SADC : » Faustin Luanga Mukela n’a bénéficié que tardivement du lobbying actif du PM. Sama Lukonde Kyenge » (AI)

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Après des mois d’une campagne dont il a été le principal moteur, le président botswanais Mokgweetsi Masisi est parvenu à faire désigner l’un de ses plus proches collaborateurs, Elias Magosi, au secrétariat exécutif de la SADC. Les prémices d’une influence accrue de Gaborone sur l’organisation régionale.

Le verdict est tombé le 18 août, premier jour du 41e sommet de la Southern African Development Community (SADC) : c’est le Botswanais Elias Magosi qui a été choisi pour succéder à la Tanzanienne Stergomena Lawrence Tax au plus haut poste de l’organisation régionale, celui de secrétaire exécutif. Le panel des cinq Etats-membres chargés de délibérer sur l’attribution du poste (Malawi, Tanzanie, Angola, Mozambique et Eswatini) a voté à l’unanimité en faveur du candidat botswanais, dont le seul concurrent était le Congolais Faustin Luanga Mukela. Ce résultat reflète directement la différence de stratégie entre Kinshasa et Gaborone.

Deux salles, deux ambiances

S’il avait le soutien oral du président Félix Tshisekedi, le candidat porté par la RDC n’a bénéficié que tardivement du lobbying actif des membres du gouvernement, et notamment du premier ministre Sama Lukonde Kyenge, qu’il a accompagné lors de quelques déplacements.

De son côté, le président botswanais Mokgweetsi Masisi a, dès la fin janvier, multiplié les visites aux chefs d’Etat voisins en compagnie de Magosi afin de soutenir sa candidature. La tournée a fait étape dans presque tous les Etats-membres de la SADC.

Pour tenter de convaincre Gaborone de laisser tomber, Kinshasa s’appuyait notamment dans sa campagne sur l’argument selon lequel le Botswana, en tant que pays siège de la SADC, obtiendrait par convention le poste de vice-secrétaire exécutif s’il abandonnait ses ambitions pour le plus haut gradé. Mais cela n’a pas suffi à convaincre Masisi.

La volonté de placer un pion essentiel

L’activisme onéreux du président botswanais lui a valu des critiques à Gaborone. L’opposition lui a amplement reproché de mobiliser des fonds publics pour la campagne et de s’y impliquer personnellement, alors même que la crise sanitaire de Covid-19 frappait le pays. Au-delà de l’intérêt géopolitique et diplomatique, ce volontarisme s’explique par la proximité de Masisi avec Magosi. Jusqu’à son élection à la SADC, ce dernier en était le permanent secretary, c’est-à-dire l’un de ses bras droits. Le vide laissé par Magosi à la présidence a par ailleurs poussé Masisi à réorganiser son fonctionnement .

 Africa Intelligence

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