ONU: Lâchés par ses alliés, les USA subissent un camouflet sur l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran

équipe trump
Les Etats-Unis subissent un camouflet sur l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran.

Alors que l’Iran jubile, Donald Trump l’a mauvaise. La république islamique a crié victoire samedi, après le rejet à une écrasante majorité par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution américaine visant à prolonger l’embargo sur les armes en Iran.

Trump boude le sommet de Poutine

Le premier effet boomerang de cette décision ne s’est pas fait attendre : le président américain a affirmé samedi qu’il ne participerait « probablement pas » au sommet des cinq membres permanents du Conseil de sécurité avec l’Iran proposé par Vladimir Poutine. « Je pense que nous allons attendre jusqu’après l’élection », a affirmé Donald Trump, interrogé sur son éventuelle venue.

Il faut dire que c’est une véritable humiliation pour Washington. Seuls deux des quinze membres du Conseil ont voté vendredi pour la résolution, mettant en exergue les divisions entre les Etats-Unis et ses alliés européens. Téhéran en a donc profité pour railler Washington pour son incapacité à obtenir plus qu’une seule voix de soutien, celle de la République dominicaine. Les alliés européens de Washington se sont tous abstenus.

Pour le président iranien Hassan Rohani, les Etats-Unis n’ont pas réussi à mettre fin à ce qu’il a appelé l’accord « à moitié vivant » de 2015 avec les grandes puissances qui a permis à l’Iran d’échapper aux sanctions en échange d’une réduction de son programme nucléaire. Selon lui, « ce jour restera dans l’histoire de notre pays et dans l’histoire de la lutte contre l’arrogance mondiale ». « Pendant les 75 ans d’histoire des Nations unies, l’Amérique n’a jamais été aussi isolée », a renchéri le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Abbas Moussavi.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a pour sa part dénoncé une « grave erreur » : « je regrette que le monde entier ne se soit pas associé à la lutte contre le plus grand Etat sponsor du terrorisme pour s’assurer qu’il ne puisse pas avoir de systèmes d’armements présentant un risque, un risque pour le cœur de l’Europe ». Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a lui aussi jugé « scandaleuse » la décision de ne pas renouveler l’embargo.

La diplomatie unilatérale de Washington

Cette décision devrait poser les jalons d’une longue épreuve de force avec des répercussions sur l’accord international conclu pour empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire. L’embargo sur les armes arrive à expiration le 18 octobre. Or, bien que Donald Trump ait retiré les Etats-Unis de l’accord, la diplomatie américaine menace désormais d’invoquer son statut de pays « participant » à ce même texte pour imposer unilatéralement le rétablissement des sanctions de l’ONU. Une telle manœuvre risquerait de pousser l’Iran à claquer définitivement la porte de l’accord nucléaire, dont il a déjà commencé à se désengager. Surtout, la diplomatie unilatérale des Etats-Unis sur ce dossier risque de plonger l’ONU dans l’une des pires crises de son histoire.

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