Débat sur la « congolité » : l’ombre de la nationalité italienne de Moïse Katumbi

Très décriée dans l’opinion publique, la proposition de l’homme politique Noël Tshiani de réserver la présidence de la République aux candidats « nés de père et de mère congolais » fait grincer des dents dans la formation de Moïse Katumbi. Soupçonné depuis plusieurs années d’avoir eu la nationalité italienne, il s’en défend, même si certains indices tendent à prouver le contraire.

Le débat sur la « congolité » qui vise à réserver les plus hauts postes – dont la présidence – aux candidats nés de père et de mère congolais, s’est trouvé relancé suite à une une proposition polémique de l’ex-candidat à la présidentielle de 2018 Noël Tshiani. C’est dans ce contexte que la question des origines et de la nationalité de Moïse Katumbi refait surface. Depuis plusieurs années, des interrogations subsistent sur une possible nationalité italienne que l’ex-gouverneur du Katanga (sud-est de la RDC) aurait obtenue à San Vito dei Normanni, une localité située dans la région des Pouilles (sud de l’Italie). Cette double nationalité serait pourtant proscrite au regard du droit congolais, qui consacre le principe d’une nationalité une et exclusive.

Son avocat Eric Dupond-Moretti, devenu entre-temps garde des Sceaux du président français Emmanuel Macron, avait même dévoilé en 2018 un document signé du maire de la ville italienne qui attestait de l’absence de Moïse Katumbi dans le registre de l’état civil. Or il s’avère que l’ex-gouverneur du Katanga a bel et bien des liens avec ladite commune. Deux de ses enfants figurent ainsi dans les listes de conscription de la ville – celle-ci étant obligatoire pour tous les nationaux italiens.

La prudence de Tshisekedi

En outre, dans un câble diplomatique américain daté de mars 2007 et diffusé par Wikileaks, Moïse Katumbi affirme à son interlocuteur que « son père est né d’un père juif-italien et d’une mère congolaise, mais qu’il a renoncé à la nationalité italienne ».

Dans ces conditions, la proposition de Noël Tshiani n’a pas manqué de susciter de vives critiques dans les rangs de la nouvelle formation de Moïse Katumbi, baptisée Ensemble pour la République, où l’on estime qu’elle vise à écarter son leader pour la prochaine présidentielle de 2023.

Elle intervient pourtant alors que la présidence de Félix Tshisekedi tente depuis plusieurs mois d’amorcer une inflexion de l’interdiction de la double nationalité – une particularité sur le continent africain partagé seulement par le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Malawi. Conscient du caractère inflammable de ce débat dans l’opinion publique, le chef de l’Etat avance toutefois à pas de loup sur le sujet.

 Africa Intelligence

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