Le rapprochement accéléré initié l’an dernier par Félix Tshisekedi et Abdelfattah al-Sissi ne porte pas seulement sur des projets de BTP et de production électrique, mais contient également un volet de coopération militaire.

L’état-major égyptien planche depuis plusieurs mois sur la création, ex nihilo, d’un bataillon de parachutistes au sein des Forces armées de la RDC (FARDC), qui manque actuellement d’un corps spécifiquement dédié, même si plusieurs bataillons disposent, en théorie, d’une composante parachutiste. Le projet a été pour la première fois évoqué l’an dernier, lors des nombreux échanges bilatéraux entre Le Caire et Kinshasa . Il porte sur l’incorporation et l’entraînement d’un bataillon parachutiste à Kamina, dans la province du Katanga, sur le chemin de fer entre Lubumbashi et Mwene-Ditu près de Mbuji-Mayi. L’Egypte a également offert, pour ce futur bataillon, de faire une dotation d’équipements, et même de prêter des avions pour effectuer des sauts de formation. L’armée égyptienne contribue depuis plusieurs années à la mission de maintien de la paix de l’ONU en RDC. Actuellement, un contingent de 345 policiers égyptiens est déployé en RDC dans le cadre de la Monusco.

Timide reprise de la coopération militaire

L’offre égyptienne a été d’autant mieux accueillie que les sanctions qui ont visé, durant les dernières années de la présidence de Joseph Kabila, plusieurs membres de la hiérarchie des FARDC, ont largement ralenti les programmes de coopération militaires en cours. A ce jour, seul Israël dispose d’un programme, modeste, de formation de maîtres-chiens à Kisangani (193 soldats ont d’ores et déjà été entraînés), tandis que les Eléments français au Gabon accueillent, pour des stages de combats en jungle, des membres des FARDC.

Les Etats-Unis et la Belgique, qui avaient considérablement ralenti, voire stoppé purement et simplement, leur programme de coopération avec la RDC, relancent très doucement les échanges : le Département d’Etat américain finance depuis quelques mois un programme pilote d’encouragement à la défection au sein des Forces démocratiques alliées, un groupe apparenté islamiste qui combat l’armée congolaise dans la région de Beni, dans le Nord-Ituri.

 Africa Intelligence

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