Il s’agit de Miji Kamwengo, conseiller du ministre provincial des Mines qui est passé aux aveux lors de son audition le 01 décembre 2021. Alors que les deux rapports des services techniques se complétaient, le véreux conseiller a dressé un faux rapport contredisant les travaux de l’OCC et du CGEA en affirmant la présence de l’Uranium dans la cargaison saisie.

Lors de son interrogatoire, M. Kamwengo a cité le nom de ses commanditaires dont le directeur de cabinet de la gouverneure ai du Lualaba. Le nom de l’homme de confiance de Fifi Masuka est repris sur le premier feuillet du PV d’audition. A en croire diverses sources sur place à Kolwezi, le conseiller a également reconnu avoir rédigé et transmis son rapport à ses clients à l’insu de sa hiérarchie (donc le ministre provincial des Mines).

En clair, accentuent les sources dignes de foi, le conseiller Miji a été corrompu pour produire un rapport accréditant la thèse de la commercialisation de l’Uranium au départ de la RDC. Malheureusement, ont-elles déploré, l’équipe Masuka oublie que des pareilles démarches exposeraient le pays aux probables sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU.

CGEA, OCC, deux rapports techniques presque identiques

A la demande du parquet général près la Cour d’appel de Kolwezi, la direction provinciale de l’Office congolais de contrôle (OCC) du Lualaba et l’antenne provinciale du Commissariat général de l’énergie atomique ont effectué des analyses et fourni les résultats y relatifs dans deux rapports distincts transmis d’ailleurs à la justice.

Ainsi, le travail consistait à procéder aux prélèvements et à analyser la nature des produits, à déterminer le poids réel des produits transportés et la teneur de minerais à bord. Daté du 11 octobre 2021, le rapport d’expertise de l’OCC/Agence de Kolwezi indique que les poids réels de minerais transportés n’ont pas pu être déterminés faute de bascule mais le taux d’humidité a été déterminé à l’aide d’une étude de marque Binder à la température de 105°C. « Les teneurs en cuivre varient entre 5,512 et 11,300% et les teneurs en cobalt entre 0,059 et 7,040% », révèlent le tri-hebdo Africanews.

Et aux analystes de l’OCC de conclure que « …nous pouvons dire que les produits analysés pourraient être des minerais bruts enrichis, soit par lavage manuel suivi d’un séchage ou soit par triage manuel. Aucune trace de l’uranium n’y est évoquée ».

Le même son de cloche a été entendu du côté de l’antenne provinciale du CGEA dans le rapport de ses techniciens. « Les valeurs des débits de dose exprimées en micro sieverts par heure, sont à un niveau acceptable dans le cadre de transactions locales pour lesquelles la limite à ne pas dépasser est de trois (3) micro sieverts par heure. Par contre, dans le cadre des exportations des concentrés et des hydroxydes, ces valeurs des débits de doses ne sont pas acceptables étant donné que le seuil est de 0,30 micro sieverts par heure (le sievert est l’unité utilisée pour donner une évaluation de l’impact des rayonnements sur l’homme) », ont-ils complété.

Près de seize (16) camions transportant des minerais avaient été saisis en octobre 2021 dans la province du Lualaba et mis à la disposition de la justice pour des enquêtes approfondies. D’après plusieurs sources, les véhicules saisis par le service anti-fraude et les services de sécurité, transporteraient de l’Uranium et se dirigeraient vers la ville de Lubumbashi avant de prendre la destination des pays d’Afrique australe. Curieusement, cette thèse se révèle être fausse après les avis des services techniques. Il s’agit plutôt du cuivre et du cobalt.

Patrick Mputu/Ouragan.cd

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