Après tout, pour la Maison Blanche, Tshisekedi est une figure trop faible, incapable de réaliser les «réformes» que les États-Unis envisagent pour le Congo.
Il y a deux ans déjà, le journal Le Monde notait que pour l’ambassadeur américain Mike Hammer, Tshisekedi n’était « pas un vrai réformateur, mais en fait une figure de transition, jusqu’aux prochaines élections ». Cependant, jusqu’à son départ en mai de cette année, Hammer agissait toujours comme un allié majeur de Tshisekedi.
L’échec de la « stratégie Lutundula »
Rien de ce que Blinken a dit au Congo ou au Rwanda n’a indiqué un changement dans l’attitude des États-Unis. Au contraire, le département d’Etat américain a publié un communiqué de presse le jour où Blinken a mis le pied sur le sol rwandais à propos du « partenariat stratégique entre les Etats-Unis et le Rwanda ». C’est l ‘échec de la diplomatie de guerre de Félix Tshisekedi a considérer le Rwanda comme un état agresseur de la République démocratique du Congo.
Contrairement à l’Ukraine, au Congo, l’agresseur et l’agressé sont mis sur » un même pied d’égalité »
En RDC , l’attitude américaine est complètement inversée depuis plus de deux décennies : l’agresseur et l’agressé sont mis sur un pied d’égalité et hypocritement invités à » trouver une solution politique« . C ‘est -à -dire que Félix Tshisekedi doit négocier avec les rebelles du M23 pour mettre fin à la crise. La « stratégie Lutundula » qui consiste a isoler le Rwanda, n’ a pas marcher.
Le prince Charles, héritier de la couronne britannique et son épouse, Camilla, duchesse de Cornouailles , se sont rendus au Rwanda en juin pour la toute première visite royale britannique. Plus tôt dans ses commentaires,Le prince Charles a rappelé sa visite royale au Rwanda en juin, disant que c’était un plaisir d’en savoir plus sur les efforts de conservation du Rwanda pour protéger les générations futures de la faune.
Vendredi passé , le prince de Galles, 73 ans, a été invité à baptiser un gorille mâle de 4 mois par le Conseil rwandais de développement pour la cérémonie annuelle de dénomination des gorilles « Kwita Izina » . Dans une adresse virtuelle, le prince Charles s’est dit « très touché » d’être invité pour cette tradition historique et a révélé le nom du gorille . Tout cela sur fonds de la mise aux enchères des parcs nationaux et tourbières en RDC pour des forages pétroliers et gaziers en mettant les gorilles sont en danger. Malgré que Le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le vice-Premier ministre de la RD Congo Christophe Lutundula ont convenu de former un groupe de travail sur le bassin du Congo pour protéger les tourbières et la forêt tropicale des effets néfastes du pétrole et du gaz, le Rwanda en sort une fois de plus « champion de la protection des gorilles ».
Un échec de plus pour l’administration Tshisekedi alors que le ministère de la communication de la RDC dont le patron Patrick Muyaya avait signé en mars 2022 un contrat d’une valeur 900.000 $ avec Ballard Partners, un cabinet de lobbying américain pour la promotion de la RDC comme pays solution aux » changements climatiques« .
Comme alternative, la Chine et la Russie reviennent ainsi en grâce au sein du pouvoir congolais sur le fonds de la guerre en Ukraine.
La stratégie de Félix Tshisekedi pour contrecarrer la Chine échoue
Dès les prémices de la présidence Tshisekedi, Washington avait misé sur ce nouveau pouvoir pour affaiblir son prédécesseur et endiguer l’influence de son rival chinois en RDC. Washington, en ce temps-là, cherche en effet par tous les moyens à soutenir et accompagner Tshisekedi. Peu importe que le nouveau président soit arrivé début 2019 à l’issue d’un scrutin particulièrement controversé et d’un accord secret noué avec Joseph Kabila, le candidat de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) incarne la première alternance pacifique de l’histoire du pays.
