Félix T. : Mettre fin à l’Accord et coalition FCC – CACH, solution ultime pour sauver sa Présidence

Président Félix T., photo RFI

Le Président de la République dispose de plusieurs astuces capables de fléchir son allié encombrant, à défaut  d’une dissolution du Parlement. S’il est vrai que le législateur a voulu protéger le dérive autoritaire d’un Président de la République, force est de constater cependant que la République Démocratique du Congo vit actuellement une situation non prévue par la Constitution du pays, il s’agit de la Coalition au pouvoir en lieu et place d’une cohabitation où les Ministères et la ligne Gouvernementale résultent de l’Union entre la plate-forme  majoritaire à l’Assemblée Nationale et la plate-forme dont est issue le Président de la République minoritaire au Parlement. La rupture d’une telle coalition va provoquer une redistribution des rôles qui va occasionner désordre et tension capables de bloquer le fonctionnement normal des institutions du pays, l’exposition directe du FCC au peuple.

Le   Président de la République Félix Tshisekedi a déclaré en marge de sa participation au Forum Grande Bretagne – Afrique à la communauté congolaise venue l’écouter « qu’il n’hésiterait pas à dissoudre l’Assemblée nationale si certains ministres membres du FCC continuaient d’entraver le programme du Gouvernement ». Déclaration qui a créé des vives réactions de la Famille politique de l’ex Chef d’Etat Joseph Kabila dont la Présidente de l’Assemblée Nationale Jeanine Mabunda argumentant l’harmonie parfaite entre le Gouvernement et son Institution.

Se résilier à diriger la Présidence et ses prérogatives!

En effet, face à la crise politique qui pointe à l’Horizon, Felix Tshisekedi à défaut d’une collaboration sincère  de ses partenaires et d’un contreseing nécessaire à la dissolution du Parlement, doit renoncer à l’accord de principe FCC – CACH.

Lors de son accession à la Présidence de la République en janvier 2019, Felix Tshisekedi, alors dépourvu de la majorité au Parlement jugera bon de s’associer au FCC, car  soucieux d’insuffler sa vision et programme dans la gestion de la chose publique.

Cette rupture aura comme mérite de faire comprendre à la majorité de la population congolaise le fonctionnement des institutions politiques et judiciaires du pays, de la limite des uns et des autres, et de surcroît expliqué de la nécessité de son alliance avec Joseph Kabila.

Car une partie de la population congolaise et de ses anciens alliés politiques Martin Fayulu en tête, trouvent en cette alliance un prolongement du pouvoir de Joseph Kabila qui continue de diriger par procuration. Ensuite vient sa propre famille politique, UDPS en tête, dont certains partisans acceptent mal la coalition avec Kabila, « dictateur » qu’ils ont combattu plus de 18 ans.

C’est donc une redéfinition de sa vision de la présidence auquel Felix Tshisekedi doit adopter si la crise persiste, car 2023 pointant à l’horizon le FCC ne lui fera pas cadeau d’une réélection.  

Mettre fin à la coalition

Le Président de la République dispose de plusieurs moyens capables de paralyser l’action gouvernementale. La solution la plus naturelle est le retrait des Ministres CACH au sein du Gouvernement et des Institutions parlementaires, ce retrait aura pour conséquence  d’entraver le bon déroulement du Gouvernement mettant le premier ministre en situation difficile de poursuivre son travail et va finir par démissionner.

Dans une telle situation, le FCC sera contrainte d’évoluer à l’opposition qui après identification d’une nouvelle majorité va  proposer un premier ministre homogène FCC avec les membres des gouvernements issus de sa coalition. Cette situation va occasionner plusieurs crises qui pourront engendrer d’autres crises. Mais aura pour mérite de dédouaner le Président de la République qui dans un gouvernement de cohabitation ne sera plus responsable de l’échec de l’équipe gouvernementale, permettant ainsi les institutions politiques du pays de fonctionner dans les limites tracées par la constitution du pays.

Fin de la Protection excessive de Joseph Kabila

 S’il est vrai que Joseph Kabila jouit d’une immunité constitutionnelle née de son statut d’ancien Chef de l’Etat, il est pourtant justiciable au regard de certains crimes commis lors de sa présidence passée. La fin de la coalition FCC CACH signera la fin de l’accord secret Tshisekedi  – Kabila avec comme conséquence  le risque  pour  Joseph Kabila de se présenter devant une juridiction nationale ou internationale. Cela sonnera le glas de la plateforme FCC consécutive à l’arrestation du son autorité morale.

Ainsi, en usant des méthodes orthodoxes et peu orthodoxes, Felix  Tshisekedi sera en mesure de  fragiliser la plate-forme FCC, se libérant ainsi d’user de toutes ses prérogatives lui reconnues par la Constitution qu’il a très peu utilisées au nom de la coalition (Armée, Services de Renseignement, Diplomatie…).  

Il sauvera ainsi sa présidence  et se mettra déjà  à l’ordre de bataille pour 2023 avec comme discours « votez moi et donnez-moi aussi une majorité au parlement pour une bonne application de mon mandat ».

 Roger Lazio M.

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