Le partage avec J. Kabila des revenus pétroliers non résolu, Lourenço se tourne vers Tshisekedi avec un show off militaire

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Après avoir proposé des alliances militaires à Alassane Ouattara et Ali Bongo, le président angolais a bruyamment manifesté son soutien à Félix Tshisekedi avec un déploiement d’avions militaires.

Officiellement, il s’agissait de « manœuvres aériennes », même si les capacités de l’armée de l’air congolaise sont si réduites qu’elle n’a pu faire que de la figuration. En réalité, les avions angolais qui ont survolé Kinshasa le 20 novembre étaient venus manifester, à grands coups de vrombissements, le soutien de l’Angola à Félix Tshisekedi, qui tente depuis plusieurs mois de couper les ponts avec son prédécesseur et allié politique Joseph Kabila.

Quatre jours auparavant, le président de la RDC Tshisekedi s’était rendu à Luanda pour solliciter le soutien de son homologue angolais, et João Lourenço lui a dépêché en retour deux chasseurs multirôles SU-30 MK2 acquis récemment auprès de la Russie, ainsi qu’un avion-cargo AN-72 et un hélicoptère Augusta Westland AW139. Un soutien d’autant plus précieux que, le même jour, l’Angola prenait la présidence de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL), dont le secrétaire exécutif est désormais le diplomate et géologue angolais João Samuel Cabolo, ancien numéro deux de la Southern African Development Community.

Un soutien qui n’est cependant pas dénué d’arrière-pensées : n’ayant pas réussi à régler avec Joseph Kabila l’épineux problème du partage des revenus des champs offshore angolais qui mordent sur les eaux territoriales congolaises, Lourenço espère arriver à ses fins avec Tshisekedi. Le 25 novembre, les ministres du pétrole des deux pays, Diamantino Azevedo et Rubens Mikindo, ont annoncé la création d’un nouveau « Comité technique commun » chargé de statuer sur le problème.

Après avoir purgé le haut commandement angolais de tous les officiers jugés déloyaux – dernier à faire les frais de cette mise au pas, le vice-chef d’état-major Gilberto Amukuaya, versé à la réserve mi-novembre -, João Lourenço utilise de plus en plus l’armée pour élargir son assise diplomatique dans la sous-région, que tente parallèlement de saboter le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo . En août, le président angolais avait proposé à ses homologues ivoirien et gabonais de mettre en place un bataillon de réserve opérationnel appelé Luliab-3 (pour Luanda, Libreville, Abidjan) et capable d’intervenir dans l’une des trois capitales si le pouvoir y était menacé.

Africa Intelligence

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