Quatre ans plus tard, les Etats-Unis font l’amer constat de l’échec à contrebalancer l’hégémonie de Pékin dans les dossiers miniers stratégiques note Africa Intelligence.
Le président congolais, Félix Tshisekedi, a annoncé en mai 2021 la renégociation de ces contrats, sans livrer plus de détails. En coulisses, il avait pourtant déjà bénéficié du soutien de l’administration de Donald Trump. Dès 2020, des consultants et des experts rémunérés par le Trésor et le Département d’Etat américain ont été dépêchés à Kinshasa pour passer au crible ces accords et identifier les clauses défavorables à la RDC notamment la visite
confidentielle de Amos Hochstein au mois de mars 2022.
Amos Hochstein, le principal conseiller du secrétaire d’Etat américain Antony Blinken sur les questions de sécurité énergétique, débarque discrètement à Lubumbashi pour évaluer les accords passés avec la Chine pour une nette renégociation .
Comme celui conclu en 2008 avec la Sicomines, une joint-venture entre la Gécamines et un consortium de quatre mastodontes chinois, à savoir Sinohydro, China Railway Group, Zhejiang Huayou Cobalt Co et China Machinery Engineering Corp, en vue d’exploiter des gisements de cobalt et de cuivre. Il y a aussi Tenke Fungurume, l’une des plus grandes mines de cobalt et de cuivre au monde, située à environ 200 km au nord de Lubumbashi. Ce gisement a été acquis en 2016 par le groupe China Molybdenum Co (CMOC) auprès de la société minière américaine Freeport-McMoran, alors en difficulté financière. Montant de la transaction : 2,65 milliards de dollars.
En prenant le contrôle de Tenke Fungurume, la Chine a consolidé un peu plus ses positions pour devenir le leader incontesté de l’industrie des batteries électriques. Le groupe chinois est soupçonné de sous-évaluer les réserves disponibles de la mine pour ne pas reverser l’entièreté des royalties dues à son partenaire congolais.
La Gécamines n’a ainsi perçu qu’environ 10 millions de dollars de royalties en 2020, selon le bilan annuel de CMOC. L’année suivante, l’annonce par le groupe chinois d’un investissement de 2,5 milliards de dollars dans la mine de « Tenke » pour en doubler la production n’a fait que raviver les soupçons d’une sous-évaluation des réserves.
Imbroglio juridique sur TKM
Dans la foulée, la présidence congolaise a créé, en août 2021, une commission chargée, selon les termes du décret, de « déterminer et évaluer des ressources minières prouvées et probables définies à ce jour par les travaux d’exploitation réalisés par TFM, afin de permettre à la Gécamines et par ricochet, à l’Etat congolais, son unique actionnaire, de rentrer équitablement dans ses droits ».
C’est Guylain Nyembo, le directeur de cabinet du chef de l’Etat, qui préside cette instance dont le membre le plus stratégique, Léon Mwine Kabiena, a été nommé en décembre de la même année au poste de directeur général adjoint de la Gécamines. Parmi la dizaine de personnalités figurant au sein de la commission, il est celui qui maîtrise le mieux le dossier TFM. Une connaissance fine qui lui vient de son expérience auprès de JDE Group, un sous-traitant congolais de la filiale chinoise spécialisée dans la géologie et la construction.
Face à l’offensive de Kinshasa, CMOC a plus que doublé le montant des royalties versées à la Gécamines pour atteindre 24 millions de dollars en 2021. Mais cette somme est jugée une nouvelle fois dérisoire par la partie congolaise, qui se garde bien, toutefois, de révéler le montant escompté. Selon le groupe chinois, la réévaluation des réserves du site reste encore tributaire des résultats d’une étude de faisabilité.
Jusqu’à ce jour, aucun accord n’a été trouvé entre les deux parties, malgré l’implication personnelle de Zhu Jing, l’ambassadeur chinois en poste à Kinshasa. Depuis qu’un administrateur a été nommé en février 2022 par un tribunal congolais pour gérer la mine, la situation sur place a même pris des airs d’imbroglio juridique, CMOC refusant l’autorité de ce dernier sur le site.
