Un Kakungu, masque rarissime, a été prêté à long terme par la Belgique à la RDC. Ce mercredi matin, le roi a dévoilé une vitrine au musée de Kinshasa. À l’intérieur, un masque rarissime qui vient de quitter l’Africa Museum de Tervueren pour Kinshasa.

Le retour du masque Kakungu, utilisé par le peuple Suku dans le sud-ouest du pays lors de cérémonies et acheté par un scientifique belge en 1954, n’a pas été une restitution complète. Il s’agit d’un « prêt indéfini », a déclaré le roi.

Selon le plan belge, qui doit encore être approuvé par les autorités congolaises, le gouvernement congolais ferait des demandes individuelles pour chaque œuvre dont il souhaite la restitution. Une commission mixte d’experts congolais et belges examinerait ensuite chaque demande.

Du bois sculpté finement, des joues emplies de souffle, des yeux stylisés, une coiffe de raphia qui l’entoure. Des peaux de bêtes sauvages y sont accrochées. Son poids avoisine les 10 kg à porter pour danser. Il s’agit d’une pièce rarissime, un Kakuungu, un masque porté au Congo.

« C’est un masque qui a été utilisé pendant les danses d’initiation, explique Guido Gyseels, Directeur général de l’Africa Museum-Tervueren au moment où le masque y était encore exposé. Au moment des circoncisions des jeunes garçons, ce masque les protégeait contre les mauvais esprits en les gardant dehors et loin de la cérémonie. »

C’est dans le cadre de la visite du roi Philippe en RDC que le masque a été prêté.

Ce Kakuungu majestueux a fait l’objet d’une patiente restauration ici en Belgique. Un travail poursuivi au musée de Kinshasa.

Une nouvelle ère de collaboration

« C’est un masque très rare, il n’y en a qu’une dizaine au monde, dont plusieurs au musée de Tervueren, continue Guido Gyseels. Nous donnons cette pièce comme un prêt à long terme au Musée national du Congo. Un geste symbolique qui lance une nouvelle ère de collaboration. »

La provenance de cette pièce est bien documentée. Elle n’a pas été volée. Un chercheur l’a achetée en 1953 pour un prix considéré comme raisonnable, c’est une des raisons pour laquelle ce masque a été choisi pour être prêté à long terme au Congo.

Une fois que la loi sera votée, d’ici l’été sans doute, ce masque rare sera pour toujours propriété de la République démocratique du Congo. Preuve que le dialogue scientifique se poursuit pour permettre au Congo de reconstituer son patrimoine.

Fabien Van Eeckhaut – RTBF et New York Times

 

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