La société du magnat de la sécurité privée Erik Prince, Frontier Services Group, vient d’empocher un contrat d’envergure : la protection des actifs de la Sicomines. Ce gigantesque programme de coopération sino-congolais fait face à de vives critiques et à des troubles sur ses périmètres.
Frontier Services Group Congo a démarré début novembre un contrat pour Sicomines. Cette filiale en RDC de l’entreprise de sécurité établie à Hong Kong de l’ex-soldat des forces spéciales américaines Erik Prince, Frontier Services Group (FSG), a donc déployé officiers de sécurité, véhicules de surveillance et patrouilles canines sur les périmètres de cette joint-venture sino-congolaise créée en 2008. Celle-ci vise à l’exploitation de gisements de cuivre-cobalt à proximité de Kolwezi en RDC par des entreprises publiques chinoises, en échange de la construction d’infrastructures.
Opportunités de missions pour plusieurs années
Cela représente un mandat d’importance pour le développement des activités et des revenus de FSG en RDC, où la société cherche à s’imposer depuis quelques mois dans la sécurité physique et assurantielle . Elle vient ainsi de conclure un contrat avec des géants de l’industrie chinoise – Sinohydro, China Railway Group, Zhejiang Huayou Cobalt Co et China Machinery Engineering Corp, qui détiennent 68 % de Sicomines – ainsi qu’avec la compagnie publique congolaise Gécamines (32 %), propriétaire d’une large partie du foncier minier du Haut-Katanga et du Lualaba. Surtout, le financement en infrastructures prévu par Pékin est de 6,6 milliards de dollars, et les dernières évaluations officielles des ressources de la mine de Sicomines – où la production a débuté en 2015 – indiquent 10 616 070 de tonnes de cuivre et 626 919 de cobalt exploitables, laissant entrevoir des opportunités de missions nombreuses pour plusieurs années.
En RDC, les incursions clandestines de creuseurs sur les gisements pour s’emparer de minerai sont fréquentes , mais la Sicomines fait également face à des attaques sur ses chantiers d’infrastructures. Son chantier phare, le barrage hydroélectrique de Busanga (240 MW), a subi cette année des dégradations du fait des entrées illégales de riverains venus trouver du cobalt sur la concession . Cela a généré des retards pour cette installation pourtant quasiment terminée. Par ailleurs, la société civile est très remontée contre l’opacité des activités de la joint-venture et de sa direction.
Africa Intelligence
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