Un scandale financier qui avait surpris toute l’Amérique. Passée de véritable star de la Silicon Valley à menteuse éhontée dans les médias américains, Elizabeth Holmes, accusée de fraude massive, affronte la justice à partir de ce 8 septembre.
UNE ASCENSION FOLLE
En 2003, une jeune américaine anonyme crée une entreprise dans le domaine de la santé : Theranos. A ce moment précis, Elizabeth Holmes compte révolutionner le marché des prises de sang, en proposant une solution capable de réaliser des centaines d’analyses en ne prélevant qu’une goutte de sang. L’objectif est également de pouvoir prescrire les médicaments directement grâce au procédé.
Rapidement, les Américains s’entichent de la jeune femme, qui connaît les codes des entrepreneurs de la Silicon Valley. Souvent aperçue avec un col roulé comme Steve Jobs, qu’elle admire, elle présente sa solution et promet un monde où «personne n’aura besoin de dire au revoir trop tôt».
Les prises de sang étant particulièrement chères aux Etats-Unis, Theranos intrigue et devient populaire, au point de susciter les convoituses de l’armée américaine et d’être valorisé à 9 milliards de dollars. Elizabeth Holmes devient alors la plus jeune milliardaire à ne pas avoir hérité de sa fortune, et est classée par le Time Magazine comme l’une des 100 personnalités les plus influentes du monde.
LA CHUTE
Mais douze ans après la création de l’entreprise, et alors que les véritables innovations se font toujours attendre, tout bascule. Le Wall Street Journal, et en particulier le journaliste John Carreyrou, a enquêté sur Theranos, surpris par le manque de preuves scientifiques fournies par Elizabeth Holmes. En dénonçant les manquements de l’entreprise, le journaliste contraint les autorités sanitaires à intervenir.
En 2018, elle est accusée d’avoir trompé les investisseurs en mentant sur la situation financière de Theranos, mais aussi sur la réussite de son produit. L’entreprise réalisait une partie des tests promis grâce à des analyseurs de concurrents comme Siemens. Theranos a fini par être dissoute, et l’entrepreneuse a été inculpée pour fraudes.
Son histoire démontre, selon les observateurs, les dérives de l’entreprenariat de la Silicon Valley. L’une des devises les plus marquantes de ce secteur est en effet : «fake it until you make it» («Fais semblant jusqu’à ce que ça marche», en français).
LE PROCÈS À VENIR
En mars dernier, l’entrepreneure déchue a signé un accord lors d’un procès civil avec ses investisseurs pour près de 700 millions de dollars. Ce 8 septembre, elle est en procès criminel après avoir été inculpée pour «fraude informatique» et «complot en vue de commettre une fraude informatique». Une procédure qui devrait durer trois ou quatre mois d’après les médias américains. Un chapitre qui pourrait être le dernier dans une affaire qui a marqué les esprits outre-Atlantique.
CNEWS