Le permis PE 591 attire toutes les convoitises. Particulièrement riche en cobalt et en cuivre, il abrite la mine industrielle à ciel ouvert de Kalukundi, à une quarantaine de kilomètres à l’est de la capitale provinciale, Kolwezi. Cette collusion avec l’armée, ainsi que des soupçons de corruption à l’égard de la hiérarchie militaire sur place, ont conduit le groupe kazakh à se tourner vers le ministère de la défense, pour solliciter l’appui de l’Inspection générale des FARDC.

Une requête à laquelle le ministre Jean-Pierre Bemba, qui a également rang de vice-premier ministre, a répondu favorablement en envoyant le 16 juin une commission d’enquête dans la zone de Kalukundi.

La délégation était chapeautée par le général-major Charles Muhindo Akili Mundos, sous sanctions des Nations unies depuis janvier 2018 pour son rôle dans des violations des droits de l’homme. Celui-ci était secondé par onze officiers de l’armée, dont les généraux de brigade Patrick Mbayo Ngoy, Pero Minengo et Kyalandja Kingombe.

Africa Intelligence a pu obtenir une copie du compte rendu réalisé par ERG lors de la descente sur le site de l’Inspection générale des FARDC, et à laquelle des représentants du groupe minier ont assisté. Le document en question fait apparaître le rôle d’une personnalité aussi sensible que symbolique : « Maman Marthe », la mère du président Félix Tshisekedi. C’est ce qu’affirme aux militaires le coordonnateur des creuseurs, un certain Franck Kabamba, en déclarant que « la concession appartient à Maman Marthe ». Le même homme, qui aurait participé à la séquestration d’un magistrat venu de Kolwezi pour enquêter sur place, note également que Thierry Tshisekedi, le frère du président, supervise l’exploitation des minerais dans la zone.

Ce rôle de la famille du président, en particulier des frères Thierry, Christian et Robert Tshisekedi, dans l’exploitation des mines de l’ex-Grand Katanga est mentionné depuis plusieurs années, sans toutefois qu’aucun document ne vienne l’étayer. Il n’est pas non plus rare de voir de nombreux investisseurs se réclamer de la famille ou d’une proximité avec celle-ci, sans que là non plus le lien ne soit prouvé, pour tenter de se faire une place dans l’exploitation minière.
Bien que ce lien avec la famille demeure sujet à caution, le rôle en coulisses d’une coopérative sur le site du PE 591 suscite de nombreuses interrogations au sein du microcosme minier du Lualaba.

Les creuseurs qui y opèrent affirment travailler pour le compte de la Coopérative minière pour le bien-être des exploitants artisanaux du Katanga (Comibakat). Or cette dernière est connue pour avoir appartenu à Fifi Masuka Saini, l’actuelle gouverneure par intérim du Lualaba.

Extrait de l’article d’Africa Intelligence