Les multiples tentatives de l’administration camerounaise pour couper Maurice Kamto de ses prestataires financiers sont le dernier signe du pouvoir renforcé des « durs » du régime mené par le directeur de cabinet civil, Samuel Mvondo Ayolo.
L’administration camerounaise veut couper l’oppsant Maurice Kamto de ses partenaires financiers. ©Reuters
Membre proéminent de la faction dure qui s’est imposée depuis plusieurs mois dans l’entourage de Paul Biya , le ministre de l’administration territoriale Paul Atanga Nji mène une véritable campagne de harcèlement financier contre le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de l’opposant Maurice Kamto. Le 27 avril, ses services ont demandé, par sommation, aux opérateurs de téléphonie mobile Orange Cameroun et MTN Cameroun de mettre fin à l’opération de levée de fonds par téléphonie mobile contre la pandémie de Covid-19 menée par l’association Survie Cameroun, créée par le MRC. Le 9 avril, c’était Afriland First Bank qui avait été sommé par le même ministère de fermer le compte MRC qui devait abriter le bénéfice de la levée de fonds.
Signe que sa faction a les coudées franches, Atanga Nji mène son harcèlement de manière particulièrement décomplexée. Les « durs » autour du directeur de cabinet civil et neveu de Paul Biya, Samuel Mvondo Ayolo, refusent toute collaboration avec les opposants qui ont boycotté le « grand dialogue national » organisé à l’automne dernier, et singulièrement avec Maurice Kamto.
Arrivé second à la présidentielle de 2018, le principal opposant du pays a, à leurs yeux, le défaut supplémentaire d’être proche de l’administration américaine. C’est d’ailleurs cette faction, et singulièrement Atanga Nji lui-même, qui avait été aux avant-postes lors de l’arrestation de Maurice Kamto en février 2019. Les mêmes avaient fort peu goûté la décision de Paul Biya, sous pression de la présidence française, de faire libérer Kamto le 5 octobre 2019 après neuf mois de détention à la prison centrale de Yaoundé.
Africa Intelligence