En place depuis un an, le Français Jean-Claude Kabongo est l’interlocuteur privilégié des entreprises occidentales dans l’entourage de Félix Tshisekedi.
Depuis plusieurs semaines, le conseiller spécial en matière d’investissement du président Félix Tshisekedi, Jean-Claude Kabongo, s’active pour présenter des représentants du négociant émirati Philia à plusieurs responsables congolais. Fondé par le Gabonais Jean-Philippe Amvame, Philia a longtemps vendu les produits raffinés par la Congolaise de raffinage de Brazzaville, mais a récemment perdu ce contrat et cherche désormais à rebondir dans la sous-région. Le groupe, longtemps basé à Genève, a été contraint de réduire ses effectifs à la suite de la perte de son contrat phare, et s’est relocalisé à Dubaï l’an dernier .
A l’automne dernier, c’est déjà Kabongo qui avait organisé le rendez-vous entre Félix Tshisekedi et le PDG de la major pétrolière italienne ENI, Claudio Descalzi . Français originaire du Kasai, Kabongo a commencé à travailler dans la communication, notamment au sein de l’agence Médiatique de Marc Bousquet, communicant historique d’Abdoulaye Wade et proche de François Fillon. En 2004, Jean-Claude Kabongo a même été un éphémère chargé de mission au ministère de l’éducation, alors dirigé par François Fillon.
Dix ans plus tard, le communicant a créé à Paris la société F. Afrique Média, éditrice de la franchise africaine du magazine américain Forbes. Après quelques mois d’exercice, il a cédé son poste au négociant congolo-canadien Lucien Ebata, PDG de la société de trading Orion Oil et très proche du président congolais Denis Sassou Nguesso.
C’est à la même époque que Jean-Claude Kabongo s’est définitivement reconverti dans le pétrole en fondant en 2013 à Londres la société African Trading Oil, dont il est le principal actionnaire et qui est à ce jour toujours active. L’objet social d’African Trading Oil est le « négoce de produits pétroliers raffinés« , soit exactement celui de Philia. En 2014, Jean-Claude Kabongo a enregistré, cette fois-ci en Floride, une société financière, JCK Investments. L’année suivante, l’opérateur pétrolier débutant a sollicité un prêt de 250 000 $ auprès de l’antenne congolaise de la BGFIBank gabonaise. Objet du prêt : acquérir un permis pétrolier. Le prêt, qui fut accepté, était garanti par un chèque de Kwanza Capital, une société financière fondée par l’homme d’affaires congolais Pascal Kinduelo, très proche de la famille de Joseph Kabila. Mais l’échéancier du prêt n’a pas été respecté par Kabongo, qui a été relancé à plusieurs reprises par la BGFIBank.
En mars 2019, moins d’un mois après l’investiture de Félix Tshisekedi à la présidence, Jean-Claude Kabongo a été choisi pour être l’un des neuf « conseillers spéciaux » rattachés au cabinet présidentiel, supervisé par le tout-puissant Vital Kamerhe. Au sein de la présidence, il est l’interlocuteur privilégié des entreprises étrangères, avec le conseiller spécial en charge des infrastructures Alexandre Kayembe, un autre homme d’affaires issu lui aussi du secteur pétrolier. Avant de rejoindre la présidence congolaise, Alexandre Kayembe présidait une société de services pétroliers, PetroAfrica, basée en Angola
La lettre du continent