Comment Félix Tshisekedi tente de satisfaire les différentes formations de « l’union sacrée »
Près de deux mois après la nomination de Sama Lukonde Kyenge à la primature, l’annonce de la composition de son gouvernement est présentée comme imminente. Les ministères ont été répartis entre les différentes formations membres de « l’union sacrée » en fonction de leur poids politique, notamment le nombre de députés, et de leur influence supposée.
D’après les informations d’Africa Intelligence, la part du lion du futur gouvernement de Sama Lukonde Kyenge, soit au moins une quinzaine de ministères, reviendra au parti présidentiel, l’Union démocratique pour le progrès social (UDPS), ainsi qu’à Félix Tshisekedi lui-même, qui pourra nommer à discrétion plusieurs postes – dont des régaliens. Parmi les autres grands vainqueurs figure l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), la formation de l’ex-membre du Front commun pour le Congo (FCC, la formation de l’ex-président Joseph Kabila), Modeste Bahati Lukwebo, qui est remercié pour son rôle d’informateur dans l’identification de la nouvelle majorité parlementaire. L’AFDC devrait récupérer cinq maroquins, dont un poste de vice-premier ministre et un autre avec un rang de ministre d’Etat.
Quant à Ensemble pour le changement de l’ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, malgré ses 70 députés, l’exécutif congolais prévoit de lui accorder entre cinq et six ministères – soit un peu moins qu’espéré initialement. Là aussi, la formation devrait récupérer un vice-premier ministre et un ministre d’Etat. D’autres formations plus modestes fermeront le rang, à l’image du regroupement politique Alliance pour l’avenir du Congo de l’ex-FCC Pius Muabilu. Pressenti pour devenir vice-premier ministre, ce dernier devrait finalement se contenter d’un poste de ministre d’Etat.
Cette répartition des postes doit permettre de satisfaire les ambitions des différentes formations ayant rejoint « l’union sacrée » et d’éviter ainsi un éventuel blocage du Parlement lors de l’investiture du nouveau gouvernement. Le risque est d’autant plus grand que le FCC, avec qui Félix Tshisekedi a rompu sa coalition en décembre 2020, conserve encore de nombreux députés à l’Assemblée.
Africa Intelligence