d’Auto Défense populaire et la dénonciation, chère au feu Laurent Désiré Kabila qui fit pareil en 1998.
Toutefois, à l’opposé du feu Laurent Désiré Kabila, Félix Tshisekedi vient de prononcer un discours soft, interdisant tout dérapage et haine ethnique, arme utilisée par Paul Kagame pour justifier l’injustice et insécurité anti tutsi en RDC. Et cette guerre risque d’être longue et populaire.
Coco Kabwika