Une diplomatie de « nice guy », « lent en colère et riche en bonte » offrant plusieures concessions a ses pairs.
Plusieurs critiques de Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo et ailleurs ne comprennent pas la stratégie du président congolais envers le Rwanda et l’Ouganda. L’Ouganda et le Rwanda paient à Tshisekedi une rançon royale pour leur pari go-économique et sécuritaire en RD Congo.
Le président Tshisekedi n’hésite pas à réclamer au Rwanda et à l’Ouganda une rançon royale pour accéder à son marché. Kagame et Museveni se bouchent joyeusement le nez mais le paient.
Des sources à Kigali et à Kampala admettent que le président Tshisekedi pourrait jouer Kigali et Kampala l’un contre l’autre. « Il sait qu’avec l’oléoduc ougandais, ils doivent le sécuriser contre les ADF et créer un marché de débordement, donc il a désespérément besoin de la RDC à leurs côtés », a déclaré l’une des sources. « D’autre part, avec son ascension en tant que puissance économique d’Afrique centrale, et pour des raisons de sécurité, le Rwanda a plus que jamais besoin de la RDC. Le président Tshisekedi, reconnaît-il, a été habile à jouer sur leurs besoins et leurs affections mieux que son successeur Joseph Kabila ou son père assassiné Laurent Kabila.
L’entrée récente de l’Ouganda en RDC pour chasser les Forces démocratiques alliées (ADF) affiliées à l’État islamique, qui se sont regroupées dans des parties non gouvernées de l’est de la RDC depuis qu’elles ont été chassées de leurs bases ougandaises il y a plus de dix ans, est la facette sécuritaire de la plus large pari géo-économique du président de la congolais Félix Tshisekedi avec le Rwanda et l’Ouganda.
Bien avant que les kamikazes des ADF ne commencent à appuyer sur la gâchette de leurs sacs à dos à Kampala, l’Ouganda avait entrepris de construire les routes à l’intérieur de la RDC qu’il essaie maintenant d’accélérer dans le cadre de sa contre-insurrection.
En juin dernier, lors d’une cérémonie à laquelle ont assisté à la fois le président ougandais Yoweri Museveni et le président Tshisekedi, leurs gouvernements ont inauguré la première des trois routes qui relieront leurs deux pays. Au total, les routes auront une longueur de 223 kilomètres.
Les routes ont été approuvées par le Cabinet ougandais en octobre 2019 et devraient coûter environ 330 millions de dollars. Chaque gouvernement contribuera à hauteur de 20 pour cent du coût. Avec une population alléchante de 90 millions d’habitants, la RDC est devenue un marché prisé pour le Rwanda et l’Ouganda, et une nouvelle frontière pour le capital financier kenyan.
Pour sa part, le Rwanda construit quatre nouveaux ports et ferries le long du lac Kivu pour stimuler ses échanges avec la RDC. En juin, les présidents rwandais Paul Kagame et Tshisekedi ont traversé leur frontière commune, le site du deuxième poste frontalier terrestre le plus fréquenté au monde. D’abord, le président Tshisekedi est venu à Rubavu, à Gisenyi du côté rwandais, et ils ont traîné. Le lendemain, le président Kagame s’est rendu à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, dans le nord-est de la RDC, et ils ont de nouveau traîné.
Ils ont signé trois accords de coopération bilatérale. Le volcan de mauvaise humeur Nyiragongo était entré en éruption quelques semaines plus tôt, le 25 mai, tuant 32 personnes et détruisant 1 000 maisons. Le président Kagame a promis que le Rwanda construirait des maisons à bas prix pour certains des Congolais touchés par le volcan.
« L’Ouganda et le Rwanda sont trop fiers pour embrasser l’anneau de pieds de Tshisekedi, mais ils sont suffisamment pratiques et nécessiteux pour se coucher avec lui et se faire des câlins ».
L’arme financière Kenyane en RDC
Pour l’instant, le Kenya s’est contenté de rester à l’écart de la mêlée et de manger les fruits au sommet de l’arbre de la RDC, se concentrant principalement sur la banque.
Une liste croissante d’entreprises kenyanes recherchent des opportunités d’investissement en République démocratique du Congo (RDC), car l’économie riche en minerais s’avère être un terrain de chasse fertile pour les meilleures entreprises, les analystes prédisant plusieurs fusions et acquisitions suite à une nouvelle exigence pour les prêteurs d’augmenter leur capital à un minimum de 50 millions de dollars. la Mayfair Insurance Company du Kenya a reçu un permis pour entrer dans le pays d’Afrique centrale, devenant ainsi le dernier financier kenyan à chercher un morceau du pays riche en minerais.Le groupe Mayfair qui a débuté ses opérations en 2005 opère déjà en Zambie, au Rwanda, en Ouganda et en Tanzanie.
Equity a exercé déjà des activités en RD Congo par l’intermédiaire d’une filiale qu’elle a créée en acquérant 86 % du capital de Pro Credit Bank, alors septième banque du pays avec des actifs dépassant les 200 millions de dollars et une clientèle de plus de 170 000 clients.
La banque a renforcé sa présence dans le pays en acquérant le deuxième plus grand prêteur du Congo, la Banque Commerciale du Congo (BCDC).
Equity Bank par l’intermédiaire de sa branche kenyane et de sa filiale en RDC EquityBCDC, cherche à financer des entreprises à la recherche d’opportunités dans quatre villes de la RDC : Kinshasa, Lubumbashi, Goma et Mbuji Mayi.
Coco Kabwika via East African