AFRIQUE: des sanctions ciblées contre toute personne ou toute autorité qui va détourner des fonds alloués à la lutte contre le covid-19

Antonio_Guteres

Des appels ont été lancés pour que les Nations Unies, les États-Unis et l’Union européenne assouplissent les sanctions dans le monde à la suite de la pandémie de COVID-19. Le président Congolais Félix Tshisekedi a appelé en février 2019 l’Union Européenne à lever les sanctions individuelles qui pèsent sur certaines personnalités publiques en RDC.

Cependant, tous ces appels à la levée  complète des sanctions ne tiennent pas compte des objectifs pour lesquels ces sanctions ont été émises. Des programmes de sanctions ‘totales” ou “générales ”contre des pays comme la Corée du Nord et l’Iran diffèrent considérablement des “sanctions ciblées des réseaux “dans des pays comme le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo (RDC). Des sanctions  “générales” sont conçues pour contraindre les économies entières à exercer des pressions sur les régimes. Par contre des”  sanctions ciblées” contre les réseaux sont destinées aux responsables gouvernementaux corrompus, leurs réseaux commerciaux et y compris leurs collaborateurs internationaux.



Dans des pays comme la RDC et le Soudan du Sud, les sanctions ciblées des réseaux ne nuiront  pas aux efforts de lutte contre COVID-19.

En fait, le maintien ou même le renforcement  de certaines mesures de sanctions ciblées pourraient dissuader quiconque voudrait détourner des ressources destinées à lutter contre le Covid-19 à des fins personnelles.

En Afrique orientale et centrale, la corruption systématique est déjà  l’un des principaux moteurs des conflits et des crises humanitaires. L’aide étrangère et les fonds alloués aux services de santé  sont systématiquement détournés par les élites dirigeantes et leurs réseaux au lieu de bénéficier aux populations auxquelles ils sont destinés. Par exemple, en mars, un ancien ministre de la Santé du gouvernement de la RDC a été condamné pour détournement de plus de 4 millions dollars destinés à lutter contre l’épidémie d’Ebola. Le ministre Oly Ilunga et son conseiller financier ont contrefait des reçus et utilisé une fausse entreprise pour détourner les fonds d’urgence. La pandémie Covid-19 vient encore réveiller la nécessité  de veiller à ce que l’argent destiné aux services de santé ne soit pas la proie de la corruption.

Les pays africains ont besoin d’une aide d’urgence internationale sous forme de médicaments, d’équipements de protection individuelle, de kits de test, de ventilateurs, d’aide alimentaire et d’autres ressources vitales et cette assistance ne doit pas être détournée ou retardée par des acteurs corrompus. Les pressions financières visant  les réseaux qui détournent les deniers publics peuvent avoir un effet dissuasif crucial sur le pillage systématique qui, s’il n’est pas contrôlé, sapera inévitablement les efforts visant à fournir des services et des fournitures vitales pour lutter contre l’épidémie de COVID-19.

Hillary Mossberg

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