Alexei Navalny a été empoisonné par «une substance du groupe des inhibiteurs de la cholinestérase»

Alexei navalny

Alexei Navalny, opposant russe de 44 ans, dont les jours ne sont plus en danger selon les médecins, se remet doucement. Après être tombé brutalement malade, il avait été plongé dans un coma artificiel le 23 août dernier. Malgré les dénégations de Moscou, la piste de l’empoisonnement se confirme. Mais quelle est la substance responsable de l’intoxication ?

QU’EST-CE QU’UN INHIBITEUR DE LA CHOLINESTÉRASE ?

Alexei Navalny a été empoisonné par «une substance du groupe des inhibiteurs de la cholinestérase». C’est ce qu’ont indiqué les médecins allemands qui prennent en charge le quadragénaire, le 24 août, sans pouvoir toutefois préciser la substance exacte dont il s’agit. 

Le groupe des inhibiteurs de la cholinestérase appartient à une famille de produits toxiques appelés agents innervants. En neutralisant une enzyme appelée acétylcholinestérase dont le rôle est primordial, ils vont entraîner un dysfonctionnement du système nerveux, parfois mortel.

QUELS SYMPTÔMES ? 

Dans le corps, l’acétylcholinestérase permet de détruire l’acétylcholine, une molécule qui agit sur la contraction des muscles. Lorsque son action est bloquée par une substance de la famille des inhibiteurs de la cholinestérase, les muscles, incapables de se contracter, se relâchent ou peuvent effectuer des mouvements spasmodiques. 

Or certains muscles sont essentiels pour maintenir les fonctions vitales du corps humain. C’est le cas des muscles cardiaques ou respiratoires. C’est pour cela qu’une telle intoxication peut, dans les cas les plus sévères, entraîner la mort par arrêt respiratoire ou cardiaque. 

QUEL TRAITEMENT ?

Le principal traitement administré en cas d’empoisonnement causé par un inhibiteur de la cholinestérase est l’atropine. C’est d’ailleurs la molécule que reçoit Alexei Navalny dans l’hôpital de la Charité à Berlin où il est pris en charge. 

Les soignants doivent également veiller à stabiliser les fonctions vitales du corps lorsqu’elles sont touchées. 

COMMENT LA SUBSTANCE PÉNÈTRE-T-ELLE L’ORGANISME ?

L’inhibiteur de la cholinestérase est ingéré par les voies respiratoires mais il peut aussi intoxiquer un organisme par contact avec la peau, comme le souligne l’Obs qui cite l’Organisation pour l’Interdiction des Armes chimiques (OIAC). Dans le cas d’un empoisonnement via l’épiderme, les symptômes mettent plus de temps à arriver. Ils «surviennent vingt à trente minutes après l’exposition initiale et ensuite, le processus d’empoisonnement peut être rapide si la dose est élevée», précise le site de l’OIAC. 

CNEWS

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