Matata et ses colosses, un mauvais exemple d’un candidat présidentiable qui menace l’unité nationale

Article publié le 09 Novembre 2017

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Il est loin cette conscience d’unité nationale congolaise, tant vantée par des pseudos nationalistes plus nominatifs et volubiles, incapables de poser des jalons pour sa réelle existence et consolidation. Un nationalisme de façade.



L’unité congolaise n’existe pas, les congolais dans leurs ensembles ne sont même pas conscients de cette unité qu’ont vantent du matin au soir dans les chaines de télés et radios propagandistes. Les congolais défendent un concept pour lequel ils n’ont pas eu à participer à sa création.



Cette inconscience est relative à la création même de l’Etat congolais, auquel les congolais n’ont pas seulement participé à sa fondation, mais sont moins soucieux à la défendre. Conscient de cet état d’esprit, le feu Président Mobutu avait mis en place une politique administrative ayant pour corollaire la mutation des fonctionnaires de l’Etat dans des différentes provinces du pays.



Politique mal comprise par ses successeurs, à la base actuellement de la montée en puissance du tribalisme en lieu et place du nationalisme.



La RDC est un Etat de façade, ses dirigeants politiques aux membres des familles ne résonnent qu’en termes tribales et ethniques. Des dirigeants qui sont fêtés par les siens en cas d’une promotion ou nomination quelconque, une satisfaction arborée via des médias, aux moyens des messages félicitant le Chef de l’Etat pour le choix et l’honneur au fils du terroir. Des membres de familles qui ne préfèrent pas que leurs enfants épousent des conjoints issus d’autres provinces.



Loin de nous l’idée d’attaquer l’investissement de Matata dans le domaine de l’Enseignement Primaire et Universitaire s’il n’est faut parler que de ça, mais de leurs opportunités et lieux d’érection. Car s’il faut que chaque ancien président de la république et premier ministre construisent chez lui au village, la politique nationale n’existerait plus. Ou alors, comment faire la différence entre un Gouvernement Central et un Gouvernement Provincial ? Avons-nous compris la différence et prérogative entre les deux ? Et quand cette confusion émane d’un futur professeur même controversé ?



Ces colosses de Matata seraient justifiés s’il était élu Gouverneur ou Ministre Provincial. Ou encore, si après ses charges nationales, l’homme avait attendu plus ou moins trois ans avant de poser ses premières pierres.



Le danger avec des telles pratiques, et que ses successeurs usent des mêmes méthodes légales ou pas, pour qu’à la fin du mandat national, débutent la construction des édifices ou services sectoriels. Un danger qui menacerait l’unité nationale déjà fragile.



En effet, quand serait-il pour les autres provinces, qui ne seraient pas en mesure d’hisser un Premier Ministre à la tête de l’Etat ? Des frustrations qui auront comme conséquence l’indifférence à l’Etat National, un danger permanent pour lequel la forte décentralisation est venue répondre.

Il est aberrant, que les sois disant intellectuels se battent à occuper des postes politiques dans la capitale, à y vivre et de retourner dans leurs territoires comme des roitelets, à l’idée d’avoir servi le territoire et ses fils durant ses successifs mandats. D’avoir facilité l’insertion de ses ressortissants aux différentes étapes sociétales, dont l’Université, la Fonction Publique, l’Administration. Des pratiques qui à la longue finiront par imploser le pays.



A titre illustratif, le feu Président Mobutu n’a jamais usé du tribalisme pour créer des universités au Pays, il avait plutôt tenu compte de géopolitique pour leurs établissement, mise à part L’UNIKIN qui est l’œuvre entière des colons.



Le Congo est un pays ou intellectuels, professeurs, savants et scientifiques n’ont jamais été nationalistes au profond d’eux. Mais sont les premiers à tenir des pseudos discours aux allures nationalistes. On aurait dit, que ces dignitaires, attendent un jour que l’Etat congolais disparaisse, au profit des Provinces qui deviendraient automatiquement des micros Etats à part entier et eux, propulsés automatiquement au rang des Présidents des Nouvelles Républiques. Telle est leurs aspirations profondes. Un fait banal pourrait aussi étayer cet état d’esprit, c’est la conception populaire des unions extra provinciales, où les beaux-parents ou mariés s’amusent à l’idée dans quelle province irait les enfants en cas de la disparition de l’Etat Congolais.

Avec des telles pratiques, il y a lieu de se demander si un jour l’ancien Premier Ministre Matata Ponyo pourra postuler à la Présidence Nationale de la République, avec quelle promesse à dimension nationale ?



Chaque congolais à l’exception des kinois, se nourrissent à l’idée qu’un jour, le Congo disparaissent afin qu’eux aussi deviennent des présidents des minuscules républiques, minuscules, car ils seront surpris, des divisions et haines qui naitraient à l’intérieur de leurs territoires avec des guerres ethniques et des nouvelles divisions. Et là il sera trop tard. Car de tel comportement, ne sont l’œuvre que de la boulimie et de l’Egoïsme, nullement l’envie de servir les siens.





Par Mudjikolela, Analyste politique

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