Un chef de guerre qui opérait dans le territoire de Kabare, en chefferie de Nindja au Sud-Kivu, s’est rendu, le mardi 18 mai, avec une trentaine d’éléments de son groupe armé et quelques armes de guerre. Le général autoproclamé Raia Mutomboki a déposé les armes au bureau de la MONUSCO de Kabare. La société civile remercie la mission de l’ONU en RDC et demande aux autres miliciens encore opérationnels dans la zone d’emboîter le pas à ce chef rebelle, en déposant les armes pour favoriser la paix et le développement.
Tueries et fuite de la population congolaise
A en croire des sources dignes de foi, des affrontements entre les militaires congolais et des miliciens Raia Mutomboki ont fait plusieurs morts et contraint de nombreuses personnes à s’enfuir. Le bilan précis de ces combats, qui ont eu lieu dimanche 4 avril, dans les localités de Kalonge et Katasomwa, dans le territoire de Kalehe au Sud-Kivu, n’est pas dévoilé.
Un membre de la société civile locale ayant requis l’anonymat a déclaré à radiokapi.net que ce sont les miliciens Raia Mutomboki qui ont attaqué les positions de l’armée dans les deux localités. Il parle de deux militaires tués dont un colonel d’armée. L’administrateur du territoire de Kalehe fait savoir, pour sa part, qu’un officier de l’armée blessé par balle à Katasomwa a succombé à ses blessures quelques heures plus tard, sans précisé ni l’identité ni le grade de l’officier.
Renforcement de l’effectif des militaires
La même source révèle que les miliciens Raia Mutomboki ont attaqué les militaires qui s’interposaient dans un conflit entre les communautés Tembo et Hutu. Les sources militaires confirment la mort de cet officier militaire et affirme avoir neutralisé cinq éléments Raia Mutomboki.
Ce lundi dans la matinée, les écoles n’ont pas fonctionné normalement dans la zone de combats.
Des mouvements de déplacements sont signalés dans plusieurs localités. Les habitants de Chitebeka, Chirimiro, Mirenzo, Mushunguti, Chigoma se dirigent vers le Centre de Karasi en groupement de Mubugu, situé un peu plus loin de la zone où ont eu lieu les affrontements. La société civile de Kalehe demande le renforcement de l’effectif des militaires pour neutraliser les groupes armés. Elle invite la population à collaborer avec l’armée.
Poursuites judiciaires
D’autres sources affirment que deux leaders du groupe armé “Raia Mutomboki Hamakombo” ont comparu devant le tribunal militaire garnison de Bukavu en audience foraine dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu). Le tribunal s’est penché, en 2020, à l’audition des 16 victimes présentes au procès sur les 25 qui avaient été dénombrés à Bunyakiri. Puis, le tribunal a identifié deux prévenus, le chef Hamakombo lui-même et son adjoint. Ces combattants, originaires de Bunyakiri, sont poursuivis pour violences sexuelles, tortures et autres actes de crime contre l’humanité.
Le tribunal militaire garnison de Bukavu est appuyé par la Task Force “Justice pénale internationale” sous la coordination de la section d’appui à la justice de la MONUSCO/Bukavu. Cet appui repose essentiellement sur l’aspect logistique, financier et technique. La Task Force englobe l’ONG Trial International, le bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme, le PNUD, la Fondation Panzi et le PHR.
L’écosystème détruit et des minerais volés
La reddition du chef milicien Raia Mutomboki intervient plusieurs mois après l’arrestation, en mai 2020, de l’un des chefs de la milice Raia Mutomboki dans le territoire de Kabare. Le milicien Chance Mihonya, qui opérait longtemps au sein du Parc national de Kahuzi Biega (PNKB), a été transféré à la justice militaire.
Il est poursuivi pour les infractions de destruction de l’écosystème et de l’exploitation illicite des minerais. Il est également accusé d’avoir causé mort d’hommes et enlevé les agents du parc. Le chef milicien Chance Mihonya a été capturé dans le parc national de Kahuzi Biega, au terme d’un assaut lancé par les éco-gardes avec l’appui des FARDC. Il est déserteur des FARDC.
Des sanctions exemplaires
L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), à travers le PNKB, se réjouit de l’arrestation de ce chef milicien qui a longtemps œuvré au sein de cette aire protégée, patrimoine mondial de l’UNESCO. Son arrestation remet en confiance la population ainsi que tous les autres partenaires.
La société civile de Kalehe promet de collaborer avec l’armée et dénoncer les malfaiteurs. Elle demande à la justice militaire de prendre des sanctions exemplaires contre ce prévenu.
CNTV