Le spectre de la corruption
En dépit des difficultés chinoises sur le dossier TFM, les forces ne se sont pas rééquilibrées au profit des Etats-Unis, dont les groupes miniers brillent toujours autant par leur absence en RDC. Les investisseurs américains restent pusillanimes, craignant les conditions sécuritaires et la persistance de pratiques corruptives jusqu’au plus haut niveau de l’Etat.
Depuis le début du mandat de Tshisekedi, la diplomatie américaine soutient le renforcement des capacités de « lutte contre la corruption« , dont le bilan est jugé décevant jusqu’à présent. Ainsi, les services de l’Inspection générale des finances (IGF), une instance dirigée par Jules Alingete Key et qui relève de l’autorité directe du président, n’ont jamais rendu public leur rapport d’enquête sur la Gécamines.
Les Américains avaient en outre appuyé la création, début 2020, de l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) et proposé que ses agents bénéficient de formations dispensées par le département du Trésor américain et le Federal Bureau of Investigation (FBI). Deux ans et demi après sa création, l’APLC dirigée par Thierry Mbulamoko fait figure de coquille vide. L’ensemble des enquêtes diligentées au Lualaba ont été étouffées, comme celle qui portait sur les manquements à l’obligation légale pour les opérateurs miniers de rapatrier 60 % de leurs recettes d’expropriation. Le dossier, ficelé pendant plusieurs mois, n’a jamais été transmis au parquet pour l’ouverture d’une information judiciaire.
La manipulation de la lutte anti-corruption par le pouvoir congolais n’est pas sans conséquences. En février 2020, le géant General Electric (GE) avait formalisé un Memorandum of Understanding (MoU) pour un investissement d’1,8 milliard de dollars dans les secteurs de l’électricité et de la santé. Annoncé en grande pompe, cet accord a rapidement été considéré comme caduc : la firme de Boston a pris peur à la suite de demandes de la part de responsables congolais assimilées à des tentatives de corruption.
Les limites de la stratégie américaine
Au sommet de l’Etat congolais, la stratégie américaine est désormais source d’agacement. Le pouvoir ne cache pas sa déception à l’égard du « partenariat stratégique » avec Washington qui devait se traduire par l’arrivée massive d’investisseurs. Les différents conseillers de Félix Tshisekedi – notamment le conseiller chargé des investissements, Jean-Claude Kabongo – se sont tournés vers d’autres partenaires, comme la Turquie, les Emirats arabes unis ou l’Egypte, pour signer des MoU.
Félix Tshisekedi a échoué à lutter contre la corruption
De son côté, la diplomatie américaine se rend compte que sa stratégie a atteint ses limites. Félix Tshisekedi a échoué à lutter contre la corruption, qui s’est développée dans son plus proche entourage, mais aussi à renégocier les contrats miniers avec Pékin.
Le cobalt congolais reste sous contrôle chinois, s’ajoutent les promesses d’infrastructures délivrées d’ici à l’élection présidentielle. En juillet, Xu Jinghu, la représentante spéciale du gouvernement chinois pour les affaires africaines, a séjourné dans la capitale congolaise pour y rencontrer plusieurs personnalités, parmi lesquelles le premier ministre, Sama Lukonde Kyenge, et le vice-premier ministre chargé des affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala.
Coco Kabwika avec Olivier Liffran /
Africa Intelligence pour Congovirtuel
Le Congo ferait mieux de coopérer avec la Russie. Les USA n’apporteront aucune solution au Congo. Au contraire, ce sont eux qui sont à la base de tous les grands troubles qui paralysent ce pays. Ils financent le Rwanda et veulent que le Congo efface tous les mal que leur complot nous fait au Congo. Non.
La Russie est la bonne alternative à prendre pour rétablir l’équilibre !