Les routes d’import-export du cuivre et du cobalt : Le Zimbabwe menace de couper le passage au port de Durban?

copperbelt

Au moment où le poste-frontière de Beitbridge entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud connaît les pires encombrements de son histoire, le pont de Kazungula raccordant la Zambie au Botswana vient d’être achevé. Un passage par ces deux pays pour relier la Copperbelt au port de Durban devient possible.
La vidéo a rapidement fait le tour des « routiers » d’Afrique australe : trois voies de camions à touche-touche à l’arrêt sur près de 15 km pendant que des véhicules tentent de dépasser, en équilibre précaire, par la piste sur le bas-côté. Les alentours de Beitbridge, principal poste-frontière entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, ont été plus embouteillés que jamais entre fin octobre et début novembre, des chauffeurs affirmant avoir mis jusqu’à deux semaines pour passer d’un pays à l’autre.

Congestion

La situation était pire sur la route allant vers le nord, pour relier le port sud-africain de Durban à la Copperbelt RDC-Zambie afin d’approvisionner les mines de cuivre et cobalt en intrants divers. Les cadres locaux du parti d’opposition sud-africain de la Democratic Alliance (DA) ont dénoncé la lenteur des douaniers du South African Revenue Service (SARS) à réaliser les procédures administratives et le trop faible nombre de personnels affectés à Beitbridge, alors que la pandémie de Covid-19 a renforcé les contrôles à réaliser.

Toutefois, les agents zimbabwéens étaient eux aussi submergés et les règles à respecter pour entrer dans le pays malgré la pandémie ont parfois été floues. Les tensions entre Pretoria et Harare n’ont pas aidé. Fin mars, le gouvernement de Pretoria avait annoncé prévoir la construction d’un mur de 40 km et près de 2 mètres de haut pour mieux contrôler les allées et venues afin de limiter la propagation du Covid-19. De plus, les demandes d’extradition de ministres de l’ex-président zimbabwéen Robert Mugabe, réfugiés en Afrique du Sud, par le gouvernement de Harare n’ont pas encore obtenu de réponse.

A partir du 8 novembre, la situation s’est améliorée. Le SARS sud-africain a décidé de ne plus obliger les chauffeurs à imprimer l’un des laissez-passer demandés. Néanmoins, le blocage de Beitbridge est fréquent, et les chauffeurs affirment que la seule issue à cette situation est le versement de pots-de-vin pour espérer passer plus vite.

Rivalité venue d’ailleurs

Ces troubles sont intervenus alors que le groupe coréen Daewoo Engineering & Construction a déclaré en octobre avoir terminé la construction du pont de Kazungula, pour une ouverture prochaine à la circulation. Long de près de 1 km et large de 18,5 m, il relie la Zambie au Botswana en passant au-dessus du fleuve Zambèze. Cette infrastructure doit ouvrir une nouvelle voie pour faire le trajet entre la Copperbelt et les ports sud-africains, plus longue que celle via le Zimbabwe, mais qui pourrait avoir les faveurs de certains chauffeurs si les difficultés persistent à Beitbridge.

Le changement de route pourrait aussi venir de la concurrence faite au port sud-africain de Durban par celui mozambicain de Beira, plus proche depuis la Copperbelt pour les routiers exportant le cuivre .

Africa Intelligence

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