Les autorités congolaises, qui ont décrété début mai l’état de siège dans deux provinces dans l’est de la RDC, discutent avec l’Union européenne d’un appui pour former les FARDC.
En visite fin avril à Kinshasa, le président du Conseil européen, Charles Michel, s’est entretenu avec Félix Tshisekedi de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. Le président congolais a transmis à son interlocuteur son souhait de voir l’Union européenne (UE) prendre une part active dans la formation des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui sont déployées contre les nombreux groupes armés présents dans la zone – ils seraient 122 selon le Baromètre sécuritaire du Kivu (BSK).
Si les discussions sont encore très préliminaires, les autorités congolaises n’ayant pas encore formalisé leur demande, le projet pourrait dupliquer le modèle des Missions de formation de l’Union européenne (connues sous l’acronyme anglais de EUTM, European Union Training Missions), déjà mises en œuvre au Mali et en Centrafrique. Il constituerait un élargissement notable de l’aide actuelle apportée à l’armée congolaise par l’UE via le programme PROGRESS, qui se concentre surtout sur le renforcement de l’administration des FARDC.
Depuis l’élection de Tshisekedi, plusieurs puissances européennes ont déjà proposé leur appui à Kinshasa. C’est le cas de la France qui soutient la création d’une école de guerre et qui doit toujours déployer des modules de formation à destination de l’armée congolaise via les Eléments français au Gabon (EFG).
Les discussions sur ce sujet interviennent alors que l’exécutif de Félix Tshisekedi entend afficher sa détermination sur le volet sécuritaire. Ce dernier a décrété, le 3 mai, l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, où les autorités civiles sont suspendues pour trente jours renouvelables.
Africa Intelligence