Paul Kagame s’appuie en priorité sur son conseiller chargé de la sécurité et ancien ministre de la défense, le général James Kabarebe (64 ans), qui a été chef d’état-major de l’armée congolaise sous la présidence de Laurent-Désiré Kabila (1997-2001) – ce dernier, qui disposait du soutien de Kigali lors de sa prise du pouvoir, s’était retourné ensuite contre son ancien allié. Au début de la présidence Tshisekedi, il a œuvré au rapprochement entre Kigali et Kinshasa, avec notamment l’ex-directeur de cabinet du chef de l’Etat congolais, Vital Kamerhe – ce dernier avait fait le déplacement début 2020 pour le mariage du fils de Kabarebe, provoquant la colère d’une partie de l’opinion publique. Même s’il est réputé toujours aussi influent auprès de Paul Kagame, le général James Kabarebe semble davantage en retrait du dossier congolais qu’au début du mandat de Tshisekedi.
La gestion en première ligne est assurée par le général Joseph Nzabamwita, nommé en 2016 à la tête des NISS. Même s’il est anglophone, l’intéressé a souvent œuvré sur le sujet congolais, notamment lorsqu’il officiait en tant que porte-parole de la Rwanda Defense Force (RDF). Il était ainsi aux premières loges lors des événements de fin 2012, lorsque les rebelles du M23 avaient brièvement occupé Goma, avant d’être contraints de quitter la ville quelques semaines plus tard sous la pression de la communauté internationale et en particulier de l’ancien président américain Barack Obama.
RwandAir:Le profil atypique de Joseph Nzabamwita
Joseph Nzabamwita a participé en personne aux rencontres en septembre 2022 avec ses homologues congolais et ougandais, notamment à Paris, via l’entremise de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Une grande partie du dossier congolais est toutefois dévolue à son adjoint, le colonel Jean-Paul Nyirubutama. Chargé du renseignement extérieur, ce proche du président Kagame a un profil atypique, puisqu’il a officié au sein de RwandAir. Il était le directeur d’exploitation de la compagnie aérienne nationale, avant d’intégrer son conseil d’administration jusqu’en juin 2021, date de sa nomination au NISS.
Malgré un CV a priori éloigné de l’Est congolais, le colonel Nyiributama est devenu incontournable sur la dimension sécuritaire de la crise, dont le volet le plus brûlant demeure celui des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Ce groupe, constitué à l’origine de génocidaires hutus, demeure la bête noire de Kigali. Leur présence à proximité immédiate de la frontière est intolérable pour l’exécutif rwandais, qui a mené une série d’attaques sur le sol congolais pour tenter de supprimer l’état-major des FDLR – avec l’assentiment de Kinshasa jusqu’à début 2022, et désormais de manière clandestine, parfois aux côtés du M23.
Avec Africa Intelligence
Meilleur site de L’ annee
Merci beaucoup!