Putsch Mugabe, les zimbabwéens naïfs à l’instar des congolais en 1997

Article publié le 17 novembre 2017

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Le combat pour la liberté et la démocratie n’a de sens qu’en cas d’une alternance libre, transparente et régulière. Les Africains ont pris l’habitude de se réfugier derrière des coups d’Etats militaires, pour éradiquer une vieille ou naissante dictature : les Burkinabais, les tunisiens, les Egyptiens… la liste est longue. Beaucoup salue la civilité des Zimbabwéens, une civilité qui passent plutôt pour une naïveté, pour un peuple qui est longtemps resté sous le joug de la dictature et d’un régime politique plus militaire que civil. Un peuple humilié par ses frères sud-africains, lassés de les voir venir mendier en grand nombre pour fuir la faim chez eux. C’est une malédiction pour l’Afrique qu’un dictateur soit considéré comme un héros. Une attitude qui ressemble à quelque exception près à celle des congolais qui, lassé par la dictature de Mobutu, mais incapable de le chasser du pouvoir, lui ont préféré une rébellion plus prédatrice et sanguinaire que le précédent.



Mugabe est un homme vieilli et fatigué, la population devait plutôt faire pression afin que ce dernier, rende un dernier service mémorable à son pays malgré tant de mal qu’il lui a fait, à l’instar de Franco en Espagne, celui d’ouvrir le jeu démocratique après une mise à l’écart de l’armée et de ses camarades.



En jouant sur l’inertie, la population zimbabwéenne donne consentement aux amis de Mugabe de continuer l’œuvre qu’ils ont commencée, à savoir le pillage systématique du pays par une minorité sanguinaire et jaloux. Jaloux, estiment-ils que le pouvoir leur échappe, eux qui ont combattu pour son indépendance et le considère désormais comme leurs biens propres dont ils pourront se servir jusqu’à la mort du dernier soldat révolutionnaire.



En restant inerte, ils ressembleront aux congolais qui ont préféré un chien à la place de Mobutu, rendant les choses encore plus graves, car face à un vieux président malade et fatigué, c’est un jeune qui est arrivé nourrissant les mêmes ambitions que ses prédécesseurs à savoir, s’éterniser au pouvoir.



C’est de la naïveté et non du civisme, les européens n’ont pas hésité à faire des guerres pour avoir ce qu’ils ont aujourd’hui, alors, que nous les africains fainéants refusont de nous battre, préférant se réfugier en Europe qui est née des guerres et luttes intenses auxquelles l’Afrique ne connaitra peut-être jamais. Et on est fier d’y être, avec photos en appuient.



On ne chasse pas un dictateur pour un autre dont on est connait pas.

















Mudjikolela, analyste politique

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