Mort de l’ambassadeur italien en RDC : Rome innocente Kinshasa et exige des « réponses claires » de l’ONU

Qui est responsable du décès de l’ambassadeur d’Italie en RDC ? La lumière commence à luire petit à petit après la réaction très musclée, mercredi, du gouvernement italien, qui demande à l’ONU l’ouverture d’une enquête et des « réponses claires » après la mort de son ambassadeur en République démocratique du Congo dans une attaque contre un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM). Selon Rome, « la mission [Ndlr : de l’ambassadeur Luca Attanasio au Nord-Kivu] s’est déroulée à l’invitation des Nations unies. Donc le parcours en voiture s’est également déroulé dans le cadre de l’organisation prévue par le PAM ». Il revenait logiquement à celui qui l’avait invité de prendre des mesures de sécurité pour protéger la délégation. En termes clairs, le ministre des Affaires étrangères de la République d’Italie, Luigi Di Maio, pointe du doigt accusateur les responsabilités aussi bien civiles que pénales des organisateurs du voyage de l’ambassadeur Luca Attanasio au Nord- Kivu : il s’agit bien entendu du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et de l’Organisation des Nations unies (ONU). Et donc, la responsabilité de la République démocratique du Congo n’est pas du tout engagée dans ce triple meurtre qui a coûté la vie à l’ambassadeur italien en RDC, son garde du corps et le chauffeur congolais engagé par le PAM.

« Nous avons formellement demandé au PAM et à l’ONU l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur ce qui s’est passé, les raisons justifiant le dispositif de sécurité mis en place et à qui incombe la responsabilité de ces décisions », a déclaré, mercredi devant les députés, le chef de la diplomatie italienne, Luigi Di Maio.

« Nous avons aussi expliqué que nous attendions, le plus rapidement possible, des réponses claires et exhaustives », a-t-il ajouté.

Le Nord-Kivu est considéré comme une des zones les plus dangereuses de la RDC, à la lisière du parc national des Virunga. Mais selon des responsables humanitaires, la route sur laquelle circulait le convoi ne nécessitait pas d’escorte.

Si, selon lui, l’ambassadeur pouvait décider seul des modalités de ses déplacements dans le pays, l’organisation de ce voyage dans l’Est de la RDC était de l’entière responsabilité du PAM.

« La mission s’est déroulée à l’invitation des Nations unies. Donc le parcours en voiture s’est également déroulé dans le cadre de l’organisation prévue par le PAM », a assuré le ministre.

L’Italie dédouane la RDC

À bien comprendre, cette insistance du gouvernement italien qui attend des Nations unies un « rapport approfondi »,  il est clair que la responsabilité de la République démocratique du Congo n’est pas du tout engagée dans les assassinats de SEM Luca Attanasio, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de l’Italie en République démocratique du Congo, de son garde du corps italien ainsi que de son chauffeur congolais.

En effet, selon un reportage de Maître Beylard David PhD, en direct de la présidence de la République de l’Italie, le ministre des Affaires étrangères de la République d’Italie, Luigi Di Maio, pointe du doigt accusateur les responsabilités aussi bien civiles que pénales des organisateurs du voyage de l’ambassadeur Luca Attanasio au Nord- Kivu : il s’agit bien entendu du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

  1. Rapport approfondi exigé :

– « Nous attendons de l’agence des Nations unies, il s’agit du Programme Alimentaire Mondial (PAM) dont le siège social est établi à Rome (Italie) un rapport approfondi sur tout élément utile au programme de la visite et aux mesures de sécurité adoptées pour protéger la délégation», a insisté Luigi Di Maio, ministre des Affaires étrangères de l’Italie.

  1. Circonstances aggravantes :

– Selon le ministre des Affaires étrangères de l’Italie, si l’ambassadeur Luca Attanasio pouvait décider seul des modalités de ses déplacements dans le pays c’est à dire de Kinshasa à Goma, l’organisation de ce voyage dans l’est de la RDC était de l’entière responsabilité du PAM.

  1. Négligence flagrante des Nations unies :

– « La mission de l’ambassadeur Luca Attanasio s’est déroulée à l’invitation des Nations unies. Donc le parcours en voiture s’est également déroulé dans le cadre de l’organisation prévue par le PAM», a assuré le ministre des Affaires étrangères de l’Italie.

  1. Enquête ouverte au parquet de Rome :

Le ministre des Affaires étrangères de l’Italie souligne le fait que le parquet de Rome avait ouvert une enquête et dépêché sur place à Goma une équipe d’enquêteurs appartenant à un corps spécial des carabiniers, le ROS.

« À ma connaissance d’autres équipes suivront», a précisé Luigi Di Maio.

Préserver les bonnes relations

Les corps du diplomate Luca Attanasio et du jeune carabinier sont arrivés mardi soir à Rome à bord d’un avion militaire, un Boeing 767, dans des cercueils enveloppés dans le drapeau italien.

Le Premier ministre Mario Draghi et Luigi Di Maio étaient à l’aéroport de Ciampino pour accueillir la veuve de l’ambassadeur et leurs trois filles.

Le président de la République d’Italie, SEM Sergio Mattarrella, ne cache pas sa profonde douleur qui n’a pas non plus laissé insensible le Très Saint-Père Pape François.

Quoiqu’il en soit, du côté congolais, dès le lendemain du drame, le président de la République, Félix Tshisekedi, a dépêché un émissaire à Rome afin de transmettre physiquement ses condoléances les plus attristées à son homologue italien. Mais le chef de l’Etat congolais qui a condamné avec force cette « attaque terroriste », a exigé sans délai l’ouverture d’une enquête afin que toute la lumière soit faite autour de ce crime ignoble et que ses auteurs soient déférés devant la justice.

Il est donc clair, au regard des efforts qui sont fournis de part et d’autre, que la RDC et l’Italie regardent dans la même direction afin que cet incident déplorable ne puisse pas entamer les bonnes relations diplomatiques qui lient les deux nations depuis des décennies.  

Le Potentiel

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