Le deal de la Sodimico: l’aventure d’Akon dans les mines du Haut-Katanga a soulevé des interrogations de l’ IGF

Akon

Un gisement jugé « épuisé », une entreprise dissoute au Wyoming et des engagements jamais remplis… l’aventure du rappeur américain Akon dans les mines du Haut-Katanga a soulevé les interrogations des enquêteurs de l’Inspection générale des finances.

Dans son dernier rapport consacré à la gestion de la Société de développement industriel et minier du Congo (Sodimico), l’Inspection générale des finances (IGF) s’est attardée sur le deal noué en décembre 2020 entre l’entreprise publique avec White Waterfall, propriété du rappeur américain d’origine sénégalaise Akon. Ce contrat octroie à la joint-venture créée pour l’occasion, la Simaks, les droits de recherche et d’exploration de 20 carrés miniers couvrant le gisement de cuivre et de cobalt de Kimono, dans la province du Haut-Katanga (sud-est de la RDC). En échange, White Waterfall s’est engagé à financer l’étude de faisabilité du projet, les dépenses pour sa réalisation, ainsi que le paiement d’un pas-de-porte de 2 millions de dollars.

Seul bémol : comme le note l’IGF, le site Kimono est réputé épuisé, et donc peu susceptible de receler des minerais en grande quantité. Comme autre étrangeté, les enquêteurs congolais ont  relevé l’octroi jugé « inexplicable » du monopole sur la vente des cathodes de cuivre à produire par la Sodimico. L’IGF avait pointé aussi le « manque de réaction » de la Sodimico face à « l’inactivité » de White Waterfall dans l’exécution du contrat.

Nouveaux investisseurs

En réalité, la société d’Akon a été radiée en septembre 2021 par l’Etat du Wyoming, où elle était enregistrée en 2020, en raison de la non-publication de son rapport annuel. Cette situation administrative n’a pas empêché la Simaks de faire entrer de nouveaux investisseurs dans le projet. Ainsi, en juin, la société londonienne Red Rock Resources a annoncé une prise de participation dans la coentreprise à hauteur de 58 %, contre un versement initial de 50 000 $, et le paiement de 25 000 $ supplémentaires par trimestre jusqu’à un total de 400 000 $.

Africa Intelligence

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