RDC:FATSHI LÈVE L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE CE MARDI

Félix Tshisekedi portant masque

A charge des autorités politico-administratives et policières de veiller à l’observance stricte de mesures barrières préconisées pour éviter la propagation de la pandémie de Covid-19.

Sauf ultime changement de date, le Président Félix Tshisekedi pourrait s’adresser ce mardi 21 juillet à la nation, pour annoncer la levée progressive de l’état d’urgence sanitaire décrété depuis le 24 mars dernier sur l’ensemble du pays, a appris Forum des As hier lundi, des sources concordantes.

Après plus de quatre mois d’asphyxie générale, il était donc temps qu’on lève cette mesure, salutaire certes, mais qui a accentué la paralysie de l’économie nationale au fait de la pandémie de Covid-19. Ainsi, cette fin graduelle de l’état d’urgence plusieurs fois prorogé par le Parlement, permettra aux pans importants des Congolais en général et en particulier, des Kinois vivant de l’informel et dans l’informel, de souffler un tout petit peu.

Cependant, le Dr Jean-Jacques Muyembe, coordonnateur du secrétariat technique de la riposte à la Covid-19, précise que la reprise progressive des activités annoncée pour ce mardi, est assortie de quelques conditionnalités. Spécialement, le strict respect des gestes barrières préconisés par les autorités sanitaires locales et internationales pour empêcher la propagation rapide de la pandémie dans le pays. En cas de relâchement, il ne serait pas impossible que les autorités politiques du pays maintiennent les mesures actuelles, quitte à envisager la levée au plus tard le 7 septembre prochain. Suicidaire ?

VEILLER A L’OBSERVANCE DES GESTES BARRIERES

Si la levée de l’état d’urgence en RD Congo est confirmée pour ce mardi 21 juillet, cela suppose que les activités vont devoir reprendre dans tous les secteurs porteurs de l’économie nationale. Même si jusque-là, les dirigeants du pays n’ont pas encore clairement désigné les secteurs concernés, on constate cependant, que les attentes se généralisent. Les églises, les écoles, les Universités, les tenanciers des bars, des terrasses, des restaurants et autres bistrots n’attendent plus que le quitus du chef de l’Etat pour reprendre leurs activités.

D’ores et déjà, des analystes anticipent pour dire qu’à la faveur de la levée très attendue de l’état d’urgence sanitaire, Kinshasa, particulièrement, va reprendre âme et vie. La reprise des activités entrainera à coup sûr, une forte mobilité de la population dans la capitale, épicentre de la pandémie en RD Congo.

 » Le virus ne se déplace pas. C’est nous qui le déplaçons « . Ce slogan repris dans tous les messages de sensibilisation aux mesures barrières contre la propagation de la Covid-19, renseigne suffisamment sur la place de l’homme dans le véhicule de cette pandémie mortelle. Ainsi, la levée de la mesure de l’état d’urgence sanitaire, au cas où elle serait effective ce mardi 21 juillet, ne doit pas être considérée comme la fin décrétée de la maladie en RD Congo.

Bien évident que les Kinois qui se remettront ce mardi -on le suppose- de leur « anesthésie » locale, trouveront sans doute l’occasion de venger les quatre mois perdus. Ce, au propre comme au figuré. Ainsi, à charge des autorités politico-administratives et policières, de veiller à la stricte observance des mesures barrières préconisées pour éviter la propagation de la pandémie. En l’occurrence, le port du masque anti postillon, la distanciation sociale, le lavage régulier des mains…

Toujours est-il qu’en ce qui ces deux gestes, il s’observe un relâchement total dans le chef de nombreux Kinois des quartiers populaires et populeux de la capitale congolaise. Nombreux sont ceux qui ne portent plus de masque. Quelques-uns qui le portent encore, l’attachent juste sous le menton, pour prévenir une éventuelle interpellation policière, assortie d’une amende transactionnelle de 5000fc, soit environ 2,5$US. Dire que dans ces mêmes coins de la ville de Kinshasa, la notion de distanciation physique relève de la pure fiction. Ce comportement s’explique par le fait que ces Kinois ne croient pas en l’existence de la pandémie dans la ville.

Pourtant, les dernières statistiques du Comité multisectoriel de la riposte à la pandémie de Covid-19, révèlent que la RDC atteint le cumul de 8 403 cas détectés positifs à la Covid-19 et 4 335 guéris dans l’ensemble des 14 provinces du pays affectées par la pandémie. Ainsi, face à l’effervescence prévisible de l’après-état d’urgence sanitaire, il y a risque que le nombre de malades puisse augmenter dans des proportions inquiétantes. Les dirigeants du pays, à quelque niveau de responsabilité, ont donc du pain sur la planche. 

Grevisse KABREL/Forum des As

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