RDC : Felix Tshisekedi méritait-il un accueil triomphal ?

Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, s’est donné un bain de foule hier, jeudi 4 novembre, lors de son retour au pays après une tournée européenne de routine.

Après la tournée qui l’a conduit en Israël où il a été fait Docteur Honoris Causa par une université de la place, en Italie où il a participé au sommet du G20 en tant que président de l’Union africaine et en Ecosse où il a pris part à la conférence climatique COP26 à Glasgow, le président Tshisekedi a été accueilli triomphalement le jeudi 4 novembre à son retour à Kinshasa. Cela, à l’appel de son parti politique, Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), mais aussi du Protocole d’Etat qui a mobilisé le corps institutionnel dont les députés, sénateurs et membres du gouvernement.

Dans l’opinion, cet accueil triomphal est diversement commenté.

Pour ses sympathisants, le président mérite cette attention car il aura valablement défendu le pays au milieu des décideurs mondiaux.

Pour Lambert Mende, député national qui se dit désormais membre de l’Union sacrée, en démocratie, personne n’a le droit d’interdire aux députés d’aller accueillir leur chef de famille politique.

Pour les opposants à cette mobilisation, cet accueil rappelle les heures sombres du culte de la personnalité sous le maréchal Mobutu qui, très souvent après des tournées internationales, mobilisaient la masse et les institutions de l’Etat à sa gloire.

« Nous ne voulons plus de Mobutu bis. Nous ne voulons plus de MPR bis. Nous voulons un président humain, simple, respecté par tous et qui travaille uniquement pour l’intérêt du Congo et du peuple Congolais », a déclaré Jean-Claude Katende, l’activiste de la société civile.

S’il y avait bien un intérêt dans cette « démonstration de force », c’était politique. Il est difficile de ne pas lire un message fort lancé par Tshisekedi à ses adversaires politiques qui se préparaient à organiser une manifestation ce samedi 6 novembre à travers le bloc patriotique composé du FCC de Joseph Kabila, de Lamuka de Martin Fayulu et bien d’autres forces sociales qui sont contre la nouvelle équipe de la CENI, la nouvelle loi sur la centrale électorale ou encore la redevance RAN (Registre des appareils mobiles).

Malheureusement, l’arme non conventionnelle utilisée dans cette guerre d’influence politique qui peut être légitime est les institutions de l’Etat, en premier le Président de la République. Voilà la tâche d’huile.

Socrate Nsimba/Digitalcongo

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