RDC: F. Tshisekedi a opposé une fin de non-recevoir à la proposition de gouvernement

Sama Lukonde

La nomination des futurs ministres de Sama Lukonde Kyenge s’apparente de plus en plus à une gageure pour l’exécutif congolais, qui doit composer avec le poids des différentes formations politiques de l’union sacrée.

Le président Félix Tshisekedi a, selon nos informations, opposé une fin de non-recevoir en fin de semaine dernière à la proposition de gouvernement présentée par son premier ministre nommé en février, Sama Lukonde Kyenge. Aux yeux du chef de l’Etat congolais, celle-ci faisait trop de place aux formations politiques ralliées à la dernière minute à l’union sacrée qu’il avait appelée de ses vœux en fin d’année dernière.

Pour mettre fin à la coalition avec le Front commun pour le Congo (FCC, la formation de l’ex-président Joseph Kabila), qu’il accusait d’entraver l’action de son quinquennat, Félix Tshisekedi avait chargé le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, nommé informateur pour l’occasion le 1er janvier, d’identifier une nouvelle majorité parlementaire.

Les alliés veulent peser

Celle-ci a été rejointe par une vingtaine de formations politiques, dont le ralliement a permis à la présidence d’obtenir, le 28 janvier, la chute du gouvernement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Or ces dernières entendent peser aujourd’hui dans la composition du futur gouvernement, rendant l’équation particulièrement difficile à résoudre pour le nouveau premier ministre. Celle-ci pourrait s’avérer encore plus ardue que lors de la nomination en 2019 du gouvernement de coalition entre Cap pour le changement (CACH) de Félix Tshisekedi et le FCC de Joseph Kabila. Les négociations avaient alors mis près de trois mois à aboutir.

Pour faire l’ébauche de son futur gouvernement, Sama Lukonde Kyenge s’est appuyé sur le travail réalisé en amont par Modeste Bahati Lukwebo, ainsi que sur une série de consultations avec les forces politiques et sociales qui se sont achevées le 1er mars. Il s’est également entouré d’une petite équipe au sein de la primature, où figure notamment Jean-Marc Kabund-a-Kabund, premier vice-président de l’assemblée nationale congolaise et patron de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, la formation de Félix Tshisekedi).

Africa Intelligence

Related posts