Les problèmes dans les mines de l’est de la RDC étant régulièrement liés aux forces armées, la nomination de gouvernements militaires à la tête des deux provinces congolaises inquiète.
Le remplacement des gouvernements civils par des autorités militaires le 3 mai au Nord-Kivu et en Ituri, à la suite de la déclaration d’état de siège dans ces provinces de l’est de la RDC par le président Félix Tshisekedi, préoccupe les chambres des mines et sociétés civiles locales. Alors que les violences et activités illégales sur les sites miniers des deux provinces sont souvent liées à la présence de membres des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ou de groupes rebelles, elles espèrent que la nouvelle situation n’exacerbera pas les tensions sur le terrain.
Craintes au sujet des normes de traçabilité et de responsabilité
C’est aussi la relation avec les acheteurs des minerais extraits dans l’est de la RDC – principalement les « 3T » (étain, tantale, tungstène) et l’or -, qui fait l’objet de craintes. Les acquéreurs sont de plus en plus exigeants quant au respect des règles de traçabilité et de responsabilité, souvent indispensables pour revendre ensuite leurs stocks à l’étranger à des consommateurs finaux (industriels de la téléphonie et de l’électronique, joaillers, etc.).
Or, l’une des normes – internationale, mais aussi locale – est l’absence de forces de l’ordre et militaires sur les périmètres miniers, ce à quoi les chambres des mines et organisations de la société civile comptent faire attention. De plus, la nomination de deux généraux ayant fait partie de groupes rebelles à la tête des provinces, Luboya Nkashama au Nord-Kivu, Constant Ndima Kongba en Ituri, pourrait être accueillie avec perplexité à l’étranger.
L’inquiétude est également due au manque de visibilité sur la gestion publique du secteur minier durant l’état de siège. Quelques jours encore après la nomination de Nkashama et Ndima Kongba, les noms des membres des gouvernements devant les appuyer n’étaient pas connus. Il n’était pas possible de savoir si des civils ou des militaires seraient désignés comme ministres provinciaux des mines. De même, il n’était pas encore sûr que les chefs des divisions provinciales des mines, représentants du gouvernement central en région, allaient être suspendus ou non.
Africa Intelligence