Feuilleton Ogefrem : frontières verrouillées contre le DG Sayiba

Patient Sayiba Tambwe

Le feuilleton de la traque de Patient Sayiba Tambwe, Directeur Général de l’Ogefrem (Office de Gestion du Fret Multimodal), traqué par le Parquet Général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete, se poursuit allègrement. Aux dernières nouvelles, le Procureur Général près la Cour de Cassation, Victor Mumba Mukomo, vient de déposer une réquisition auprès du Directeur général de la Direction Générale de Migration, pour solliciter le concours de ses agents afin d’empêcher toute sortie de l’incriminé du territoire national, et bien plus, de le mettre purement et simplement aux arrêts et de le ramener manu militari, à son office.

            Ce haut magistrat a pris également soin de signaler au numéro un de la DGM que Patient Sayiba est sous le coup d’un mandat d’amener émis depuis le 16 avril 2020.

Rappelons que ce feuilleton judiciaire tourne autour du détournement présumé, par celui qui est censé assumer encore la fonction de DG de l’Ogefrem, d’une somme globale de 21 millions dollars américains, dont 7 millions devraient servir à l’aménagement et la modernisation du « port sec » de Kasumbalesa, dans la province du Haut-Katanga, et 14 millions à la réalisation d’un FERI. « Invité » en son temps à deux reprises au Parquet Général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete pour y être entendu, dans le cadre de l’instruction pré-juridictionnelle, Patient Sayiba avait prétexté l’impossibilité de sortir de la Gombe, où se trouve sa résidence, pour cause de « confinement ».

            Mais dès que le magistrat instructeur était passé à la vitesse supérieure, en lançant un mandat d’amener contre lui, le DG de l’Ogefrem avait posé, comme préalable à sa présentation à la justice, l’annulation de ce document de procédure et le retour à la formulation de l’invitation. Invisible et donc insaisissable, il faisait dire à ses avocats qu’il était disposé à coopérer avec la justice, à la seule et unique condition que le mandat d’amener soit déclaré nul et de nul effet.

Le Parquet général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete ayant maintenu le principe du mandat d’amener face à un justiciable « rebelle », l’on en est aujourd’hui à l’ultime étape de la fermeture des frontières nationales contre un individu dont la fuite, en dehors du pays, est sérieusement à craindre. Les limiers de la justice vont ainsi continue les « battues » jusqu’à la découverte de la cachette de Patient Sayiba, qui a largement démontré sa mauvaise foi dans la phase préliminaire de son dossier judiciaire. Son arrestation, dans le meilleur délai, et son placement en détention préventive à Makala, restent l’unique alternative pour lui montrer que l’Etat de droit est en train de ressusciter en République Démocratique du Congo.

            Il est tout même bizarre qu’un mandataire public qui ne se reproche rien dans un dossier des fonds portés disparus sous sa gestion ait choisi le jeu de cache-cache face à la justice, à la manière d’un enfant ayant fait l’école buissonnière.

S’il pouvait penser aux circonstances aggravantes qu’il est en train d’introduire dans son dossier judiciaire et à la détermination de la justice de mener, jusqu’au bout, l’opération « mains propres » lancée contre les détourneurs des deniers publics, le DG de l’Ogefrem aurait déjà arrêté sa campagne de résistance contre une « machine » capable de mettre fin, à tout instant, à sa cabale.                                   Kimp/Le phare

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