Le fiasco de la communication de Mnangagwa autour du pont de Kazungula

De gauche à droite, le président zambien Edgar Lungu et son homologue botswanais Mogweetsi Masisi, accompagnés par Filipe Nyusi (Mozambique), Felix Tshisekedi (RDC) et, enfin, Emmerson Mnangagwa.

Invités à l’inauguration du pont frontalier de Kazungula, reliant le Botswana à la Zambie au-dessus du fleuve Zambèze, le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa et ses équipes de communication ont semble-t-il exagéré en amont l’importance de la place réservée à Mnangagwa lors de la cérémonie.

Les jours précédant l’inauguration de ce nouvel axe routier reliant la Copperbelt à Durban , Mnangagwa avait affirmé publiquement qu’il se déplacerait à l’événement en tant que l’un des trois propriétaires du pont, au même titre que le Botswana et la Zambie, les hôtes de l’événement. Or côté botswanais, les documents officiels du protocole citaient Mnangagwa non pas comme un partenaire, mais comme un invité parmi d’autres, au même titre que les présidents mozambicains Filipe Nyusi et congolais Félix Tshisekedi, qui a même eu l’honneur de couper l’un des rubans, en tant que président de l’Union africaine.

Pointée du doigt par l’opposition zimbabwéenne, la communication de Mnangagwa, dirigée par Nick Mangwana et George Charamba, a depuis effacé plusieurs tweets. S’il est vrai que le Zimbabwe a signé un accord en mars 2018 lui permettant d’entrer au capital du projet moyennant le paiement du tiers des 260 millions de dollars du coût total, Harare n’a à ce jour pas encore déboursé un seul centime en ce sens. De plus, l’ancien chef d’Etat zimbabwéen Robert Mugabe s’était longtemps opposé bec et ongles au projet de Kazungula, à tel point que le tracé du pont avait dû être allongé en 2017 pour contourner les frontières zimbabwéennes.

Africa Intelligence

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