Les tensions entre l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et le Qatar s’affichent désormais au grand jour, autant sur la politique énergétique que sur leur positionnement géopolitique dans la région et surtout en Afrique . Depuis, les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Qatar y investissent massivement, notamment dans les infrastructures et surtout tentent d’acheter des mines en Afrique notamment en RDC. Barrick Gold souhaite explorer davantage de gisements de cuivre en République démocratique du Congo.

Le numéro 2 mondial des mines d’or, Barrick Gold souhaite aussi explorer des gisements de métaux de cuivre et de cobalt dans le sud du Congo tout en développant et en prolongeant la durée de vie de sa mine de Lumwana en Zambie, a déclaré le PDG Mark Bristow.En outre, Le numéro 2 de l’or coopère Avec l’Arabie saoudite pour acheter des mines au Moyen orient et en Afrique notamment en RDC. Mais le président congolais Félix Tshisekedi a presque choisi les Emirats arabes unis pour ses mines et minerais malgré les recours multiples à la justice internationale.

Dans la plus grande confidentialité, la présidence congolaise de Félix Tshisekedi planche sur un deal minier de grande envergure avec les Emirats arabes unis (EAU).L’accord  entre Félix Tshisekedi et Mohammed bin Zayed al-Nahyane (MbZ) s’est notamment déjà traduit par la création, en décembre 2022, d’une joint-venture congolo-émiratie, la Primera Gold SA.Côté Emirats, c’est l’entité Primera Group Limited qui contrôle Primera Gold et une autre société en cours de constitution, Primera Metals, dédiée au coltan, un minerai stratégique, qui devrait être l’un des principaux opérateurs sur ce dossier.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a révoqué son autorisation pour la première raffinerie d’or du pays, quelques jours avant son inauguration.Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’Abu Dhabi montre son appétit pour les mines congolaises. En 2021 déjà, les Emirats avaient identifié trois permis dans la zone aurifère de Zani-Kodo, dans la province de l’Ituri. Leur cession s’était finalement révélée impossible, leurs réels propriétaires étant des personnalités clefs du régime.

L’or congolais  raffiné aux Emirats arabes unis

L’usine, construite par Congo Gold Raffinerie Sarl dans la ville orientale de Bukavu, est en chantier depuis 2019 et devait produire deux tonnes d’or par mois en utilisant le minerai des mines artisanales de la province du Sud-Kivu.

La ministre des Mines, Antoinette N’Samba Kalambayi, a annulé le permis de l’entreprise parce qu’elle « n’a pas respecté ses obligations sociétales », selon un décret du 24 juillet vu par Bloomberg et confirmé par la CGR et le ministère.

La société est détenue à parts égales par l’homme d’affaires congolais Dieudonné Kasembo Nyembo et Yasin Somji, dont la famille a une longue histoire d’affaires, notamment de négoce de minerais, en Afrique centrale. La décision coïncide avec l’expansion d’une entreprise aurifère distincte au Sud-Kivu entre le gouvernement congolais et Primera Group Ltd., basée à Abu Dhabi, qui a commencé à fonctionner en janvier.

Primera Gold DRC SA a expédié 2 tonnes d’or extrait à la main au cours du premier semestre de l’année, a annoncé la société . Il vise à terme à exporter jusqu’à 36 tonnes par an. Sa production est envoyée aux EAU pour y être raffinée.

MBZ cible le « permis 591″ de ERG

Selon Africa Intelligence, la présidence de Félix Tshisekedi a soumis à Abu Dhabi une liste de 14 permis miniers au Sud – Katanga. Tous ces permis répondent aux intérêts des Emirats arabes unis dans sa quête de contrôler les mines stratégiques du Congo.

 

Le choix des permis proposés par Kinshasa à Abu Dhabi , dont certains appartiennent à l’entreprise publique Gécamines, fait encore l’objet d’intenses tractations. Celles-ci sont d’autant plus sensibles que la propriété de certains de ces titres demeure floue. Au cadastre minier de la RDC (Cami), les autorités congolaises ont ciblé des actifs jugés inexploités par leurs détenteurs. C’est le cas notamment du permis 591, détenu par Swanmines, une filiale du groupe kazakh établi au Luxembourg Eurasian Resources Group (ERG). Après s’être vu notifier par les autorités congolaises le retrait de son permis, ERG s’est récemment tourné vers la justice arbitrale à Paris.

Les autorités congolaises ont signifié en début d’année le retrait du permis au groupe kazakh, faute de respect de ses obligations contractuelles, notamment l’absence d’étude de faisabilité actualisée. Pour le groupe minier, cette décision intervient alors qu’il a entamé depuis plusieurs mois une stratégie visant à relancer et valoriser ses différents actifs.

Au regard de l’enjeu, le PDG du groupe minier, Benedikt Sobotka, a fait le déplacement fin janvier en jet privé à Kinshasa note Africa Intelligence . Face à la fermeté affichée par la présidence, ERG a finalement choisi de porter l’affaire devant la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI), à Paris. Le groupe kazakh s’est adjoint pour cela les services du cabinet d’avocats Trinity International LLP.

Aime Binda avec AI