Le groupe chinois China Nonferrous Mining Corp (CNMC) va revoir ses règles après un « oubli » à 16,6 millions de dollars

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Le conglomérat minier chinois veut réviser ses méthodes de contrôle interne après un impair : deux contrats d’achat de cuivre n’ont pas été portés à la connaissance de son conseil d’administration, ni à celle de la Bourse de Hong Kong, et ce pendant des mois.

Le 30 mars, le groupe chinois China Nonferrous Mining Corp (CNMC) a dû faire son mea culpa sur la Bourse de Hong Kong, le Hong Kong Exchange and Clearing (HKEX), où il est coté. En cause, deux contrats, datant d’avril et mai 2020, conclus par Chambishi Copper Smelter (CCS), filiale de CNMC opérant la mine et l’unité de traitement de cuivre de Chambishi en Zambie.

Début 2020, le cuivre extrait sur la mine de CCS contenant trop de fer et de soufre pour le four de son usine, la société a dû acquérir d’autres types de cuivre, contenant plus d’oxydés. Or, ne parvenant pas à s’approvisionner auprès de ses fournisseurs habituels du fait des difficultés générées par la pandémie de Covid-19, CCS s’est tourné vers la société Huachin. Avec cette dernière, la filiale de CNMC a convenu d’obtenir jusqu’à 8 500 tonnes de concentrés de cuivre depuis la mine de Commus et 2 000 tonnes de concentrés d’oxydes depuis celle de MPC, toutes deux situées à proximité de Kolwezi, dans le Lualaba congolais. Au total, CCS a acheté l’an dernier 5 075 tonnes de cuivre auprès de Huachin, pour environ 16,6 millions de dollars.

Une erreur susceptible d’être sanctionnée

Or, Huachin est contrôlée par Siu Kam NG, le patron de deux filiales de CNMC, Huachin Leach et CNMC Huachin Mabende, entités opérant la mine de cuivre de Mabende, dans le Haut-Katanga congolais.

Une transaction avec une entité ou une personne connectée à CNMC doit être notifiée au conseil d’administration de la société, ainsi qu’au HKEX, pour garantir la compliance et l’absence de conflits d’intérêts dans les contrats, ce qui en l’espèce n’a pas été fait. Ce type d’oubli pouvant entraîner des sanctions de la part du gendarme boursier, le conseil d’administration assure avoir examiné les contrats dès qu’il en a pris connaissance, et garantit qu’ils sont conformes avec les règles.

Surtout, CNMC a décidé de réviser ses procédures de contrôle interne, prévoyant de former son conseil d’administration et ses cadres aux règles de la Bourse, mais aussi d’obliger ses départements business, compliance et des finances à rapporter à la direction toute proposition de transaction avec des tierces parties. Chaque filiale du groupe CNMC devra aussi désigner un conseiller juridique en chef qui sera chargé de revoir les procédures de contrôle préalable des transactions et de consulter la maison mère ou la Bourse si besoin.

 Africa Intelligence

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