Malgré l’insistance des organisations de la société civile pour faire admettre l’incompatibilité des fonctions de sénateur et de secrétaire exécutif du bureau supervisant le programme RDC-Chine de l’influent Moïse Ekanga, celui-ci devrait pouvoir continuer à les exercer toutes les deux.
Le programme sino-congolais étant un projet spécial à durée déterminée dont les chefs sont nommés par le président de la République, il est possible d’en être le directeur tout en détenant un mandat électif, selon les autorités de RDC. Ainsi, Moïse Ekanga, secrétaire exécutif du Bureau de coordination et de suivi du programme sino-congolais (BCPSC), organe placé sous la tutelle du premier ministre pour gérer le partenariat mines contre infrastructures instauré entre la RDC et la Chine en 2008, mais aussi sénateur, pourra continuer à combiner les deux fonctions.
Depuis l’interdiction décidée par le Conseil d’Etat congolais en mars 2019 du cumul des mandats de parlementaire avec un poste au sein de l’exécutif, les organisations de la société civile de RDC appelaient à la démission de Moïse Ekanga du BCPSC. Celui-ci est en effet sénateur de la province de Sankuru, au centre du pays, siégeant aussi comme président de la commission économique et financière de la chambre haute. Les organisations dénonçaient également le manque de transparence de ce programme.
Ces critiques, ainsi que la proximité de Moïse Ekanga avec l’ancien président congolais Joseph Kabila, dont les relations avec l’actuel chef de l’Etat Félix Tshisekedi sont très tendues, n’ont pas eu raison de son poste pour l’instant. En 2019, Félix Tshisekedi avait lui-même souligné la nécessité de réviser les modalités de gestion de l’opaque programme sino-congolais, pourtant ultra-stratégique puisqu’il a déjà mené à l’investissement de 2,5 milliards de dollars de la part de la Chine dans les infrastructures de RDC, mais a fait croître d’année en année la dette de Kinshasa vis-à-vis de Pékin .
Pour suivre le programme sino-congolais, Moïse Ekanga est appuyé depuis 2008 par un secrétaire exécutif, Justin-Marie Mbalaka. Outre un service assurant les fonctions support du BCPSC, les deux hommes sont aussi assistés d’un comité d’experts dans des domaines comme l’ingénierie, les finances, l’économie, la communication, la gestion des visas, etc.
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