Depuis la prise du pouvoir en mai 1997, par Laurent Désiré Kabila succédé par son fils Joseph Kabila en 2001, avec une coalition hétéroclite dite « AFDL » aidée par des militaires rwandais, ougandais et burundais, il s’est constitué un mouvement de résistance des congolais dits « nationaux » vivants en RDC et ceux vivant aux pays étrangers « Diaspora » contre ceux qu’ils qualifient d’occupations rwando-ougandais-burundais.
Ce mouvement qui a comme père initiateur l’ancien conseiller du feu Mobutu Sese Seko, Honoré Ngbanda décédé au mois de mars dernier au Maroc a pris de l’ampleur dans plusieurs pays européens dont la France, Belgique et l’Angleterre et l’Afrique du Sud.
Au pays, la résistance est plus apparentée aux revendications politiques, où les résistants se sont identifiés aux militants des partis politiques, l’UDPS et le MLC ensuite.
Ainsi ces résistants vivants aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays sont appelés « des combattants », « surnom donné aux militants de l’UDPS, un parti qui a longtemps milité depuis l’époque du feu Marechal Mobutu à l’instauration de la Démocratie ».
Aux élections de 2018, Félix Tshisekedi issu de l’UDPS est élu président de la République du Congo. Une élection qui aurait dû jeter aux oubliettes ce phénomène des combattants. Mais hélas, il y a eu fraction parmi ces combattants aussi bien au Congo qu’à l’extérieur, identifiable désormais par leurs nouvelles différenciations : « des Talibans (les inconditionnels fidèles de Félix Tshisekedi, prêt à mourir pour lui) pour les militants de l’UDPS et leurs alliées fidèles à Félix Tshisekedi ; et à d’autres qui estiment que Joseph Kabila règne toujours par mandat via Félix Tshisekedi et ont conservé l’appellation des combattants, fidèle à Martin Fayulu ou tout opposant anti-régime.
Cependant aux regards des évènements récents en rapport avec la fin de la coalition FCC-CACH, les arrestations des anciens cadres proches des Joseph Kabila, le remaniement au sein de l’armée, le parlement et la proclamation de l’Etat d’urgence dans la partie Est du pays, nous avons posé quelques questions aux noyaux durs de la résistance londonienne Olivier Atakete pour connâitre leurs avis sur la nouvelle donne sur terrain et s’ils sont prêts à rentrer ici au Congo.
Question1. Bonjour Monsieur Olivier vous étiez de ce qui avait brillamment manifesté contre arrivée de Félix Tshisekedi ici à Londres en 2019, pouvons-nous savoir les raisons de cet acharnement ?
Olivier : Oui, j’étais là, premièrement Ce n’était pas un acharnement mais on montre notre ras-le-bol de nos politiques qui continue de nous faire souffrir en l’occurrence Monsieur Tshilombo avec ses partenaires. Donc on devait vraiment manifester pour montrer que les résultats des élections publiées par la CENI n’étaient pas corrects.
Et que c’est juste un deal entre Mr Tshilombo et Kabila, car jusqu’alors la CENI n’as pas encore publié les résultats bureau par bureau comme prévu dans la loi, même pour sa crédibilité Mr Tshilombo devrait demander à la CENI de publier les résultats bureau par bureau mais rien ne encore fait Jusqu’aujourd’hui dans tout ça on ne devrait pas croiser les bras, d’où notre colère notre et mécontentement à ce pouvoir machiavélique qui continue de faire souffrir le peuple.
2. Quelle appréciation Avez-vous de l’évolution de la donne actuelle dans le pays avec la fin de la coalition FCC CACH et les arrestations multiples pour détournement ?
Olivier : la coalition FCC-CACH existe toujours tellement que les peuples n’en voulais pas, ils veulent donner une impression de brouille, mais dans le fond ils sont toujours ensemble. L’union sacrée n’est qu’une nouvelle appellation de l’ancienne coalition FCC- CACH mais au fond rien n’a changé. Pour preuve plusieurs sois disant anciens membres de la coalition FCC-CACH sont devenus des ministres dans le nouveau Gouvernement Sama Lukonde. Les arrestations c’est pour la consommation populaire, Tshilombo veut donner l’impression qu’il contrôle la situation du pays or, tant que Kabila sera libre toujours libre en dépit de ses multiples crimes et violations de Droits de l’Homme, c’est de la mascarade.
3. Quel regard Avez-vous la proclamation de l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et Nord-Kivu ?
Olivier : Je suis contre cette décision, car comment voulez-vous déclaré un état de siège avec des militaires qui sont en grande partie responsable de l’insécurité dans cette partie du pays ? Plusieurs rapports d’enquêtes dont le rapport Mapping épingle le rôle des officiers militaires congolais dans les massacres et pillages des ressources minières et naturelles du pays, en entretenant cette insécurité.
Les militaires congolais sont impliqués dans des viols, ventes d’armes, pillages des minerais. Il est donc difficile au stade actuel de faire appel à eux, surtout que plusieurs ont conservés leurs postes même alors que Joseph Kabila n’est plus président de la république.
4. En Europe nous avons des combattants et Talibans, craignez-vous pas un affrontement dans l’avenir entre les deux camps ?
Olivier : On est confronté à des menaces presque chaque jour mais nous tenons le coup pour la libération de notre pays on est peut pas abandonner ce combat.
5. Avez-vous peur de fouler à l’heure actuelle le sol de la République Démocratique du Congo ?
Olivier : Oui avec tous ce que je fais ici, surtout lors de l’arrivée de Félix Tshisekedi ici à Londres, plusieurs membres de ma famille ont été menacés et intimidés m’avait-on rapporté.
Une confrontation est donc à craindre entre les deux camps, à l’instar de l’escarmouche qu’il dans la capitale Kinoise, en plein centre-ville entre les partisans de Félix Tshisekedi et ceux de Lamuka fidèle à Martin Fayulu au mois de mars dernier.
BVR interview réalisé avec Olivier Atakete, combattant résidant à Londres.