Jules Alingete Key, qui dirige la redoutée Inspection générale des finances (IGF) ne décolère pas en privé contre les caciques du parti présidentiel congolais.

Entre soupçons de détournement de fonds et invectives par médias interposés, la polémique ayant opposé à la mi-août le ministre congolais de l’éducation Tony Mwaba et l’Inspection générale des finances (IGF, une instance placée sous l’autorité directe du chef de l’Etat) a également été le théâtre de tensions avec certains responsables du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). En coulisses, le patron de l’IGF, Jules Alingete Key, qui bénéficie d’une réelle proximité avec le président Félix Tshisekedi, estime avoir été victime d’un piège tendu dans l’affaire du règlement des frais afférents à l’encadrement des épreuves du Tenafep – l’examen sanctionnant la fin des études à l’école primaire. Celle-ci met en scène le ministre de l’éducation, le secrétaire général de l’UDPS Augustin Kabuya et du président du même parti Jean-Marc Kabund-a-Kabund (également vice-président de l’assemblée nationale).

Selon la version présentée à ses proches et aux médias par Jules Alingete Key, ce dernier a été convié, le 13 août dernier, dans le bureau kinois d’Augustin Kabuya. Facilitée par l’entremise de Jean-Marc Kabund-a-Kabund, la rencontre devait initialement permettre au secrétaire général de l’UDPS d’alerter l’IGF sur des faits délictueux.

Or, toujours selon la même version, elle a surtout permis au ministre Tony Mwaba – dont la présence au rendez-vous n’était pas prévue – de demander à son interlocuteur le déblocage par la Banque centrale du Congo (BCC) de 16 millions de dollars en urgence et en cash pour procéder au règlement des frais d’encadrement des épreuves du Tenafep. Jules Alingete Key, qui juge en privé ce montant très excessif – faisant ainsi craindre à ses yeux une surfacturation -, estimait au contraire que le règlement le plus approprié devait se faire par voie bancaire sur présentation de pièces justificatives pour éviter d’éventuels détournements.

Estimant avoir été piégé par les différents protagonistes de l’affaire, Jules Alingete Key a étalé l’affaire le lendemain dans les journaux congolais, en omettant toutefois de critiquer ouvertement Augustin Kabuya et le tout-puissant Jean-Marc Kabund-a-Kabund.

Le climat de défiance est pourtant latent avec les deux hommes. Dans les rangs de l’IGF, on les soupçonne d’avoir intercédé pour que l’ex-ministre UDPS de la santé Eteni Longondo ne soit pas poursuivi en justice. Celui-ci avait été épinglé en août 2020 par l’IGF pour des faits présumés de malversations dans la gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Il a finalement été placé en détention provisoire le 27 août dernier, soit un an après l’alerte donnée par l’IGF.

 Africa Intelligence

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