Manif du 15 Novembre : F. Tshisekedi sauve la Lucha de la noyade, un mauvais casting à éviter

Article publié le 16 Novembre 2017

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Les manifestations du 15 novembre sont censées lancer une série des avertissements au pouvoir en place que son imperium prend fin le 31 décembre 2017, jugé comme le principal obstacle à la tenue des élections libres, transparentes et crédibles. Cependant, issu de la Société Civile, les mouvements citoyens dont la Lucha et le Filimbi n’ont pas encore un bon encrage partout au pays, surtout dans la capitale kinoise. Mis à part quelques déclarations et conférences organisées de manière disparate, ces mouvements n’ont pas encore atteints une capacité à mobiliser en dehors de ses adhérents qui pour la plupart sont des arrivistes. L’appui même tardif, parfois calculateur du leader de l’UDPS, Felix Tshilombo Tshisekedi, commué en une journée ville morte, sauve la face des mouvements citoyens du fait de leur incapacité à organiser des manifestations en dépit de la présence policière ou militaire au pays.



Renverser un pouvoir en place, nécessite plus qu’un simple appel, pour une population craintive, lassée et fatiguée, les simples appels ou des journées villes mortes ne suffisent plus. L’opposition politique, la vraie et les mouvements citoyens doivent avoir des micros bases relayèrent partout au pays, des petits mouvements perturbateurs qui auraient pour un premier signal de paralyser les activités dormeuses afin de donner le go pour des actions des grandes envergures.



Il s’avère qu’au lendemain du 15 novembre, que les mouvements citoyens y compris une partie de l’opposition, comptaient sur la volonté individuelle de chaque congolais à se lever comme un seul homme pour bouter Kabila du pouvoir.



Compter sur une telle stratégie, c’est méconnaitre le fonctionnement de la société congolaise et les principes fondamentaux pour un soulèvement populaire. Le soulèvement n’est né qu’à travers la manipulation d’un petit groupe sur le grand ensemble. Deux ou trois individus peuvent manipuler une grande partie de la population, en lançant des actions courageuses afin de séduire et stimuler ceux qui sont restés dans leurs maisons en attente d’un début des hostilités quelconques.



En effet, dans un mouvement dont on cherche l’adhésion, faudrait qu’il y ait des meneurs, des manipulateurs et perturbateurs afin d’inciter les autres à les joindre. La foule séduite, est une bombe à retardement, par leurs courages, furies et capacités d’improviser. Une bombe à retardement qui fait trembler les dictateurs.



La Lucha n’a pas encore convaincu par sa capacité d’ébranler le régime en place. Ce mouvement souffre de son infiltration dès sa jeunesse par le pouvoir en place, un phénomène qui a eu pour effet de déstabiliser son implantation dans des villes stratégiques. Car même à Goma, aucune manifestation n’a été vue, mais à la place une ville morte certes plus réussie que dans la capitale. L’Appel de Felix Tshilombo, ne pourra servir d’excuse, en argumentant une confusion sur les options à prendre. Du fait que cette manifestation était prévue de longue date.



Toutefois, l’essentiel a été fait, à savoir faire circuler le message partout au pays et à travers la communauté internationale que la population congolaise reste vigilante face à toute manœuvre de Joseph Kabila à vouloir demeurer éternellement au pouvoir.



Dans l’avenir, il faudrait une certaine coordination entre les cellules des partis politiques de toutes les communes et quartiers du pays avec la base des mouvements citoyens, gage d’un embrasement total du pays, prélude à la chute de la Kabilie.













Par Pat Tank, Analyste politique

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